La collection de Denis St-Martin présente 38 pièces historiques
L'homme derrière les traces de notre histoire...

7 Janvier 2008 - Joey Olivier - La Voix - En janvier, la Société historique Pierre-de-Saurel présente une exposition de documents dont un contrat signé de la main de Catherine Legardeur qui n'a jamais été exposé ainsi que plusieurs livres rares et artefacts qui survolent trois siècles d'histoire de la région du Bas-Richelieu. L'homme derrière ces trésors est le collectionneur sorelois Denis St-Martin qui voyage de Londres à New York, en passant par Paris, afin de retracer les grands moments de notre histoire.

Horticulteur et issu d'une famille ouvrière, rien ne destinait Denis St-Martin à l'histoire. Tout a commencé il y a une dizaine d'années lorsqu'il a été intrigué par l'époque la rébellion des Patriotes à Saint-Denis et Saint-Charles. "De fil en aiguille, j'ai élargi mon centre d'intérêt au Bas-Richelieu et les gens du milieu savaient que j'étais un collectionneur intéressé par les objets qui ont marqué l'histoire d'ici. C'est comme ça que j'ai mis la main sur le contrat de 1673 signé de la main de Pierre de Saurel -un des premiers seigneurs de la colonie-."

Peu de collectionneurs peuvent se vanter d'avoir mis la main sur un acte de concession signé de la main de Pierre de Saurel, d'une carte de 1616 destinée à Champlain, de cruches utilisées vers 1860 pour transporter l'eau par les marchands de Sorel et de deux photos originales ainsi qu'une gravure de Louis-Joseph Papineau. Pour lui, collectionner est plus qu'une passion, il s'agit de l'art d'aimer son histoire et ses ancêtres. À l'ère où plusieurs transigent et recherchent des œuvres sur Internet, M. St-Martin se déplace et tient à rencontrer les collectionneurs en personne. "Tous mes contacts sont personnels. Si je désire une pièce d'un collectionneur de l'île d'Orléans, je me déplace", dit-il.

L'univers des collectionneurs est particulier. En dehors des musées, les pièces historiques ne sont pas accessibles à tous. Âgé dans la cinquantaine, M. St-Martin est considéré comme un jeune collectionneur. Plusieurs ont entre 65 ans et 70 ans et ils ne dévoilent pas leurs trésors à n'importe qui. "Certains garderont des objets durant plus de 40ans. Lorsque le temps est venu de s'en départir, ils s'assurent que le nouveau propriétaire en prendra soin."

Il faut donc user de tact et de respect pour réussir à mettre la main sur une lettre de Catherine Legardeur. "Par exemple, si je désire une pièce, il faudra que le collectionneur ait de l'information sur moi. Ensuite, je peux l'appeler. Si l'entrevue téléphonique s'est bien déroulée, je pourrai le rencontrer. Et peut-être, si le lien de confiance est fort, voir une partie de sa collection."

Une passion qui l'a transformé

Collectionner des pièces historiques a amené M. St-Martin à découvrir qui il était et connaître en profondeur l'histoire de Sorel-Tracy. Selon lui, l'histoire de Sorel en fait une communauté à part, même aujourd'hui. "Avec l'arrivée des loyalistes, en 1664, Sorel est devenu anglophone et les patriotes, avec Papineau et Wilfred Nelson en tête, se sont rebellés. Plus tard, à l'époque de l'industrialisation avec les frères Simard, Sorel a été la première ville à être syndicaliste. Nous avons toujours été dans un contexte de contestation et ceci a un impact sur ce qu'on est aujourd'hui."

On dit souvent que l'histoire n'a pas d'émotions et qu'elle offre une perspective objective sur ce qu'on est. Cet adage est vrai pour Denis St-Martin puisque sa passion a changé sa façon de voir la vie. "J'ai un regard plus ouvert à la vie et aux deux cultures (francophone et anglophone) qui ont sillonné notre histoire. Nous avons des deux, je crois, et de connaître notre passé a fait de moi un meilleur citoyen."

La collection de M. St-Martin est exposée gratuitement du lundi au vendredi jusqu'au 31 janvier, de 13 heures à 16 heures, à la Société historique Pierre-de-Saurel, située au 6, rue Saint-Pierre.

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