Malgré la défaite de Pittsburgh contre Détroit
Marc-André Fleury sort gagnant de la finale de la Coupe Stanley

10 Juin 2008 - Patrick Turgeon - La victoire n’est pas la seule façon pour un athlète de confirmer qu’il a fait le travail qu’on attend de lui. Le gardien de but sorelois, Marc-André Fleury, des Penguins de Pittsburgh, en est le plus bel exemple, ces jours-ci. Grande vedette incontestée de la série finale de la Coupe Stanley, Fleury a volé le show dans quatre des six rencontres de la série mais a vu les Red Wings de Détroit lui «voler» la coupe sous le nez, à son grand désarroi. Pour le jeune cerbère de 23 ans du rang Sainte-Thérèse, perdre cette série paraît à prime abord une grande déception, mais lui a permis de gagner grandement en crédibilité auprès de son entraîneur Michel Therrien et ses fans et finalement le respect de plusieurs journalistes québécois.

Certes, il est déçu, comme on a pu le voir quelques secondes après que les Red Wings eurent remporté la Coupe Stanley quatre victoires à deux revers, mercredi soir, au Mellon Arena de Pittsburgh, mais tous les connaisseurs se sont entendus pour dire que le numéro 29 n’a rien à se reprocher dans les défaites des Penguins. Une équipe reconnue pour ses qualités offensives, mais qui n’est parvenue à inscrire que dix buts en six matchs contre les puissants Red Wings.

Les sceptiques sont confondus!

Le gardien de but sorelois a d’ailleurs trouvé la bonne façon pour faire taire ses dénigreurs de la presse nationale qui n’ont cessé de répéter, depuis son arrivée dans la Ligue nationale, en 2003, que les dirigeants de la formation de la ville de l’acier avaient peut-être fait une erreur en choisissant le petit gars du rang Sainte-Thérèse au premier rang lors du repêchage de 2003. Fleury s’est avéré le joueur par excellence des Pens lors des séries éliminatoires 2008 malgré la présence des joueurs étoiles tels Sydney Crosby, Marian Hossa, Evgeni Malkin et Jordan Staal assis à ses côtés dans le même vestiaire. Il a prouvé à tous qu’il est un gardien numéro 1 sur qui on peut compter lors des matchs cruciaux. Un gardien en qui on peut avoir confiance!

Certains spécialistes de la critique gratuite soutiendront qu’on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres, mais dans le cas du gardien numéro 1 des Penguins, ses statistiques personnelles confirment qu’il a été phénoménal au cours des derniers mois. En séries éliminatoires, le cerbère de 23 ans s’est classé au premier rang au chapitre des blanchissages (3) et des victoires (14), à égalité avec Chris Osgood, des Red Wings de Détroit. Il s’est également classé deuxième dans la colonne des buts alloués avec 1,97, derrière Osgood qui a maintenu une excellente moyenne de 1,55. Au chapitre du pourcentage d’arrêts, le numéro 29 des Penguins a terminé au deuxième rang avec .933, derrière Dan Ellis (.938) mais devant le cerbère Osgood (.930). Fleury s’est comporté comme un leader en séries alors que certains de ses coéquipiers ont commencé leurs vacances estivales deux semaines plus tôt que prévu!

Sans Fleury, la troupe de Michel Therrien n’aurait pas remporté le match numéro 3 disputé à Pittsburgh au compte de 3-2, et permis aux Penguins d’espérer pouvoir créer l’égalité dans la série lors du quatrième match. Fleury a réalisé 15 arrêts lors de la troisième période de cette rencontre pour s’offrir une première victoire en carrière en finale de la Coupe Stanley. Comme toute bonne chose a une fin sur cette terre, les Penguins ont toutefois vu leur série de matchs sans défaite au Mellon Arena s’arrêter à 17, le 31 mai, s’inclinant 2-1 face aux Red Wings. Encore une fois, le cerbère sorelois n’a rien à se reprocher. Avant ce revers crève-cœur subi devant certains membres de sa famille ayant parcouru au-delà de 1 000 km en voiture pour le voir à l’oeuvre, Fleury avait remporté ses 19 derniers départs à Pittsburgh. Sa dernière défaite à la maison remontait au 21 novembre 2007 contre les Devils du New Jersey.

Et celle des Pens devant leurs partisans au 24 février contre San Jose. Depuis le mois de novembre 2008, la fiche du gardien sorelois est de 28-8-1. Fleury a fait son travail, celui d’un gardien de premier plan, un élément essentiel pour une équipe qui aspire conquérir la Coupe Stanley. Chaque soir des séries, il a permis à ses coéquipiers d’espérer vaincre l’adversaire. Il y est d’ailleurs parvenu une deuxième fois dans la série, le lundi 2 juin, alors que les Penguins ont vaincu les Red Wings 4-3 en troisième période de surtemps. Fleury a été exceptionnel, extraordinaire devant son filet. Sans vouloir le comparer au plus grand de sa profession, il a effectué des arrêts magistraux dont un devant Mikael Samuelsson du bout de la jambière. Au total, le gardien de but sorelois a effectué 55 arrêts alors que son vis-à-vis Osgood en réalisait 28.

Quant au dernier match de la série, Fleury a été malchanceux sur le but qui s’est avéré le but de la victoire. Il s’est assis sur la rondelle, qui a glissé lentement derrière la ligne rouge. Il s’en veut car c’est un fier compétiteur. Il s’agit d’un coup de malchance. En contrepartie, il a été «faible» sur le deuxième but de Détroit inscrit par Valtteri Filppula sur un tir faible du revers, mais on ne peut lui reprocher cet écart de conduite car il a porté seul sur ses épaules les Penguins en grande finale. Un lourd poids pour un jeune homme de 23 ans. Ni Crosby, Malkin, Gonchar ou Hossa ne sont parvenus à créer l’étincelle nécessaire pour relancer l’équipe. Fleury, lui, y est parvenu en grande partie. Seul Staal a aussi le mérite d’avoir bien travaillé contre Détroit. Sans grand discours, Fleury a fait ce qu’il fait le mieux pour aider son équipe à tenter de gagner la coupe : bloquer la majorité des rondelles lancées vers lui.

Depuis son arrivée dans le circuit Bettman, plusieurs ont critiqué son travail, parfois avec raison, mais souvent à tort. Cette fois, Fleury a confondu les sceptiques et prouvé catégoriquement qu’il est un des meilleurs gardiens de la ligue nationale. Reste à voir maintenant si les grands experts de notre sport national, qui se réunissent chaque soir autour d’une table à parler sans s’écouter, critiqueront autant le travail de la grande vedette Evgeni Malkin, totalement invisible contre Détroit, qu’ils l’ont fait avec Fleury au cours des trois dernières années. Petite prédiction, NON, NON et NON! On abordera la question, certes, mais dans quelques semaines, on aura oublié la tenue de Malkin, vénéré pourtant par les experts. Il est d’ailleurs toujours plus facile de frapper sur un petit Québécois. Fleury, un grand de notre région, aura le mérite de pouvoir dire qu’il s’est vraiment battu jusqu’au bout!

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