Karine Bergeron expose au Café St-Thomas

19 Octobre 2007 - À partir du 16 octobre 2007, le Café St-Thomas présente la première exposition solo de Karine Bergeron. Sont présentés, une douzaine de tableaux animaliers (huile et mediums mixtes). Aujourd’hui artiste peintre, Karine Bergeron a complété des études de 2e cycle en Histoire de l’Art en 2003, concentrant ses recherches sur la représentation animalière et le regard sur l’animal. Inspirées par le symbolisme animal, ses œuvres sont un mélange de naturalisme et de lyrisme. La réalité et la poésie sont liées ensemble, formant des scènes où se côtoient l’imaginaire et la vie animale.


Mon cheminement, Regard sur l'animal
En quelques lignes...

Native de Sorel-Tracy, je quitte la région en 1995 pour mes études en Arts plastiques au Cégep de Sainte-Foy. C'est à cette époque que je me découvre deux grandes passions : la peinture animalière et l'histoire de l'art. Pendant cinq ans, mon temps et mon énergie sont partagés entre ces deux intérêts. En 1997, j'entreprends un baccalauréat en Histoire de l'art. Dans mes temps libres, Je dessine des animaux aux crayons de bois et je peins des paysages à l'huile.

En 1999, Jocelyne McCaughan, une peintre animalière de la région de Québec, m'initie à l'art de peindre les mammifères et les oiseaux et me permet de perfectionner ma technique à l'huile. Le 17-18 juin 2000, je participe au Symposium art, faune et flore du Jardin Zoologique de Québec. À l'automne qui suit, je réalise une exposition en duo à la Maison Magella-Paradis de Charlesbourg. Les tableaux que je peins à cette époque ont pour sujets principaux des mammifères prédateurs ou des rapaces. Mes animaux sont situés devant des paysages grandioses et des ciels lumineux et colorés.

En 2000, je commence à donner moi-même des cours de peinture à l'huile. J'entame aussi mes études de maîtrise en histoire de l'art. Deux années de recherches aboutissent sur un mémoire intitulé : Naturalistes, chasseurs sportifs et écologistes : trois wildlife painters nord-américains. Dans cette étude, je propose un nouveau regard sur ce genre pictural en établissant un parallèle entre son histoire et celle des idées écologiques. Je situe cet art dans l'histoire du débat idéologique sur la relation entre l'homme et la nature. Je décortique aussi le regard de l'artiste sur l'animal. J'explique comment de simples tableaux animaliers peuvent exprimer des concepts forts complexes qui sont à la base de l'écologisme.

C'est sur ces réflexions que je range mes pinceaux en 2003. Pendant trois ans, je cesse complètement de peindre pour me consacrer à mes deux enfants. En 2004, je reviens m'établir à Sorel-Tracy. À l'automne 2006, je reprends mes projets de peinture là où je les avais laissés. Je puise d'abord mon inspiration dans le symbolisme animal. Je commence aussi à travailler avec des médiums acryliques qui ajoutent textures et reliefs à mes 'uvres. Le centre de ma démarche artistique reste le regard sur l'animal, mais cette nouvelle façon de peindre me permet d'aller plus loin, de repousser mes limites et d'exprimer mes visions intérieures. À travers mes explorations picturales, je poursuis ces réflexions que j'ai entamées avec mes recherches de maîtrise. Surtout, je découvre mon propre regard sur l'animal.



Regard sur l'animal

L'animal tient une place toute particulière dans l'imaginaire humain. Si l'homme perçoit le monde connu avec ses cinq sens, cela ne l'empêche pas de penser l'univers, c'est-à-dire de le rêver, de l'imaginer' de le symboliser. Le symbolisme animal reflète non pas les animaux, mais l'idée que s'en fait l'homme. C'est une transformation ' voire une déformation ' de la nature des êtres et des choses. Le regard que je porte sur l'animal n'est pas celui d'un naturaliste. Les animaux que je peins n'appartiennent pas au domaine du réel. Ce sont des personnages sortis de mon imaginaire.

« Pour percevoir l'essence réelle, intime, de la nature et du monde, il nous faut voir avec les yeux du c'ur et non avec ceux de notre orgueilleuse tête. Cette raison qui nous pousse à morceler la nature pour l'étudier doit être abandonnée. Si vous voulez voir le fond des choses, alors ne vous limitez pas aux seules apparences. Disséquer un animal ne vous apprendra rien sur sa nature réelle. Pour cela, il vous faudra le comprendre et l'aimer, faire un avec lui. Ne soulève pas le voile d'Isis qui veut. Le secret n'est révélé qu'à ceux qui ont compris que seule la voie du c'ur et de l'intuition ouvre les
portes de l'infini.
»

Jean-Paul Ronecker, Le Symbolisme animal.

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