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Le besoin de chanter de Dorothée Berryman
1 Octobre 2001 - La Voix - Au départ, il y a toujours eu ce besoin de chanter. En 1998, il fallait que je chante, et c'est venu simplement. Je l'ai dit à des gens, et j'ai reçu une invitation du «Sofa», à Montréal, pour m'y produire quatre fois. J'y suis finalement restée 14 semaines.
La comédienne et chanteuse de jazz Dorothée Berryman nous rendra visite vendredi prochain 5 octobre à l'occasion d'un spectacle qu'elle présentera sur la scène du café-théâtre les Beaux Instants du Centre culturel de Sorel-Tracy.
En entrevue téléphonique, Mme Berryman est aussi chaleureuse et charmante qu'on peut l'imaginer en la voyant à la télévision. Ce besoin de chanter, il est né dans son enfance, nous apprend-elle. J'étais toute petite, et nous écoutions beaucoup de musique à la radio, notamment. Par la suite, je me suis entraînée plusieurs années, pour mon plaisir, et en 1998, j'ai décidé de chanter en public. Je n'ai pas suivi le chemin habituel, avec des démos et un producteur.
Sa première série de spectacles, au Sofa, a donc connu le succès et ce, sans campagne publicitaire. Ça été du bouche à oreille. Quant à moi, j'ai réalisé que c'était très important de chanter.
Dorothée Berryman chante ce qu'elle aime, le jazz, des années 20 à 40 – ou à peu près. Elle admire Shirley Horn et Cole Porter, notamment. Le jazz fut un choix naturel, je n'y ai pas pensé deux secondes. Les chansons que je choisis tournent souvent autour du thème de l'amour, que j'interprète à ma façon.
Ceci dit, Mme Berryman croit qu'une interprète comme elle se doit d'être au service d'un auteur. J'interprète des chansons qui ont traversé le temps, avec des textes profonds. En fait, elle aborde un peu la chanson comme elle aborde ses rôles de comédienne. C'est très important d'être au service d'une chanson ou d'un auteur. J'ai d'ailleurs toujours tendance à défendre l'auteur, a-t-elle indiqué, rappelant une anecdote alors qu'elle tenait un rôle dans le film Le Déclin de l'empire américain, de Denis Arcand. Certains de ses collègues avaient des réserves sur certains caractères de la femme dont elle interprétait le rôle. Mais pas elle. J'étais tout à fait d'accord avec l'opinion de Denis Arcand. C'est lui l'auteur.
D'autre part, peu de différence entre son métier de comédienne et celui de chanteuse, estime-t-elle : La scène, c'est la scène. Jouer ou chanter, le trac ne diminue pas. Pourtant, elle admet qu'un spectacle à titre de chanteuse constitue une plus grande responsabilité : Je suis responsable du contenu, de la mise en scène, etc., alors que dans une pièce de théâtre, je ne suis qu'un élément parmi plusieurs autres.
Pour son spectacle, vendredi soir prochain, Dorothée Berryman reprendra des pièces de son premier album qui, soit dit en passant, est actuellement en nomination au Gala de l'Adisq dans la catégorie «album s'étant le plus illustré dans une autre langue que le français«» (les chansons de jazz étant évidemment tirées du répertoire américain), et celle de «la plus belle pochette».
Elle interprétera aussi de nouvelles pièces, ainsi que d'autres qu'elle a déjà chantées dans ses spectacles et qui ne se retrouvent pas sur l'album. Mon spectacle se transforme tout le temps. C'est comme un «work in progress». Il y a aussi des monologues – j'aime parler aux gens – et une part d'improvisation.
Mme Berryman est accompagnée de Sylvain Daigneault au piano et à la direction musicale, Jean-François Martel à la contrebasse et Sylvain Jalbert à la batterie.
Fait intéressant, ça sera à peu près la 1ère fois que la chanteuse de jazz se produit «en province». Outre Montréal, où elle a aussi fait le Festival international de jazz en 1999, elle a présenté son spectacle à plusieurs reprises à Québec, ainsi qu'à Magog et, enfin, à Ottawa. C'est donc un petit privilège que les Productions Azimut nous octroient cet automne.
J'ai très très hâte d'être chez vous ! a fait savoir la chanteuse en concluant l'entrevue.
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