![]() |
Le maire de Sorel-Tracy va rendre publique en septembre sa décision de poursuivre son plan de développement

30 Août 2005 - En 2000, lorsque Marcel Robert a pris les rennes de Sorel-Tracy, l’image qu’avaient les citoyens de leur ville était très négative. « Ce qu’on attendait dire de nous aux bulletins de nouvelles parlait soit des motards criminalisés, des fermetures d’usine ou des conflits de travail », se souvient-il. Depuis 3 ans, les élus, en concertation avec les organismes, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour que les gens du Bas-Richelieu soient fiers d’appartenir à cette communauté qui est le berceau de la Nouvelle-France.
Réflexion
Marcel Robert se donne encore quelques jours pour réfléchir à savoir s’il continue son travail de maire pour les quatre prochaines années. C’est l’ampleur de la tâche qui le fait hésiter.
En effet, ce qui a été accompli dans son dernier mandat est colossal. Plus de 300 nouvelles familles sont venues s’installer à Sorel-Tracy qui offre une exemption de taxes pour les trois premières années. En moyenne, le résident sauve 2500 $ par année. Avant 2000, plusieurs fermetures d’usines avaient fait perdre des jeunes Sorelois qui avaient quitté l’endroit. « Il y a plusieurs citoyens qui sont revenus alors que d’autres ont découvert Sorel-Tracy », dit-il fièrement
Fierté
Justement, la fierté est sur ce quoi il mise pour redorer l’image de Sorel-Tracy et se doter d’une nouvelle vision de développement durable. Le premier vent d’optimisme qui a soufflé sur le Bas-Richelieu, c’est quand l’UNESCO a reconnu le Lac St-Pierre, dont Sorel est la porte d’entrée, comme une réserve mondiale de la biosphère. Ils ont tablé sur cet élément pour construire leur organisation de développement.
Le premier projet a été la revitalisation du centre-ville qui est « l’âme d’une collectivité ». Ils ont misé sur son caractère historique.
Histoire
La Ville de Sorel-Tracy, fondée en 1642, quelque mois seulement après Montréal, est la quatrième plus vieille ville au Québec. L’artère qu’ils ont rénovée est tout près d’où était situé le Fort de Saurel qui est le berceau de la Nouvelle-France.
« Les bâtiments étaient dans un état de décrépitude avancée », affirme M. Robert. Les investissements en construction et en rénovation de la part des gens qui se trouvent sur l’artère voisine du marché ont été le triple de ce que la Ville avait investi dans le secteur. « Cela a été un premier signe pour redorer notre image physique. Plusieurs propriétaires ont encore des projets sur la planche à dessin », soutient le maire qui souhaite que les nouvelles bâtisses s’agencent à l’environnement par leur architecture.
La deuxième étape, c’est la restauration du marché Richelieu qui était un haut lieu commercial à l’époque du Survenant. Depuis une dizaine d’années, il était devenu moribond. Il va renaître et aura une nouvelle vie avec des produits du terroir.
L’investissement de 900 000 $ va complètement le revitaliser. Tout a été démoli pour être reconstruit et ouvrir au début du mois d’octobre.
Des projets
« Des projets, j’espère qu’il y en aura 22 », s’exclame M. Robert qui privilégie le triangle formé par le centre-ville, la maison des Gouverneurs et la marina. Au début de 2006, la Ville va s’attaquer au dossier de la récupération du quai # 2. Des aménagements seront faits pour lui donner une vocation maritime pour les plaisanciers.
Il a aussi l’intention de récupérer les berges afin de créer des lieux pour la détente. Dans le secteur de Sorel, des parcs linéaires seront construits en bordure de la rivière avec des belvédères et des pistes cyclables. Si la Ville de Montréal pouvait régler ses problèmes avec son usine d’épuration, la qualité de l’eau des populations en aval s’améliorerait. Des plages sont prévues dans le secteur de Tracy.
Les défis de la prochaine administration
Pendant la rencontre, le maire Marcel Robert a parlé des défis qui attendent l’administration municipale. Parmi ceux-ci, un centre de transfert technologique en écologie industrielle est prévu en face du CÉGEP pour 2006. Son but est de récupérer les résidus des entreprises pour en faire de la matière commercialisable. Par exemple, la poussière d’aciérage de Fermag est revalorisée pour en faire de la peinture. « Le Bas-Richelieu deviendrait un pôle de recherche au Québec, au Canada, et peut-être même dans le monde entier, pour ce type de recherches », se met à rêver le maire en pensant au moteur économique qu’une telle vitrine entraînerait.
En outre, la prochaine administration devra trouver le moyen d’harmoniser les réglementations municipales de Sorel avec celles de Saint-Pierre-de-Sorel et de Tracy afin de se doter de nouveaux objectifs de réorganisation territoriale. Le but est de donner une fonction à chacun de ses arrondissements pour que l’objectif de développement soit le même dans l’ensemble de la ville unifiée.
Pour ce qui est de la dette, elle a été réduite de 9 millions $ au cours des trois dernières années. « C’est comme une hypothèque, nous allons finir de la payer d’ici 10 à 15 ans », illustre le maire, Marcel Robert.
«Sans investissements, une collectivité ne peut pas se développer. Une maison qui n’est pas entretenue aura perdu de la valeur au bout de 20 ans. Une collectivité se développe de la même façon, en ayant des projets rassembleurs.»







