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L’ÉTAT DU MONDE
27 Février 2009 - Suite à la crise qui secoue le monde entier, une remise en question s’impose.
Le constat :
- toutes les institutions financières ont perdu de l’argent ;
- tous les pays du monde ont perdu de l’argent ;
- tous les épargnants ont perdu de l’argent.
Qui a gagné cet argent ?
L’argent perdu dans un endroit doit bien se retrouver dans un autre endroit. Il y a bien des gens ou des institutions qui ont récolté ces sommes perdues par d’autres.
Selon l’adage qui veut que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, force est de constater qu’il y a eu transformation.
La réponse réside dans le fait que dans toutes les transactions qui se font dans les Bourses, les agents n’ont pas fait qu’acheter et vendre des biens, des produits ou des services. Ils ont spéculé ! C’est là-dedans que réside le mal. En effet, à quoi bon faire face à la crise, si on ne s’attaque pas à la racine de la crise ?
Cette spéculation consiste en de grosses sommes d’argent placées à très court terme et qui font plusieurs allers-retours entre les places financières en quelques jours. Des capitaux "voyageurs" réellement spéculatif car à peine 3 à 15 % de ces placements seraient liés à des opérations commerciales réelles, tout le reste est entièrement parasitaire !
Ces capitaux sont bien mieux considérés que les êtres humains. Ils bénéficient de privilèges énormes : faible taxation, libre circulation, existence de paradis fiscaux permettant de blanchir l'argent sale !
Peut-être faudra-t-il penser à appliquer la taxe Tobin : une taxation des transactions monétaires internationales afin de freiner la spéculation. L’économiste James Tobin l’avait suggérée en 1972 ; si elle avait été appliquée, on n’en serait pas là aujourd’hui. Dommage !
Et tant qu’à repenser le monde, allons plus loin. Considérons un deuxième aspect de la situation. Actuellement, les seuls gros consommateurs du monde sont les États-Unis d’Amérique, et seulement eux. S’ils ne consomment pas, le reste du monde ne vend pas !
Et si les pays producteurs se trouvaient d’autres clients, des clients capables de consommer (non de gaspiller, mais de consommer raisonnablement) ? Avec des salaires décents, la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et bien d’autres pays seraient bien placés pour ce faire. Des pays disposant d’atouts majeurs : des populations nombreuses et un grand potentiel économique. Le reste du monde aurait alors plusieurs clients. On pourrait ainsi parler d’égal à égal entre pays, établir des échanges plus équilibrés, freiner les exodes de populations et assurer une meilleure stabilité au niveau mondial.
Ainsi, la Chine ne nous inonderait plus avec des biens produits à rabais et vendus à gros prix, pour le profit d’une minorité sans scrupule.
Mais tout cela est la part du rêve. Alors, osons rêver !
Nourredine SEDDIKI




