Depuis le début, on sait que le projet du Marché Richelieu obtient l’appui des gens –Denis Marion


Denis Marion

11 Mai 2005 - Denis Marion est le conseiller habilité à représenter la Corporation du Marché Richelieu du Vieux-Sorel, fondée afin de revitaliser l’édifice qui a été construit en 1929. Également conseiller municipal pour la municipalité de Massueville, M. Marion a débuté sa carrière d’organisateur en 1990 alors pour le Mouvement national des Québécoise et Québécois (MNQ), jusqu’en 1996. Par la suite, il a été chef de cabinet de Sylvain Simard, ministre à l’époque, et il a travaillé aux côtés de Gilles Ducceppe, chef du Bloc québécois jusqu’en 2003. S’il a décidé de s’installer dans la région de façon permanente, selon ses dires, c’est qu’il sentait un souffle de relance dans la région.

Depuis 2004, il agit comme consultant pour le projet de relance du Marché Richelieu. La Corporation et la Ville de Sorel-Tracy ont annoncé le 13 avril dernier que les travaux de rénovation, au coût de 925 000 $, visant la revitalisation commerciale du Marché débuteront en mai prochain en vue d’ouvrir le nouveau Marché pour le 1er octobre. Tantôt acclamé, tantôt contesté, ce projet a fait l’objet d’une signature de registre le jeudi 28 avril dernier, mais le nombre de signatures a été insuffisant (356 signatures) pour obliger la tenue d’un référendum. C’est dans ce contexte que le représentant de L’annonceur s’est entretenu avec M. Marion, visiblement soulagé, concernant le projet ambitieux du Marché Richelieu.

(JO) Première, quel est constat de départ qui a amené la création de la Corporation et l’idée de rénover l’intérieur du Marché Richelieu ?

(DM) L’édifice actuel est sous-exploité dans le centre-ville. L’édifice a été construit en 1929, mais il s’agit d’un lieu d’affaires (marché public) depuis 1813. C’est donc un édifice pour lequel les gens ont beaucoup d’affections. La SADC, le CLD, la Ville de Sorel-Tracy et les marchands se sont mis à travailler ensemble pour agir.

Jeudi dernier, les opposants au projet ont appelé les citoyens à signer le registre pour empêcher un règlement d’emprunt de 446 250 $ de la Ville pour ce projet. Le nombre de signatures a cependant été insuffisant, comment interprétez-vous ce verdict ?
Depuis le début, on sait que le projet du Marché Richelieu obtient l’appui des gens. On n’est pas si surpris de voir qu’il y a peu de gens qui ont tenté de bloquer le règlement d’emprunt. Selon moi, une des raisons du succès de ce projet, c’est qu’il est devenu un projet collectif. Il aura par ailleurs des retombés à deux niveaux, soit au niveau du développement du centre-ville et au niveau commercial.

Sachant que plusieurs commerçants, à l’heure actuelle, ne réussissent pas à ouvrir leurs portes tous les jours de la semaine, par manque d’achalandage, croyez-vous que le bassin de clientèle soit suffisant pour réussir à rentabiliser le Marché, même s’il est refait à neuf ?

On doit être en mesure de créer un achalandage en offrant des produits spécialisés et un environnement attrayant. Selon nos chiffres, on dépense 91 millions de dollars en alimentation dans la région et 6 millions de dollars sont destinés à l’alimentation spécialisée. On vise alors récupérer 3,6 millions $ de ce montant. Il y a une part de risque, mais on croit y arriver ! Il faut également dire qu’on risque de créer d’autres retombées sur le centre-ville. De façon générale, lorsqu’il se dépense un dollar dans un marché public, deux dollars se dépensent autour (restaurant, bars, cafés, boutiques, etc.). On cible la clientèle située à proximité du marché, les résidants de Sorel-Tracy, de la MRC du Bas-Richelieu et on espère également attirer les gens de Contrecoeur et Berthier. Ce bassin représente 60 000 personnes.

En général, l’idée de revitaliser les centres-villes dans l’esprit de conserver le cachet historique ; est-ce une mode ou il existe vraiment un potentiel d’attraction en utilisant cette formule ?

Actuellement, c’est une tendance répandue en Amérique du Nord. Dans les villes de taille moyenne, il y a une recherche de convivialité en recréant un contact humain. La conclusion de cette recherche s’est avérée être la revitalisation des centres-villes, des lieux où se retrouvent naturellement les gens qui habitent dans une ville.

Est-ce que Sorel-Tracy est en retard par rapport aux autres villes québécoises en matière de revalorisation de leur centre-ville ?

Le fait que nous soyons où nous sommes présentement fait en sorte que nous bénéficions de l’expérience des autres. Avant nous, les villes de Saint-Hyacinthe, Drummondville, Trois-Rivières, Joliette, Sherbrooke et plusieurs autres ont emboîté le pas. Quant à nous, on sait, en ayant vu d’autres projets de revitalisation de marchés publics, ce qu’il faut faire ou ne pas faire. On ne refait cependant pas le centre-ville de Drummondville, car on a choisi l’édifice que les gens aiment le plus et qui a une signification particulière pour eux. On a pris ce qu’on avait pour lui donner le maximum d’impact.

Étant donné que vous avez observé l’évolution des autres projets de marché public, qu’est-ce qu’il faut faire et ne pas faire pour qu’un projet comme celui-ci fonctionne?
Ne pas avoir de diversité est une erreur puisque la clé est de proposer plusieurs portes d’entrée en offrant, par exemple, des gâteaux, du pain, du poisson, etc. De cette façon, chaque personne qui viendra au marché aura une raison particulière de le faire. Une chose à faire, c’est d’offrir un service personnalisé, accueillant et convivial. Je crois que les marchands qui ouvriront ici croient déjà en leurs produits et ils en connaîtront toutes les facettes.

Vous avez déjà décidé d’ouvrir le nouveau marché le 1er octobre prochain. Pourquoi?
Parce que la période suivant le Temps des fêtes est toujours plus tranquille en alimentation. On veut alors que les marchands profitent de l’achalandage de la période précédant Noël.

Parlant de l’hiver, prévoyez-vous que malgré la revitalisation du centre-ville, la période hivernale n’est pas des plus mouvementée ?

C’est certain que l’hiver ralentit l’activité dans les centres-villes, et ce, partout au Québec. Ce sera à nous d’être créatifs en offrant des activités et des promotions. Ce sera le travail de la Corporation ainsi que des marchands. On ne promet rien à personne, car on sait qu’on devra travailler fort.

Les attentes sont élevées pour ce projet, sentez-vous une pression supplémentaire ?
La pression existe déjà, mais on sent que les gens sont derrières nous. Ça aide à vivre cette pression !


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