![]() |
Patrice Austin, le professeur entrepreneur innovateur
6 Mai 2008 - Louise Grégoire-Racicot - En remettant à Patrice Austin le Prix Athéna 2008, le Cégep de Sorel-Tracy a salué en lui l’enseignant et homme d’affaires.
Ancien élève du collège où il gradua en génie mécanique, il y travaille depuis maintenant 20 ans, initiant ses étudiants à la recherche appliquée.
Ainsi a-t-il concrétisé des résultats de recherche en entreprise faisant aussi partie de l’équipe des chercheurs et gens d’affaires qui ont mis en place la technologie révolutionnaire de l’éolienne verticale et qui ont démarré la firme Turbines éoliennes Vertica qui a sa place d’affaires au centre-ville de Sorel-Tracy.
Tout s’est enchainé, remarque-t-il. Après ses études, il a d’abord travaillé au Centre de recherche industrielle du Québec comme technicien avant d’enseigner au collège de Sorel-Tracy. Puis, parallèlement, il fonda une PME où effectuer des recherches pour lui et d’autres. «Le travail d’enseignant a des plages horaires qui permettent d’avoir par moments des allègements de tâche où on peut se consacrer à la recherche. Entreprendre et enseigner ne sont pas si différents. Surtout quand on entreprend dans le monde de l’innovation. Un secteur où il faut enseigner l’importance des produits innovés», explique-t-il.
Bien sûr, si l’on devient entrepreneur c’est par intérêt pécuniaire, commente-t-il. «Mais il y a aussi toute cette partie de création. On est à bâtir quelque chose. L’entreprise est en quelque sorte le bébé qu’on veut accompagner, éduquer, faire grandir. Et exactement comme être parent – je le sais j’ai trois enfants - il arrive que l’on passe des nuits sans sommeil à cause d’elle. On y pense tout le temps, on s’inquiète de sa santé. On veut qu’elle grandisse et prenne sa place. Mais je ne suis pas le seul enseignant à être aussi entrepreneur!»
Voila que dans cette entreprise –Vertica est sa deuxième – il l’a
fait en équipe. «C’est intéressant parce qu’on peut compter sur des forces complémentaires de l’autre et on partage le risque. Et on se complète bien. Quand je deviens plus fougueux ou inquiet, mon partenaire - qui en a vu bien d’autres - me calme.»
En plus, Patrice Austin a une relation privilégiée avec un mentor qu’il a connu lors de la fondation de sa première entreprise dans la MRC de Lajemmeraie. Quelqu’un avec qui il est resté en contact. «Un mentor c’est une personne à qui on peut tout dire, avec qui échanger avec confiance sur l’ensemble de la situation. Il sait écouter, poser les bonnes questions pour qu’on voit ensuite clair dans les décisions à prendre et les attitudes à adopter!»
Travailler en innovation pose un défi de plus, rappelle-t-il : celui de convaincre que le nouveau produit mis en marché sera le meilleur, le plus adapté aux besoins du client. «Ce n’est pas tout d’avoir une bonne idée. Encore faut-il la justifier si bien que tu trouves l’argent pour la produire et la mettre en marché. Mais l’innovation est mon champ d’action. J’ai grandi dans le monde du génie mécanique où mon père enseignait et où on sait que tout se fait avec des poches profondes. Il travaillait aussi de ses mains. Je l’ai toujours vu monter et démonter les choses. Et veux, veux pas, j’étais toujours porté à chercher comment le faire plus facilement!»
Dans le monde actuel, «où d’autres pays ont des bras à profusion, il faut savoir avancer dans l’économie du savoir où on peut créer des emplois à valeur ajoutée. Nous, on tente de tout faire faire ici, certaines choses plus simples comme les plus complexes. On a un produit connu depuis 40 ans, l’éolienne, mais on développe d’autres façons de la concevoir pour régler chacun des problèmes que son utilisation actuelle pose. Et on doit trouver comment le faire à des coûts compétitifs.»
Pour le moment, elle n’est pas encore commercialisée, dit-il mais certaines sont déjà vendues. «On n’a pas fait de publicité offensive mais des acheteurs nous ont trouvé. L’International s’intéresse à nous. Mais il faut savoir livrer ce qu’on promet. Ici, on considère qu’un projet pilote nécessite une éolienne. En Europe, ils en demandent 30. Il faut finalement toujours considérer notre capacité de pouvoir livrer la marchandise à temps avant de s’engager.»
Une question de temps, croit-il. Déjà on peut voit une éolienne Vertica sur la toiture du cégep et une autre à la Biosphère




