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On n’a pas tous les jours 20 ans
Le vingtième anniversaire d’une carrière politique vécue au rythme des grands changements

30 Août 2005 - Par François Beaudreau - Ils sont peu nombreux à pouvoir compter une vingtaine d’années de vie politique, sans discontinuer, à représenter leur comté. Au parlement canadien, il n’y en aurait que trois sur quelque trois cents députés. Et Louis Plamondon en fait partie. Ce 27 août, plus de six cents personnes se sont rassemblées lors d’une réception donnée à Sorel-Tracy pour souligner l’événement.
En conférence de presse, quelques temps avant cette célébration, le député de Nicolet-Yamaska à l’Assemblée nationale, Michel Morin, ainsi que Michel Legault, adjoint de M. Plamondon, ont tour à tour évoqué les qualités du principal intéressé. «Louis Plamondon est un rassembleur, un homme de concensus, » a dit Michel Morin.
Quant à lui, le député Plamondon s’est dit heureux quoiqu’un peu inquiet des surprises que lui promettent les organisateurs pour cette soirée.
Temps forts
Louis Plamondon a aussi profité de cette rencontre avec les journalistes pour souligner quelques uns des nombreux temps forts qui jalonnent sa feuille de route.« L’échec du Lac Meech et les événements qui ont suivi constituent un moment marquant. Mais l’accident tragique qui a coûté la vie à sept enfants à Nicolet, il y a cinq ans, est certainement ce qui m’a marqué le plus, même s’il n’avait pas un caractère politique, » rappelle-t-il.
Son histoire
Né à St-Raymond-de-Portneuf, Louis Plamondon s’installe à Sorel-Tracy en 1964 où il mène de front une double carrière dans l’enseignement et les affaires.
Aux élections fédérales du 4 septembre 1984, après réflexion, il se porte candidat pour le Parti Progressiste-conservateur. Il remporte la circonscription qui porte aujourd’hui le nom de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour avec une majorité de 57 % des votes. Son parti avait alors raflé 211 des 284 sièges à la Chambre des communes.
À l’été 1990, devant l’échec de l’accord du Lac Meech, Louis Plamondon décide d’aller au bout de ses convictions. Il endosse la fameuse phrase : « Je boirai la coupe jusqu’à la lie » puis démissionne du Parti Progressiste-conservateur en juin de la même année.
En 1991, avec quelques députés du Québec, Louis Plamondon participe à l’écriture d’une page de l’histoire politique. Il fait partie des fondateurs du Bloc Québécois, qui se choisissent un chef, Lucien Bouchard. Une poignée de députés, dont Louis Plamondon, avaient fondé le Bloc, déçus par l'échec du gouvernement fédéral de faire accepter l’accord du Lac Meech. En 1993, le Bloc fera élire 54 députés au Québec.
Aujourd’hui, il préside le caucus de son parti. Et jusqu’à maintenant, il aura remporté cinq élections consécutives dans son comté, chaque fois avec des majorités qui témoignent d’un appui populaire qui ne s’est jamais démenti. Le secret de cette longivité politique, il l’attribue à son dévouement : « Je suis un gars de terrain. Ce qui m’intéresse, c’est le quotidien des gens, de parler avec eux, de travailler sur les dossiers du comté, » confie-t-il
La place du Québec
Lorsqu’on lui demande, en vingt ans de carrière politique, comment la place du Québec a-t-elle évoluée ? Il répond : « En 1984, on sentait qu’il y avait encore une sensibilité dans le reste du Canada pour les questions touchant le Québec. Mais maintenant, vingt ans après, c’est clair qu’on nous ignore.
Depuis le rapatriement de la constitution, le pouvoir politique a été graduellement transféré du côté du juridique. Aujourd’hui, ce sont les juges de la Cour suprême qui mènent le Canada, avec des normes pancanadiennes. On mine le pouvoir des provinces et à Ottawa, on a tendance à «provincialiser» le Québec. C’est le drame qui le fait mourir à petit feu, c’est ce qui le conduira à la folklorisation.
Quant à l’avenir du Québec, il y a quelques années, j’étais encore inquiet. Mais aujourd’hui, heureusement, je remarque qu’il y a de plus en plus de conscientisation dans la population. On s’en va vers la pleine souveraineté, ça ne fait pas de doute. »







