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Des cultures innovantes, les atouts de Luc Tellier
6 Mai 2008 - Louise Grégoire-Racicot - Jeune entrepreneur en affaires depuis moins de trois ans à recevoir le Prix Joseph Simard en entrepreneuriat, Luc Tellier a donné à son entreprise le nom de «Les jardins Picoudi».
Picoudi du nom du rang où ils l’a installée, sur la terre familiale où il a grandi.
À 25 ans, il habite fièrement la maison de son grand-père, voisine de la terre de son père dont il a loué une partie pour se lancer dans la culture spécialisée de fines herbes et de légumes asiatiques.
Située à Saint-Robert, l’entreprise se consacre, pour le moment, à une production en plein champ de persil canadien et italien, d’aneth et de fenouil, complétée par le bok choy, le choux-raves et la laitue chinoise. Des produits qu’il vend à des restaurateurs et traiteurs ainsi qu’aux marchés publics Atwater et Jean-Talon de Montréal depuis un an.
Luc Tellier a de grandes ambitions. Il veut devenir un chef de file dans la production maraîchère de spécialité.
«Mon projet est innovateur tant par les produits qu’il offre et qui va dans le sens des nouvelles tendances alimentaires, que dans la façon dont j’en fais la mise en marché. Ce n’est pas nécessairement le modèle actuellement prôné en agriculture par la majorité. Mais heureusement, j’ai pu bénéficier de l’appui du CLD et de la SADC. J’ai reçu du soutien de leur part et j’ai été aidé par Alain Beaudin qui, lui aussi, s’est lancé, il y a quelques années, dans les cultures nouvelles. Il m’a soutenu techniquement parlant mais aussi dans la mise en marché de mes produits. Il est pour moi un exemple de ténacité et d’organisation.»
Sa famille l’a aussi accompagné dans ce projet, elle qui voit en lui la relève. Mais dans une approche autre que celle qu’elle avait privilégiée : «Mon grand-père avait des vaches à lait. Mon père a eu des vaches à bœuf et il a loué ses terres pour la culture. Quand j’ai voulu réaliser mon projet, il a accepté de me louer une partie de ses terres et il travaille aussi avec moi dans l’entreprise. Ainsi je peux être de cette troisième génération de la famille à poursuivre en agriculture, à ma manière.»
Car cela allait de soi qu’il demeure dans ce secteur d’activité, dit-il. Rien d’autre ne l’attirait. Aussi, après des études à l’Institut de technologie agricole a-t-il travaillé à réaliser son rêve d’entreprendre. «Voilà un travail qui demande beaucoup physiquement – je cultive actuellement huit arpents de terre et je veux développer aussi des cultures intérieures de façon à fournir mes clients à l’année longue, en faisant des pousses pour les secteurs de la restauration et des traiteurs. Et mes produits les intéressent d’autant que je leur livre frais coupés du matin. Les Québécois sont de plus en plus ouverts à goûter et apprêter ces produits que sont le bok choy, le chou rave, la bette à carde.»
Et sans qu’il soit étiqueté «bio», il est fort sensible au développement durable. «Je ne pratique pas une agriculture chimique mais utilise au besoin ces outils pour protéger mes cultures. Mon agriculture est raisonnée. Et toujours mes bacs sont réutilisables et recyclables, car je suis conscient depuis que je suis tout jeune, de la nécessité de protéger l’environnement.»




