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Mort du pape Jean Paul II
Plusieurs réactions de Nicolet à Sorel-Tracy

Jean Paul II
9 Avril 2005 - La mort du pape Jean Paul II a continué de susciter de nombreux témoignages, commentaires et réactions dans la région depuis l’annonce de son décès, le samedi 2 avril dernier. Qu’ils soient croyants ou non, plusieurs intervenants et citoyens désiraient exprimer leurs commentaires sur Karol Wojtyla, l’homme qui accepta le poste de pape, en octobre 1978.
Diocèse de Nicolet : hommage à l’homme d’action
Dans une lettre pastorale adressée à la communauté diocésaine, par le biais des communautés chrétiennes, Mgr St-Gelais a fait connaître, par voie de communiqué, quelques traits marquants du pontificat de Jean-Paul II : « Non seulement Jean-Paul II était-il un homme d’action, qui a fait preuve de générosité et de détermination durant son long pontificat, mais il était aussi un homme de prière. Avant certaines célébrations vécues avec d’autres confrères évêques, je l’ai vu prier avec une ferveur remarquable », se souvient celui qui occupe aussi la fonction de président de l’Assemblée des évêques du Québec. Selon lui, le pape avait comme force de « savoir faire preuve d’une écoute attentive devant les gens qu’il rencontrait et renvoyait ainsi l’image d’une Église sensible et présente à la réalité des personnes».
Un regard frappant, selon Clément Dubois
Outre les représentants d’institutions catholiques régionales, plusieurs personnes ont déjà rencontré le souverain pontife. Parmi ces gens, on compte le maire de Nicolet, Clément Dubois, qui eut l’occasion de serrer la main du pape, en 1990, alors qu’il participait à une délégation régionale au Vatican lors de la canonisation de mère Marguerite d’Youville. « Lors de cette cérémonie regroupant plus d’un millier de personnes, mon épouse et moi avions la chance d’être assis à l’avant et c’est ainsi que j’ai serré la main de Jean Paul II. Ce qui m’avait frappé à l’époque, c’est que cette personne avait un regard un très spécial ! », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.
Un pape près des jeunes ?
Plusieurs observateurs ont également reconnu que le pape était très près des jeunes. Bianca Bourdeau, psychoéducatrice âgée de 26 ans et également étudiante en Théologie à l’Université Laval, à Québec, a participé aux Journées mondiales de la Jeunesse de Paris, en 1997, de Rome, en 2000, et de Toronto, en 2002. « Pour avoir entendu et lu les écrits de Jean Paul II, je peux affirmer qu’il a livré un message profondément humain. Le texte, écrit de sa main, qui m’a le plus marqué a été « La splendeur de la vérité » dans lequel il parle d’une morale du bonheur », a déclaré Bianca au représentant de L’annonceur.
Deux changements majeurs dans l’Église
D’un point de vue théologique, la jeune étudiante considère que l’Église aura connu deux changements majeurs avec Karol Wojtyla comme pape : « Le dialogue interreligieux qu’il a suscité a fait en sorte qu’une porte s’est ouverte. Par ailleurs, mes lectures, à l’heure actuelle, me permettent de croire que la théologie de demain sera orientée ver ce dialogue. En second lieu, son héritage sur la nature de l’être humain est également notable chez lui », a jouté Bianca Bourdeau.
Des écrits radicaux
Bien qu’elle ne partage pas les positions radicales –qu’elle qualifie plus d’idéaux- de Jean Paul II sur plusieurs questions comme l’avortement, la contraception ou le mariage gai, la jeune croyante a souligné sa première présence à Paris en 1997 a été un point tournant dans sa vie. « J’ai refusé à trois reprises d’aller à Paris parce que je ne voulais pas participer à ce pèlerinage. Une fois sur place, j’ai alors rencontré des jeunes de mon âge qui vivaient une certaine forme d’oppression religieuse dans leur pays. C’est à ce moment, surtout lorsque j’ai rencontré un Palestinien catholique, que je suis devenue croyante. Depuis Paris, quelque chose de plus profond en moi s’est installé ! » a expliqué Mme Bourdeau.
Un sujet de conversation dans les municipalités
De Nicolet à Sorel-Tracy, les citoyens, croyant ou non, ont également discuté amplement sur cet événement très médiatisé à l’échelle planétaire. Les représentants de L’annonceur ont recueilli les propos de quelques-uns d’entre eux.
Josée Roy
Sur le parvis de la Cathédrale de Nicolet, au lendemain de l'annonce de la mort du pape Jean-Paul II, Josée Roy a témoigné des efforts de rapprochement œcuménique par le Saint-Père : «Ce qui m'a marqué, c’est sa volonté de faire régner une plus grande unité avec les autres religions.»
Elle a aussi évoqué son rôle sur le plan de la paix mondiale : «Il n'est pas le seul responsable de la chute du communisme, mais son implication a eu un effet important.»
Elle retient de Jean-Paul II son charisme et sa force de caractère : «Il a marqué les esprits avec sa fameuse phrase : "N'ayez pas peur" et ses gestes ont suivi ses paroles.»
Lucille Lemaire et André Fleurent
Lucille Lemaire et André Fleurent faisaient eux aussi partie de la foule nombreuse qui emplissait l'enceinte de la Cathédrale de Nicolet, dimanche dernier. Après la cérémonie religieuse, monsieur Fleurent a partagé ses réflexions : «Ce que je retiens de Jean-Paul II, c'est son attachement aux gens et aux causes qu'il a défendu. C'était aussi un pape qui a démontré une grande ouverture sur le monde entier, et toujours avec un grand respect.»
Madame Lucille Lemaire a indiqué que même s'il paraît difficile de remplacer Jean-Paul II, les cardinaux appelés a lui choisir un successeur sauront sûrement trouver un pape aux grandes qualités.
Claude Houde
En ce dimanche pluvieux, alors qu’il vaquait à ses occupations, au centre-ville de Nicolet, Claude Houde a bien voulu nous livrer ses impressions suite à la disparition de Jean-Paul II : «Certainement l’un des papes les plus charismatiques de l’Histroire. L’un des plus aimés et apprécié, aussi,» a dit monsieur Houde.
«C’est aussi l’un des papes qui a accompli le plus de choses, à mon avis, a-t-il poursuivi. On retiendra de lui son engagement envers les jeunes qu’il a poursuivi tout au long de son pontificat.»
Enfin, monsieur Houde conclut : «Avec le décès de Jean-Paul II, nous perdons un homme d’une grande qualité.»
Mireille Dupont
«Ce dimanche, je suis venue à la Cathédrale de Nicolet tout spécialement pour lui,» confie Mireille Dupont. «Je tenais à prier pour lui, à lui rendre un dernier hommage.»
Elle ne cache pas qu’elle ressent de la peine suite au décès de Jean-Paul II : «Ces derniers jours, sa condition m’attristait. Sa maladie, sa souffrance me touchaient. Je n’aimais pas le voir ainsi, comme on nous le montrait à la télé, lui qui avait si fière allure.»
Elle termine en disant : «Ce n’est pas l’image de l’homme malade et diminué que j’aimerais qu’on garde de lui, mais plutôt celle d’un pape plein de vie qui savait toucher le coeur des gens de tout son être.»
Thérèse Tremblay, Sorel-Tracy
« On a perdu un bon père qui nous parlait souvent de la Sainte-Vierge. J’ai aussi aimé l’attrait qu’il avait pour les jeunes», nous a-t-elle mentionné concernant ce qu’elle a le plus apprécié de l’homme de foi.
Concernant les derniers jours du pape : « Il était difficile de le voir souffrir de la maladie. Aussi bien quitter ce monde que de souffrir ainsi », a conclu Mme Tremblay.
Quant à son époux, Fernand Tremblay, il a déploré que les multiples interventions médicales pour maintenir le souverain pontife en vie dans les derniers moments de sa vie : « Ils n’auraient pas dû le réanimer vers la fin alors qu’il n’avait plus rien à faire. Il méritait de partir en paix et je n’étais pas pour ça. Il aura été un pape marquant puisqu’il a occupé ce poste pendant près de 26 ans. » a mentionné M. Tremblay.
Ruth Potvin, Sorel-Tracy
« Ce n’est pas que j’ai de la peine, mais je trouve qu’il a été un bon pape. J’aimerais que le prochain pape soit aussi rassembleur que l’a été Jean Paul II, mais je doute qu’il soit capable de trouver un pape comme lui. », a mentionné Mme Potvin concernant le souvenir qu’elle retiendra de l’homme.
Elle dira également de lui qu’il était un homme chaleureux : « J’aurais aimé le toucher ! » Elle a cependant déploré l’envergure des messes lui étant destinées, soutenant qu’il aurait préféré que les pèlerins prient pour les personnes dans le besoin : « Il n’a pas besoin d’autant de messes, car c’est un Saint ! ».
Lucie Marcotte, Sorel-Tracy
Cette jeune femme s’est dite touchée par sa mort et qu’elle voyait en Jean Paul II un homme réconfortant et attrayant : « Je retiens qu’il fut un homme charismatique. Quant à moi, je le percevais comme un bon grand-père, c’est-à-dire un homme réconfortant qu’on avait envie de voir, de toucher », a-t-elle déclaré.
Le fait que cet homme de foi « apportait le bien autour de lui » est ce qui le rendit aussi unique et apprécié à travers le Monde, selon elle.
Jean Wilson, Sorel-Tracy
Pour lui, le pape est une représentation d’un sage qui a fait le bien dans le monde dans une époque où l’humanité en avait grand besoin. « C’est un être spirituel qui a réussi à calmer les humains dans des temps de guerres. Ces sages, on en aura de plus en plus besoin dans notre société », a mentionné M. Wilson.
Son accessibilité à la jeunesse ainsi que ses tentatives de rapprocher les différents peuples et religions auront également été des actes qu’il aura retenus de Jean Paul II.
Paule Éthier, Sorel-Tracy
« J’ai été l’une des personnes qui ont été à son rendez-vous en 1984, à Montréal. J’ai attendu près de trois heures avec une amie pour réussir à le voir passer devant nous », a mentionné M. Éthier.
Après avoir vécu cette expérience, elle peut affirmer que le pape « n’était pas un être ordinaire ». Elle a cependant déploré le battage médiatique autour de sa mort : « Il y a beaucoup de publicités ces derniers jours qui tournent autour de sa mort. Je trouve cela un peu exagéré. » a-t-elle conclu.







