Commentaires de M. Yvon Bibeau


Le conseiller M. Yvon Bibeau

15 Avril 2008 - Monsieur le Maire, suite à vos propos du 3 mars dernier, je me vois dans l’obligation de me mettre dans une position défensive. Je tiens à clarifier, et à rectifier par endroits, certaines de vos allégations qui ont été faites dans vos communications récentes avec la population. Je rappelle que j’ai d’abord pris soin de vous demander publiquement de me procurer le texte de votre présentation afin d’analyser, en toute justice, les affirmations que vous avez énoncées avec, disons-le, une certaine fougue. Mais, et cela est remarquable, ce qui semble vous avoir donné votre plus grande satisfaction personnelle semble être en rapport avec le fait que vous avez esquinté et dénigré intentionnellement, sur votre passage, les 3 dissidents qui forment le parti de l’opposition, comme vous vous plaisez à nous appeler, avec quelque ironie.

Je trouve décevant que vous ayez ignoré ma demande… J’ai pu visualiser, avec intérêt, votre présentation que vous avez sans aucun doute concoctée avec la participation d’un connaisseur en communication. J’ai cru pouvoir déceler, chez vous, un grand état d’inquiétude et une frustration qui est fort perceptible.

Vous éprouvez vraiment de la difficulté à comprendre que des gens puissent penser différemment que vous et qu’ils aient éventuellement des opinions opposées aux vôtres. La contradiction vous conduit à l’emportement et les objections semblent, à coup sûr, vous causer des problèmes. Pourtant pourquoi devriez-vous vous inquiéter ? N’avez-vous pas votre majorité au conseil ? Et cela ne suffit-il pas ? En réalité, vous ne vous êtes pas vraiment attaqué à l’argument qui est au cœur de notre opposition, mais vous avez plutôt préféré vous en prendre à la personne des 3 conseillers qui ne sont pas d’accord avec vos vues. C’est là l’arme des faibles.

Dois-je vous rappeler, Monsieur le Maire, que je suis tout comme vous un élu et que la population m’a désigné à titre de candidat indépendant. Je suis tout à fait ouvert à la collaboration mais je ne le ferai jamais dans la servilité. Lors de mon assermentation en 2000 et en 2005, je ne vous ai pas fait vœu de fidélité et d’obéissance. S’il y a des dossiers sur lesquels je ne partage pas votre point de vue, ne croyez surtout pas que je vais me réduire au silence, surtout pas si on met en place une stratégie d’intimidation publique. Ce serait une perte de temps pour vous.

Quant à mon confrère monsieur Bélanger, il a laissé entendre à la population, lors de cette assemblée publique, que les Bibeau, Berthiaume et Lavallée s’opposent à tout de façon systématique. Ce sont des contrevérités exprimées de mauvaise foi de votre part monsieur Bélanger, et ce n’est sûrement pas avec ce genre d’insinuation gratuite que vous parviendrez à convaincre qui que ce soit.

Quant à vous monsieur le Maire pourquoi nous accusez-vous de manquer de vision ou d’avoir une vision confuse de réalité. N’est-ce pas plutôt vous et certains autres qui vous soutiennent qui ont une perception carrément imaginaire de la réalité comme s’ils vivaient dans un monde irréel, en tout cas dans un monde qui n’est pas celui de la majorité de la population de Sorel-Tracy. Du moins nous le croyons.

Vous pensez qu’il est facile de critiquer et de faire paraître dans les journaux ce en quoi nous croyons. Est-ce cela manquer de courage? Ce qui serait un manque de courage serait plutôt le fait de garder le silence et de s’abstenir de donner notre opinion, et cela même si elle va à l’encontre de vos opinions cela s’appelle aussi de la faiblesse.

Vous n’en êtes pas à votre premier essai public pour nous discréditer et nous mettre au pilori en pourchassant l’erreur et le faux pas plutôt qu’en débattant nos idées. Vous le faites à partir des procès verbaux des réunions à laquelle nous nous serions opposés.
Vous avez usé de coups bas et il y a eu dérapage jusqu’au point de nous désavouer de ne pas avoir été présents à la réunion du 12 février dernier à la salle St Pierre du centre Desranleau. L’invitation à cette réunion disait qu’il s’agissait de faire la mise à jour du plan stratégique de développement; l’Ordre du jour ne disait pas du tout que le but était de prendre des décisions importantes, comme vous le prétendez. Vous y avez constaté l’absence des 3 élus qui sont de toute évidence dans votre mire, et vous avez conclu qu’il s’agissait d’une stratégie commune de notre part. Je peux vous dire que notre absence est une affaire de pure coïncidence.

Se pourrait-il, Monsieur le Maire, qu’une raison majeure ait pu m’empêcher d’assister à cette réunion ? Faudrait-il que je m’excuse publiquement pour mon absence ? Pourquoi ai-je eu ainsi droit, de votre part monsieur le Maire, à une dénonciation sur la place publique ? Je trouve que vous dépassez vraiment la mesure et je suis porté à penser que la vengeance constitue en fait votre objectif ultime. Dans ces conditions et avec tout le respect que je vous dois, je vous demande de bien prendre note du fait que je n’avais en aucune façon à me justifier devant quiconque, y compris devant vous monsieur le Maire. Vous avez tort de croire que je suis à la petite école et que vous avez le droit de me faire la leçon ou, et cela encore moins, de me dicter les devoirs qui m’incombent.

Il m’a tout simplement été impossible de répondre à cette invitation. Mais cela vous n’avez pas été en mesure de le comprendre et avez préféré porter un geste accusateur à mon endroit et à celui de mes confrères. Où étiez-vous messieurs Bibeau, Lavallée et Berthiaume, avez-vous lancé avec une intonation accusatrice ? Au fait lors de cette rencontre du 12 février dernier, n’auriez-vous pas aussi constaté l’absence de d’autres membres du conseil municipal ? Êtes-vous en mesure de répondre à cette question monsieur le Maire et de m’expliquer à moi, à mes collègues et à la population qui nous écoute pour quels motifs ou pour quelles raisons messieurs Bérard et Gagné n’ont-ils pas eu droit au même traitement et à la même dénonciation que la bande des trois ? N’étaient-ils pas absents tout comme nous, chacun ayant ses propres raisons que je n’ai pas à juger. Ce que je peux juger par contre, c’est que vous êtes très sélectif avec le club des petits amis. Vous avez ainsi donné à nouveau la preuve irréfutable de votre iniquité et de votre duplicité.

De plus, je n’ai jamais ouvert le feu sur l’intégrité et l’intelligence des forces vives du milieu, comme vous le laissez entendre, monsieur le Maire. J’ai bel et bien dit, et je le répète, que leur intervention d’appui en ce qui concerne la décision de choisir l’édifice Lachapelle n’avait pas sa place. Il est important, ici, de faire une nuance, une distinction, entre les individus, notamment monsieur René Lachapelle, le porte-parole de ce groupe, qui a écorché de façon malicieuse sur son passage les 5 maires qu’il dit manquer de courage et de ce leadership politique dont ils ont un urgent besoin. Il ne s’agit pas d’un appui de taille comme madame Racicot l’a publié dans le journal, mais à mon avis plutôt d’une erreur de taille. Je crois personnellement que vous leur avez forcé la main, monsieur le Maire, dans un moment d’emportement ou par séduction, ou cela s’est peut-être fait d’un commun accord et par consentement mutuel pour obtenir leur appui. Je devine d’instinct que certains ne se sont pas vraiment sentis à l’aise avec cette situation, car elle a été loin, je le répète, d’être rationnelle. Pas mal de gens en position d’autorité ont manqué une bonne occasion de garder le silence : en creusant le sillon de l’hostilité entre les maires de la M.RC., je ne crois pas qu’ils aient contribué à enrichir la concertation entre nous tous.

Il y a eu dans tout cela un grave manque d’éthique et ce fut un geste inconsidéré de leur part. Dans les faits à qui sont-ils redevables ces gens-là ? Ils sont des inconditionnels du développement durable et ce à n’importe quel prix. Une telle position ne tient pas la route, de plus leur porte-parole monsieur Lachapelle n’avait pas à laisser entendre que la position des maires était en quelque sorte rétrograde et qu’ils n’étaient pas montés dans le train du progrès. Les autres maires ne sont-ils pas, eux aussi, des élus à qui la population a accordé leur confiance dans chacune des municipalités ? En les disqualifiant par ce genre d’argument perfide (une apparence de menace), vous avez tout simplement dépassé la limite acceptable de la décence…

En terminant, Monsieur le Maire, je souhaite vous dire que si votre intention est de m’amener sur le chemin de l’hostilité ou du silence, vous pouvez être assuré que ce ne sera pas le chemin que vous me ferez emprunter. Je ne compte pas prendre le chemin de la mésentente, même si vous vous y engagez vous-même, et je continuerai à dire le plus honnêtement possible ce que je crois être dans le plus grand intérêt du développement de notre communauté de Sorel-Tracy. En ce qui concerne les propos tenus par mon ou mes confrères Berthiaume et Lavallée je partage entièrement ce qu’ils ont ou a exprimé.

Merci Monsieur le Maire.

Yvon Bibeau.

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