Le capital culturel

La culture, c’est autant les arts créés par les artisans, les artistes, les producteurs que l’ensemble des valeurs, des croyances et des traditions. Le capital culturel est donc la richesse culturelle de la communauté provenant des idées, des valeurs, des modes d’organisation, du potentiel créateur et du savoir-faire légués à la communauté par les personnes qui l'ont construite.

La culture et ses traditions

La population de la MRC du Bas-Richelieu est en grande majorité francophone (75 % contre 51 % pour la Montérégie et 48% pour la Vallée-du-Richelieu).

Comme pour les autres régions du Québec, le Bas-Richelieu vit des changements importants de la pratique religieuse. Les deux dernières décennies se traduisent par la désertion des églises. Les paroisses continuent d’être regroupées sous forme d’unités de pastorales qui desservent maintenant plusieurs anciennes paroisses. L’éducation chrétienne est aussi en mutation. Désormais, elle n’est plus systématiquement au programme des écoles, et ce sont des agentes de pastorale et quelques bénévoles qui, à la demande, offrent un parcours de catéchèse aux élèves.

Néanmoins, malgré les investissements que nécessite l’entretien des églises, celles-ci remplissent encore leur première vocation sur l’ensemble du territoire. Les citoyens et citoyennes des municipalités sont maintenant soucieux de préserver cet avoir collectif en utilisant ces espaces à d’autres fins collectives (rassemblements, collectifs, expositions, spectacles de musique, etc.).

 La culture en art

Avec ses théâtres d'été, à Sainte‑Anne‑de‑Sorel et à Saint-Ours, ses galeries d'arts, ses salles de spectacles et d'expositions, la région du Bas-Richelieu a une culture très riche et bien vivante. Les jeunes et moins jeunes peuvent aussi compter sur les troupes de théâtre Déclic, le coffret animé et l’Ourson doré. Sans les nommer, de très nombreux artistes et artisans habitent et animent la région avec leurs multiples talents. Il n’est pas rare de les voir se démarquer à l’extérieur et faire honneur à la région. Plusieurs professionnels sont regroupés dans le Répertoire culturel du Bas-Richelieu. Ils oeuvrent dans une grande variété de secteurs :

  • Les arts de la scène
  • Les arts visuels
  • La littérature
  • Les communications et les médias

L’aspect culturel est présent et semble devenir de plus en plus important pour les acteurs sociaux du Bas-Richelieu, principalement pour la ville centre. La présence d’une Corporation d’initiatives et de développement culturel (CIDC) en témoigne. Celle-ci travaille à regrouper les intervenants culturels de la MRC, à concerter et à harmoniser les actions dans ce domaine et à susciter et à mettre en oeuvre des initiatives propres à favoriser le développement culturel du Bas‑Richelieu80 . Par ailleurs, la ville de Sorel-Tracy a travaillé avec plusieurs intervenants à mettre en place une politique de développement culturel. Ces éléments sont certainement des atouts sur lesquels la région peut compter.

En milieu rural, malgré la présence de plusieurs artistes et artisans, la culture n’est malheureusement pas beaucoup mise de l’avant, sauf pour la municipalité de Saint-Ours qui se démarque avec ses trois galeries d’art, Salon des métiers d’art. Les municipalités de Sainte-Vitoire-de-Sorel et de Saint-Roch-de-Richelieu comptent aussi un Salon des métiers d’art annuel et Sainte‑Anne‑de‑Sorel, un festival des arts.

Toutes les municipalités, urbaines et rurales, investissent dans la culture (souvent liée aux loisirs) et ces investissements sont, en milieu rural, très variables (de 1 % du budget annuel à 9 % en 2003). Pour Sorel-Tracy, ils représentent environ 10 % du budget de 2004. Pour la grande majorité des municipalités, ces investissements couvrent, à la fois, les activités et l’entretien des infrastructures.

Les infrastructures culturelles

L’infrastructure du capital culturel dans la MRC passe beaucoup par le réseau des bibliothèques. En milieu urbain, deux bibliothèques municipales sont situées de part et d’autre de la rivière (secteur Tracy et Sorel). Elles sont aussi présentes dans presque toutes les municipalités rurales. Toutes font partie du Centre régional de services de bibliothèques publiques de la Montérégie (CRSBPM), sauf pour Yamaska qui possède une bibliothèque indépendante et Saint-Gérard-Majella qui n’en possède pas.

Soulignons aussi quelques autres lieux : en milieu urbain, le Centre d'interprétation du patrimoine de Sorel, qui présente, avec l'exposition permanente Un pays entre terre et eau, un aperçu des principales caractéristiques historiques, industrielles, naturelles et environnementales qui distinguent le Bas-Richelieu, la galerie Horizon et le Centre d’exposition des gouverneurs. Mentionnons aussi  l’exceptionnelle « momument » qu’est l’harmonie Calixa-Lavallée, le fleuron de Sorel-Tracy. Enfin, quelques cafés servent aussi de vitrine culturelle en art et en musique : le Marine Cabaret et le Café Saint‑Thomas.

Conclusion

Le capital culturel est très certainement un atout pour la région et, heureusement, plusieurs l’ont compris. C’est un atout car il y a des gens passionnés qui l’animent d’autant plus que l’activité culturelle peut aussi générer des retombées économiques. Souvent, on minimise l’importance du capital culturel comme levier de développement des collectivités. Cependant, il peut être un outil privilégié pour le développement du sentiment d’appartenance, de l’identité culturelle et de la fierté pour laquelle se sont d’ailleurs mobilisés plusieurs partenaires (privés, publics et institutionnels) autour de la campagne de la Fierté régionale. Un bel exemple de mobilisation régionale pour que l’ensemble des citoyens puisse devenir de fiers ambassadeurs de leur région à travers des réalisations d’exception. À d’autres égards, le capital culturel sert la mémoire collective et aide à l’assimilation d’événements vécus collectivement. Pour le Bas-Richelieu, on pourrait pointer du doigt la crise de l’emploi. C’est alors dans l’histoire que l’on pourrait puiser certains éléments qui soutiennent la volonté, la capacité de développement.


Les enjeux

  • Les engagements moral et financier des élus dans la culture;
  • L’accès à des programmes de financement;
  • La transmission intergénérationnelle des aspects culturels;
  • En milieu rural, l’identification d’éléments culturels qui favoriseraient le développement des communautés;
  • La préservation du patrimoine bâti et culturel.

 

PISTES DE RÉFLEXION 

  • Exploiter davantage le grand nombre et la qualité des artistes et artisans amateurs locaux. 
  • Favoriser l’émergence de nouvelles initiatives culturelles en milieu rural.
  • Favoriser le partage de ressources (services, infrastructures, ressources humaines, financières, etc.).

Source:
ST-ARNAUD, Marie-Line.
Portrait régional du Bas-Richelieu présenté dans le cadre de la Politique nationale de la ruralité, Centre local de développement (CLD) du Bas-Richelieu, 2004.

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