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« Choisir son gang, pourquoi pas le bon? »
5 Novembre 2007 - Dans le cadre de la Semaine de prévention de la criminalité, du 4 au 10 novembre, le ministère de la Sécurité publique du Québec invite ses partenaires à poser des gestes engagés et à faire des réflexions sur le gang.
Bien que les nombreux intervenants sociaux éprouvent de la difficulté à s’entendre sur une définition commune de « gang de rue », certains du milieu de la lutte au crime organisé s’entendent sur la définition suivante :
« Regroupement plus ou moins structuré d’adolescents et/ou de jeunes adultes qui privilégie la force de l’intimidation de groupe et la violence pour accomplir des actes criminels, dans le but d’obtenir pouvoir et reconnaissance et/ou de contrôler des sphères d’activité lucratives »1.
L’an dernier, à pareille date, lors d’un Forum de réflexion sur les gangs et gangs de rue, Chantal Fredette, du Centre jeunesse de Montréal et de l’Institut universitaire, était l’une des panélistes invitées par la Table de concertation jeunesse du Bas-Richelieu. Elle disait : « Être en gang, c’est normal pour la socialisation à l’adolescence ». Selon Pierre Boucher de la S.Q., les gangs de rue sont en émergence au Québec. « Là où il y a des filles, il y a un marché. »
Ces gangs agissent dans une sphère d’activité qui est criminelle. Maria Mourani, criminologue, mentionne que les jeunes qui intègrent les rangs du gang de rue, sont à la recherche d’amour, d’argent, d’une famille et de pouvoir. Pour Lucie Hénault, de la Maison La Source, les gangs de rue ciblent les filles vulnérables et sont au départ des gars qui leur offrent beaucoup de faveurs. Selon elle, la seule façon de s’en sortir c’est de rencontrer la bonne personne qui va la croire, la soutenir dans sa démarche et ne la jugera pas. Quant à Mélanie Carpentier, ex-membre de gang de rue, les jeunes ont besoin d’adhérer à un bon gang tel que sportif, artistique ou autres. Elle mentionne également qu’il faut faire le bon choix de gang. Pour les parents, elle insiste sur le fait qu’ils doivent écouter leurs jeunes, les laisser s’exprimer et croire en leur rêve.
En fait, ces quelques réflexions demeurent toujours d’actualité. En 2007, on a vu arriver de nouvelles politiques gouvernementales contre le gangstérisme. Des conférences sur le thème des gangs de rue et des livres se sont aussi multipliés sur ce sujet.
D’autres constatent même qu’il arrive que des jeunes de la maternelle arborent des vêtements de couleur rouge ou bleue à l’école. Ce symbole des Crisps ou des Bloods provient habituellement de l’influence d’un parent ou d’un proche. Ces jeunes enfants éduqués dans un milieu criminalisé comprennent le sens de ces couleurs; ils agissent selon leurs modèles de références.
Aussi, les médias tout comme la musique ou les jeux vidéo, le hip-hop et 50 Cent, influencent la popularité chez les jeunes à l’adhésion de gang de rue.
Enfin, selon les spécialistes, ce phénomène social demeure en expansion au Québec. Des facteurs de risque, tels la pauvreté, le décrochage scolaire et les conditions de vie difficiles dans lesquelles les jeunes évoluent sont des éléments importants à prendre en compte pour le développement d’actions concertées multisectorielles. Par une meilleure connaissance du phénomène des gangs, les différents acteurs sociaux concernés pourront développer des actions concrètes en agissant en amont du problème.
Pour terminer, les jeunes qui sont victimes ou témoins, qui sont membres d’un gang et qui veulent s’en sortir peuvent téléphoner à l’accueil psychosocial de leur CSSS et utiliser la ligue d’écoute INFO-GANG (24 heures par jour), au numéro suivant : 514 493-4104.
- France Lessard
CSSS de Sorel-Tracy/CLSC
1- Gangs de rue, Service de renseignement criminel Québec, octobre 2005
2 http://www.cyberpresse.ca/article/20070131/CPACTUALITES/70131036/5358/CPPRESSE
3- Les 2 Rives, 28 novembre 2006
4- http://www.familis.org/riopfq/publication/pensons42/gang.rue.html
5-http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/prevention.asp?txtSection=semaine




