LE BUDGET JÉRÔME-FORGET : LE BUDGET DU GRAND PELLETAGE!


François Legault et Sylvain Simard

14 Mars 2008 - « Les Québécois ont pelleté beaucoup cette année, mais personne n’aura pelleté autant que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget! Le pelletage libéral se traduit par un pelletage de la dette à Hydro-Québec et aux réseaux. Ce budget contient un record de mesures annoncées sur cinq, voire même 10 ans, mais qui n’auront aucun effet concret pour l’année qui vient. Pire, ce budget consacre le retour à un déficit technique de 1,3 G$, selon les principes comptables généralement reconnus ». C’est ce qu’a déclaré le député de Rousseau et porte-parole du Parti Québécois en matière de développement économique et de finances, François Legault.

Déplacer la dette ne l’élimine pas

M. Legault observe que le gouvernement a choisi de déplacer une partie de la dette totale, qui se chiffre à 4 G$, vers Hydro-Québec, une façon déguisée de dire que la dette diminue. « Cela confirme une chose : le gouvernement Charest prend Hydro-Québec pour un tiroir-caisse. En agissant de la sorte, le gouvernement peut bien se targuer de dire qu’il ne hausse pas les taxes et les impôts, mais il confirme aussi qu’il viendra piger dans l’autre poche des Québécois en haussant les tarifs, sans plan d’ensemble », a déclaré le député de Rousseau, qui s’inquiète aussi du fait que le comité sur les tarifs n’ait pas complété ses travaux et dont les résultats étaient pourtant attendus depuis janvier dernier.

Une fiscalité aux entreprises déficiente

Le Parti Québécois, bien qu’il salue le geste pour l’abolition immédiate de la taxe sur le capital pour les entreprises manufacturières, souligne que l’ensemble de la fiscalité des entreprises aurait dû être révisée. « Pour les entreprises du Québec, alors qu’elles font face à un problème de 6 G$, l’aide additionnelle du gouvernement Charest dans le présent budget se chiffre à 104 M$ seulement », note François Legault. Il remarque aussi qu’il n’y a rien de spécifique pour le secteur forestier et les travailleurs qui, selon tous les observateurs, connaîtront une année très difficile. Selon ce qui est annoncé, de toute évidence, ils devront abandonner la forêt et se recycler.

En ce qui concerne l’aide consentie aux régions-ressources, le Parti Québécois remarque qu’après la période de transition prévue, les régions de la Mauricie, du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi-Témiscamingue seront perdantes.

Des dépenses de programmes douteuses

Par ailleurs, le député de Richelieu et porte-parole en matière de conseil du trésor, Sylvain Simard, s’étonne que la suite apportée au rapport Pronovost sur l’agriculture se traduit par une baisse de 15 M$ des dépenses de programmes au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. « C’est assez ironique. Pour payer le coût de cette consultation pendant près de deux ans, le gouvernement Charest va sabrer dans le budget du MAPAQ! », a fait savoir M. Simard. La baisse du budget du ministère des Ressources naturelles inquiète particulièrement le Parti Québécois, alors que le Québec traverse sa pire crise forestière.

Les coûts de système non comblés en santé

Au chapitre des dépenses consenties à la santé et aux services sociaux, Sylvain Simard doute que le gouvernement pourra combler les coûts de système, y incluant le financement nécessaire pour respecter les ententes récentes avec les médecins, tout en ajoutant des fonds pour les services, particulièrement les 80 M$ à l’égard des soins à domicile.

Concernant les sommes consacrées à l’éducation, le député de Richelieu note que le gouvernement prétend investir 1,2 G$ pour le postsecondaire alors que la réalité, c’est 40 M$ qui s’ajoutent aux 187 M$ provenant des transferts fédéraux. « La ministre Jérôme-Forget a admis avoir demandé 800 M$ au fédéral, elle n’a obtenu que le quart. Les besoins sont pourtant toujours criants », a soutenu M. Simard, dénonçant l’incapacité du gouvernement Charest à obtenir le niveau de transfert réclamé au fédéral pour l’éducation postsecondaire.

De son côté, François Legault calcule aussi que les mesures additionnelles pour le soutien aux familles se chiffrent à 39 M$ de plus cette année, 11 M$ pour développer de nouvelles places à 7$, 8 M$ pour divers crédits d’impôt et 20 M$ pour sa contribution à la Fondation Chagnon. « Compte tenu des besoins et du baby-boom observé et dont le gouvernement Charest se targue, il me semble assez évident que c’est insuffisant », a indiqué M. Legault.

Promotion de la langue française : l’ambition libérale bien mince

Par ailleurs, alors que le gouvernement libéral dit vouloir renforcer et promouvoir la langue française, Sylvain Simard note que l’Office québécois de la langue française ne pourra pas assumer correctement le mandat qu’il a, alors qu’il croule sous la pression et manque d’inspecteurs. « L’OQLF pourra bénéficier d’une hausse d’à peine 20 000 $! C’est probablement suffisant pour financer l’ambition libérale de promouvoir la langue française », a ironisé M. Simard.

« Ça fait des années que nous demandons au gouvernement Charest de prévoir et de doter le Québec d’un plan économique intelligent et structuré. Or, les décisions antérieures du gouvernement Charest ont placé le Québec dans une situation tellement précaire qui fait en sorte qu’aujourd’hui, l’État du Québec est paralysé au pire moment », a conclu François Legault.





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SOURCE : Sylvain Rochon

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