La vigie s’explique


Denis Proulx, François Gadoury,
Claire Paul, André Plante et Serge Perron

10 Mai 2005 - C’est le lundi 2 mai dernier que le comité exécutif de l’Association de vigie municipale Sorel-Tracy a rencontré le représentant de L’Annonceur dans le but d’exposer leurs positions concernant deux des trois signatures de registres tenues la semaine dernière, soit celles concernant les règlements d’emprunt nécessitant un emprunt de 170 000 $ pour permettre la première phase d’installation de clôtures métalliques, de travaux d’émondage, de signalisation et de voirie le long de l’emprise de la voie ferrée du Canadian National (CN) entre les rues Joliette et Jean-Talon et les travaux de rénovation et de mise à niveau des installations commerciales du marché Richelieu, nécessitant un emprunt de 446 250 $. Dans les deux cas, le nombre de signatures a été insuffisant pour forcer la tenue d’un référendum ou de faire avorter les projets.

La vigie, qui affirme représenter entre 200 et 300 membres, maintien sa position concernant la revitalisation du marché public au centre-ville. La présidente, Claire Paul, soutient même que la date de l’ouverture officielle est de l’opportunisme politique : « On pense que l’ouverture prévue pour le 1er octobre, à la veille des élections, n’est pas le fruit du hasard », a-t-elle déclaré.

D’autres alternatives ?

Questionnés sur le sujet, les membres de l’exécutif n’ont pas d’autres alternatives à présenter quant à la revitalisation du Marché Richelieu, mais ils soutiennent que cet investissement ne devrait pas être une priorité : « Est-ce qu’on a vraiment les moyens ? Est-ce vraiment une priorité ? Et est-ce vraiment utile ? On croit qu’on n’est pas prêt financièrement, surtout avec les coûts qui ont été présentés », a défendu Denis Proulx, directeur. Le trésorier, André Plante, craint également que les produits offerts soient trop dispendieux : « Il y aura des produits spécialisés, mais je connais la clientèle du centre-ville et plusieurs n’ont même pas les moyens de se payer ces produits. Ils n’ont pas tenu compte des citoyens moins bien nantis », a-t-il expliqué.
Bien que les membres de la vigie soient d’accord sur le besoin de refaire une beauté au marché, ils croient que des investisseurs privés devraient assumer ce rôle : « De prétendre que le marché va relancer la ville, c’est rire du monde ! Cela va chasser les personnes démunies du centre-ville. Cet argent est public et servira à des intérêts privés. Si le privé désire des projets, qu’il paye ! Les terrasses du centre-ville ont été construites aux frais des citoyens! », ont ajouté Mme Paul et M. Plante. Concernant la clôture le long de l’emprise de la voie ferrée, le coût total de près de 350 000 $ ne fait pas l’affaire de la vigie qui soutient que le CN aurait dû assumer ces coûts et non pas les contribuables.

« Suite au référendum sur la revitalisation du centre-ville, le maire de Sorel-Tracy nous avait dit que s’il n’avait pas de subventions du fédéral ou du provincial, il abandonnerait le projet du marché », a fait savoir François Gaboury, directeur. Rappelons cependant que la ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, a confirmé l'engagement financier du gouvernement provincial dans le projet, mais aucun chiffre n’a encore été dévoilé.

Une association mal perçue ?

« Nous sommes des adversaires politiques, oui, mais pas des ennemis ! On n’est pas des démagogues ou des empêcheurs de tourner en rond », a déclaré M. Gadoury. La vigie a par ailleurs souligné qu’elle ne conteste pas tous les dossiers municipaux, comme certains le laisseraient entendre. « Nous n’avons pas contesté le projet de reconstruction de la piscine municipale, du parc Maisouna ou l’achat du terrain du ministère du Transport. On essaie toujours de nous abaisser ou de nous ridiculiser publiquement », a ajouté André Plante. Rappelons que la vigie s’est vivement opposée au projet de revitalisation du centre-ville et M. Gaboury a qualifié cette démarche comme étant « farfelue ». Les membres du comité ont également laissé entendre que les médias locaux ne les traitent pas toujours équitablement : « Ils ne présentent pas assez notre point de vue, même que certaines de nos lettres ouvertes n’ont jamais été publiées », a conclu Claire Paul.

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