La finale de la Coupe Stanley débute ce soir à Détroit
Marc-André Fleury à quatre victoires de son rêve

27 Mai 2008 - Joey Olivier - À 23 ans, Marc-André Fleury entreprendra ce soir le moment le plus important de sa carrière : la série ultime vers la Coupe Stanley. Calme, discipliné, souriant et terre-à-terre, l’athlète qui a grandi sur le rang Sainte-Thérèse a toujours trouvé la solution pour s’améliorer.

Chez les Fleury, le hockey est avant tout un jeu. «Nous n’avons jamais parlé de Ligue nationale ou mis de la pression sur Marc-André. En mettant la barre très haute, tu perds l’idée qu’il s’agit simplement d’un jeu. D’ailleurs, encore aujourd’hui, Marc-André est le même gars!», explique son père, André Fleury.

La série des Pengouins contre les Red Wings de Détroit débute ce soir. Avant le match, le père parlera avec son fils comme il le fait depuis toujours. «On s’appelle, c’est un petit rituel. Je lui dis : mets ton œil dessus -la rondelle- et arrange-toi pour lire le jeu! (rire). Ensuite, on parle d’autres choses.»

La finale de la Coupe Stanley est le rêve de tout joueur de hockey professionnel. La famille partage cette pression. «Habituellement, je ne suis pas trop nerveux, mais là, ça commence à être encore plus vrai et stressant!» admet M. Fleury.

Depuis son retour après une blessure, le Sorelois a continué à jouer avec l’aplomb qu’on lui connaît cette saison. Une partie de son succès s’explique également par le fait qu’il a troqué ses jambières jaunes contre des jambières blanches. C’est suite à la recommandation d’un optométriste ontarien qu’il a décidé de prendre cette décision.

Un petit gars devenu idole

À l’âge de six ans, Marc-André a fait ses débuts comme joueur offensif. Dans cette catégorie, tous les joueurs devaient enfiler l’équipement de gardien de but. Lorsque Marc-André a tenté l’expérience, le déclic fut.

«On aurait dit qu’il avait reçu une piqûre dans le bras! (Rire)», explique son père André Fleury. Évidemment, jamais ses parents n’ont pensé que leur fils irait aussi loin. «Je trouvais cependant qu’il apprenait rapidement.»

Marc-André a évolué avec les Mariniers BB de Sorel-Tracy pour ensuite participer à la finale du Tournoi international de Québec avec la formation pee-wee AA de la Rive-Sud et aux championnats provinciaux. Après avoir joué en division bantam avec les Mariniers, Fleury s’est retrouvé avec les Riverains midget AAA du collège Charles-LeMoyne avant d’être rétrogradé aux Grands Ducs bantam AA de Lajemmerais, en janvier 2000.

C’est en 2000 qu’il a débuté sa carrière junior, avec les Screaming Eagles du Cap-Breton. À l’époque âgé de 15 ans, il réussit contre toute attente à se tailler une place dans l’équipe. En 2002 et 2003, il a reçu la Coupe Telus pour récompenser son travail ainsi que le trophée Michael-Bossy du meilleur espoir de la ligue. L’entraîneur Pascal Vincent – le nouvel entraîneur du Junior de Montréal - a eu un impact important dans son développement. «Il a été tempéré avec lui. Il ne l’a pas brûlé», confie son père. Récemment, le Screaming Eagles a retiré son chandail. Aujourd’hui, Gilles Meloche, entraîneur des gardiens des Pingouins, a le même impact dans la carrière de Marc-André.

Le moment le plus exaltant pour les Fleury a sans doute été le repêchage de la LNH de 2003. À l’âge de 18 ans, le Sorelois a été choisi au premier rang par les Penguins de Pittsburgh. Il devenait donc le second gardien, après Rick DiPietro, en 2000, à être repêché au premier rang. Il débarque alors dans une équipe poreuse à la défensive qui a utilisé cinq gardiens au cours de la saison. Au cours de son sixième match, il réalise son premier blanchissage dans une victoire de 1 à 0 contre les Blackhawks de Chicago. Il décroche alors l’honneur de recrue du mois d’octobre, mais le reste de la saison fut plus difficile lorsqu’il rejoint l’équipe du Canada Junior pour les championnats du monde, en Finlande. Lorsque le pointage est de 3 à 3 lors de la finale contre les États-Unis, il tente de dégager, mais la rondelle frappe un défenseur adverse et cette erreur a coûté la victoire. Certains journalistes ont sévèrement jugé le jeune gardien à l’époque pour cette défaite. Il retournera ensuite dans les mineures pour se retrouver. À l’époque, il demeure aussi calme devant les journalistes. Son éthique de travail explique que Marc-André est capable de rebondir. «La saison se terminera et, après un mois de congé, il reprend l’entraînement. Personne ne lui impose cela, il le fait par lui-même», confirme M. Fleury.

Depuis la saison 2005-2006, c’est à lui que revient le titre de gardien numéro un. L’équipe est parvenue lors de la dernière saison à participer aux séries éliminatoires depuis 2002. Marc-André Fleury sera de retour dans la région après la présente série. Il est toujours impliqué dans la communauté. Il a notamment prêté son nom au Tournoi de golf de la Fondation du Cégep de Sorel-Tracy qui encourage la réussite scolaire.

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