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Présentation du mémoire Sorel-Tracy, région d’excellence en développement durable

Partenaires en développement durable
14 Avril 2005 - C’est en présence des signataires, que le Centre local de développement (CLD) du Bas-Richelieu a présenté aux médias le mémoire collectif du Bas-Richelieu, déposé officiellement le 11 avril dernier, dans le cadre des audiences publiques tenues à Longueuil sur le Plan de développement durable du Québec qu’entend mettre en place le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, M. Thomas J. Mulcair.
Ce mémoire, qui a été réalisé grâce à la collaboration de l’Atelier du chômeur du Bas-Richelieu, de la MRC du Bas-Richelieu, du Cégep de Sorel-Tracy, de QIT-Fer et Titane, du Centre collégial de transfert technologique en écologie industrielle, de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du Bas-Richelieu, du Centre de recherche en environnement UQAM/Sorel-Tracy, de la Société des parcs industriels de Sorel-Tracy, de la Ville de Sorel-Tracy et du CLD du Bas-Richelieu, est une avancée importante pour la région dans son processus de faire reconnaître le Bas-Richelieu comme région d’excellence en développement durable au Québec.
La région de Sorel-Tracy à l’avant-garde dans son développement
Ce mémoire trace tout d’abord un portrait de la région et des actions entreprises depuis sa prise de conscience vers la fin des années 1980, alors que le Bas Richelieu était pointé du doigt pour la mauvaise gestion de son environnement. Le document relate les étapes importantes du revirement environnemental effectué par la région dont notamment le virage écologique entrepris par plusieurs de nos entreprises, la mise au point d’une nouvelle technologie de traitement des déchets urbains ainsi que l’élaboration d’un plan de gestion des matières résiduelles et l’implantation d’une ressourcerie, renommée pour sa performance. Le document expose également l’approche novatrice du Bas-Richelieu face à son développement, une approche misant sur la combinaison consultation-concertation-action, et évoque la concertation entre les municipalités de la MRC qui donna lieu à la mise à jour d’un plan stratégique régional intégrant de façon concrète les principes du développement durable, et ce, pour la première fois au Québec. Une démarche dont la valeur a d’ailleurs été reconnue récemment; la région s’étant vu attribuer un prix Conscientia du Conseil régional en environnement de la Montérégie (CREM).
La région se prononce à l’égard du Plan de développement durable
Les intervenants des divers milieux qui ont pris part à ce mémoire souhaitent par cet ouvrage, faire connaître leur opinion sur la démarche gouvernementale visant à élaborer un Plan de développement durable ainsi que leurs commentaires sur l’avant-projet de loi sur le développement durable. Il ressort de ses commentaires l’importance d’un engagement actif du gouvernement et la nécessité de mettre en place un processus de gestion du changement bien planifié.
Le mémoire suggère donc la possibilité d’une association entre le gouvernement et les régions qui ont déjà opté pour la voie du développement durable et qui permettrait de vérifier, auprès de ces régions, le bien-fondé des interventions gouvernementales. « Notre région n’ayant pas attendu le dépôt de l’avant-projet de loi pour promouvoir et mettre en mouvement de nouvelles façons de faire, nous estimons qu’elle est la région toute désignée pour contribuer à plusieurs égards à l’actuelle démarche du gouvernement et jeter éventuellement les bases de collaborations futures entre les intervenants de la région de Sorel-Tracy et différents ministères pour la réalisation de projets d’intérêt commun », a souligné Yves Fortin, directeur général du CLD du Bas-Richelieu, lors du dépôt du mémoire.
Afin de donner plus de poids à leur démarche, les signataires ont bonifié ce mémoire en exposant à tour de rôle, leur vision et leur contribution à la démarche de développement durable entreprise par la région.
Mot du préfet de la MRC du Bas-Richelieu, M. Olivar Gravel,
lors des audiences publiques sur le développement durable,
tenues le lundi 11 avril 2005, à Longueuil
Monsieur le Ministre, messieurs les membres de la commission,
Identifiées il y a à peine une quinzaine d’années comme une des régions les plus polluantes du Québec, la MRC du Bas-Richelieu et sa ville-centre Sorel-Tracy ont depuis entrepris un virage à 180 degrés afin de développer de nouvelles pratiques et technologies respectueuses de l’environnement.
La présentation que nous vous offrons aujourd’hui et le mémoire que vous avez entre les mains sont les fruits du travail collectif de plus d’une dizaine d’organismes que nous avons le privilège de représenter.
La volonté de faire autrement ainsi que les réalisations concrètes qui en ont découlé ont été reconnues à différentes occasions (4 prix Phoenix de l’environnement, reconnaissance à l’automne 2000 par l’UNESCO de la région du Lac-Saint-Pierre comme réserve de la biosphère, octroi en mars dernier, par le Conseil régional de l’environnement de la Montérégie, d’un prix CONSCIENTA au CLD, à la MRC et à la SADC pour leur engagement envers le développement durable dans le cadre de leur Plan stratégique de développement 2005-2009, etc.).
Toute cette démarche, avec ses succès et ses difficultés, nous a permis de réaliser un certain nombre de constats quant aux enjeux concrets reliés au processus d’implantation d’une stratégie de développement durable.
Afin de vous parler de ceux-ci, je laisserai maintenant la parole à Yves Fortin, le directeur général de notre CLD.
Mot du directeur général du CLD du Bas-Richelieu, M. Yves Fortin
lors des audiences publiques sur le développement durable,
tenues le lundi 11 avril 2005, à Longueuil
Monsieur le ministre, messieurs les membres de la commission, comme l’indique si bien votre document de consultation à la page 12, le développement durable constitue avant tout : «une manière différente de penser et d’agir ».
En fait, notre expérience nous démontre qu’il s’agit d’un parcours complexe, d’un changement de paradigme, qui suscite de nombreuses résistances et incompréhensions, et qui, pour qu’il se traduise dans l’action et génère des résultats concrets et durables, doit être compris comme un processus de gestion du changement reposant sur :
Premièrement, la prise de conscience qu’il existe bel et bien une crise environnementale et la nécessité d’en saisir les manifestations tant au niveau mondial que local afin d’en mesurer les conséquences au point de vue de la :
- détérioration des écosystèmes;
- détérioration des ressources;
- détérioration de notre qualité de vie.
Deuxièmement, la déstructuration de nos vieilles valeurs, croyances, façons de faire et de penser qui sont à l’origine de l’actuelle crise environnementale.
Troisièmement, la systématisation de l’intervention lors de la réalisation des plans et projets par le biais de la mise en place d’une démarche d’amélioration continue rigoureuse reposant entre autres sur l’appropriation de meilleures pratiques d’affaires et de différents outils tels que :
- Agenda 21 local;
- Indicateurs de développement durable et tableaux de bord;
- Écologie industrielle;
- Outil de gestion du changement;
- Système de gestion environnementale ISO 14001;
- Mesure des risques de dégradation du milieu;
- Analyse de cycle de vie des produits;
- Gestion écosystémique;
- Formation, recherche et développement technologique.
Quatrièmement, la mise en place d’activités d’information, d’éducation et de formation continue répondant aux particularités propres au nouveau paradigme, soit une approche multisectorielle permettant l’intégration des sphères environnementales, sociales et finalement économiques.
Sous-estimer l’importance de ces éléments lors de l’élaboration d’actions spécifiques et de l’identification des objectifs explique, du moins en partie, le faible intérêt, la faible mobilisation et l’impact relatif à court, moyen et à long terme de nombreux projets qui se veulent de développement durable sur nos habitudes de production, de consommation et, de façon plus générale, sur notre relation à l’environnement.
En fonction de ce qui précède, nous aimerions attirer votre attention sur les quatre aspects suivants de notre réflexion sur l’avant projet de loi.
Tout d’abord, que les implications du principe de participation et d’engagement devraient être précisées, tant au niveau de la stratégie que de sa mise en application, afin d’assurer un lien entre la volonté de décentralisation exprimée à maintes reprises vers les instances régionales et locales (Conférence régionale des élus et MRC) et les plans d’action ministériels.
Ces précisions devraient, en fait, faciliter, inciter, sinon provoquer à brève échéance, l’émergence de nouveaux types de partenariat entre l’Administration et la société civile dans une volonté de subsidiarité qui se rapproche le plus possible du citoyen et des organisations qui sont ses premiers interlocuteurs.
Deuxièmement, que bien que nous soyons généralement d’accord avec le fait que le gouvernement pourra, en grande partie, « réaliser sa stratégie de développement durable en réorientant certains de ses budgets actuels, en modifiant ses façons de faire et en devenant plus performant dans la gouvernance de l’État », nous croyons que cette position sous-estime de façon importante les besoins de soutien opérationnel nécessaire à l’émergence de nouvelles pratiques tant au niveau de l’Administration que de la part de ses partenaires externes.
Troisièmement, qu’il nous apparaît pertinent, qu’outre la création du Fonds vert et d’un poste de commissaire au développement durable, que le gouvernement :
- Réserve des budgets permettant de créer des équipes stables de soutien opérationnel au développement de nouvelles pratiques plus efficientes, donc plus performantes, et ce, tant au niveau national que pour les MRC ou municipalités désirant en bénéficier;
- Réserve dès le début à même les budgets de chacun des ministères, des fonds pouvant être octroyés à des projets expérimentaux visant à intégrer de façon systématique les trois volets du développement durable. Projets qui devront être développés avec la collaboration de partenaires externes afin de se rapprocher des préoccupations des citoyens;
- Encourage les bonnes pratiques centrées sur le développement durable, impose des pénalités aux organisations qui font preuve de laxisme et répartisse ces fonds aux municipalités et entreprises méritantes;
- Révise les programmes de formation développés par le ministère du Développent économique, de l’Innovation et de l’Exportation sur les meilleures pratiques d’affaires et en élargisse la diffusion afin d’y intégrer les principes du développement durable et ainsi soutenir le développement au sein des organisations, tant privées que publiques, d’une culture d’amélioration continue, outil indispensable à la mise en place d’une stratégie en développement durable.
Quatrièmement, que les premières années de la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement repose essentiellement sur la base de projets pilotes dans chacun des ministères avec pour objectif explicite de s’approprier les outils et différentes étapes propres au processus d’implantation progressive du Plan général de développement durable.
Plus particulièrement, il devrait permettre aux différents chefs de file identifiés aux différents niveaux décisionnels de se faire reconnaître et de s’initier aux nouvelles habilités et compétences dont ils ont besoin pour augmenter les chances de succès de l’opération.
Finalement, nous suggérons au gouvernement de s’associer étroitement à des régions qui ont déjà opté pour la voie du développement durable, qui se sont dotées d’un plan stratégique à cet effet, qui ont déjà à leur actif un certain nombre de réalisations concrètes et qui sont en mesure de partager leurs acquis pour développer et implanter notre Plan de développement durable
À notre avis, négliger de bien identifier et de mettre en place les conditions de base nécessaires en temps réel à l’implantation du Plan au sein de l’Administration constituerait une grave erreur et contribuerait à le discréditer rapidement auprès de tous ceux et celles qui désirent faire progresser la société québécoise dans le respect des principes que vous avez retenus.
Nous espérons, Monsieur le Président, que les éléments de réflexion qui précèdent contribueront à enrichir la démarche de la commission et vous remercions du temps que vous nous avez accordé.
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Source : Centre local de développement (CLD) du Bas-Richelieu













