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Un laisser-aller qui inquiète dans les ports
Chute de conteneurs, collisions, jambe sectionnée, main écrasée, etc.

17 Novembre 2009 - Par Sébastien Lacroix - Le 15 octobre, dans les ports de Bécancour, Sorel-Tracy, Trois-Rivières, Québec et Montréal, des débardeurs ont porté un chandail noir, couleur du deuil, afin de symboliser la menace qui plane chaque jour au-dessus de leur vie et de leur santé.
Depuis les trois dernières années, les débardeurs constatent un accroissement des accidents de travail et un laisser-aller inquiétant de la part de la partie patronale lorsqu’il est question de santé et de sécurité.
Le Syndicat Canadien de la Fonction Publique (SCFP), qui est à l’origine de cette Journée d’action pour la santé et la sécurité dans les ports, rapporte plusieurs exemples troublants.
En décembre 2007, selon ce que rapporte le SCFP, un jeune travailleur a eu la jambe sectionnée par un câble au port de Bécancour. Une enquête policière a été menée et des accusations criminelles pourraient être déposées.
À Trois-Rivières, depuis 2007, des travailleurs ont subi des entorses, blessures au cou ou au dos, des hernies, des lacérations, des contusions, et certains se sont retrouvés avec la main ou les doigts écrasés.
À Sorel, même types d’accidents et d’autres encore, dont des doigts sectionnés, des blessures au crâne ou à la jambe, causées par une collision avec un chariot élévateur, ou pire, par une chute de matériel.
Une tragédie a failli se produire à Montréal lorsqu’un débardeur s’est retrouvé suspendu à un conteneur à plus de 60 pieds dans les airs. Heureusement, il s’en est sorti indemne.
Toujours à Montréal, plusieurs fois par année, des conteneurs de cinq tonnes (11 000lbs) tombent d’une hauteur de plus de 25 pieds en raison de bourrasques de vent. Selon le syndicat, l'employeur n’a toujours pas pris de précaution à cet égard car ça n’a pas encore fait de victime.
À Québec, les syndiqués se plaignent de devoir travailler en présence de matières dangereuses ou cancérigènes sans que toutes les précautions soient prises, dont le nettoyage trop rare des filtres des masques à gaz, l’absence de sas ou de douches conformes et la présence dans l’environnement de matières toxiques volatiles.
«On ne devrait pas perdre sa vie à la gagner, lance Michel Bibeault, directeur-adjoint du SFCP au Québec. Aujourd'hui, on sonne l'alarme. La situation se dégrade et on ne sent, dans la plupart des ports, aucune volonté de redresser la barre pour offrir aux débardeurs des conditions de travail sécuritaires».




