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La révolution Facebook
26 Juillet 2008 - La Voix - Stéphanie Guévremont - Il y a pas si longtemps, un intrus s’est glissé dans ma boite postale virtuelle. Le message en anglais disait : «Frédérique vous a ajouté comme ami sur Facebook. Nous avons besoin que vous confirmiez que vous êtes réellement ami de Frédérique.» Vague souvenir de camp de vacances et de soleil. Intriguée et nostalgique, j’ai cliqué pour rejoindre ce méga réseau social.
Voyeur et exhibitionniste, Facebook fait l'objet d'une certaine controverse concernant le respect de la vie privée de ses utilisateurs. Le logiciel utilise leurs informations personnelles afin d'introduire des publicités adaptées à leurs préférences. «Si le gouvernement demandait 10% des informations que Facebook demande, il y aurait une guerre civile», rigole le spécialiste en stratégie Web, Michael Carpentier.
Toutefois ces procédures plus ou moins douteuses ne semblent pas porter fruits. «Les pubs de Facebook sont 10 fois moins payantes que celles de Google», soutient Carpentier. Pourtant, le géant Microsoft lorgne du côté de Facebook et espère tirer profit de son ’effervescence. Il a déjà 1,6% des parts du réseau. En tirera-t-il des profits? «Pas dans le modèle actuel. Ce n’est pas parce qu’on a un gros auditoire qu’on peut le transformer en client», répond le spécialiste.
Si Facebook permet de retrouver de vieux amis perdus dans la brume, plusieurs doutent de sa réelle utilité. Sans le mentionner ouvertement, Facebook s’adresse aux gens qui ne connaissent pas les rouages du net, croit Michael Carpentier. Il existe d’autres programmes qui font exactement la même chose que Facebook. «Les internautes expérimentés savent que les sites comme Flixter sont meilleurs», poursuit-il.
Sophos, compagnie spécialisée en sécurité et contrôle de réseaux, a mené une étude sur 200 ‘’facebookiens’’, choisis au hasard, en utilisant la photo d’une grenouille en plastique comme membre fictif. « 41 % des utilisateurs ont accepté d'être amis avec la grenouille et se sont exposés au risque de se faire voler leur identité. », déplore l’entreprise.
Une rumeur qui veut que les employeurs observent le profil de leurs futurs salariés sur Facebook, effraie les utilisateurs. Pour Michael Carpentier, ce n’est qu’un feu de paille. «La plupart ne savent pas c’est quoi, Il s’agit d’une affaire qui touche davantage les jeunes », poursuit-il. Selon Sophos, de plus en plus d’employeurs envisagent même d’y bloquer l’accès pendant les heures de travail. Les entreprises sont préoccupées par le fait que leurs employés puissent y publier des informations ou y diffuser des photographies et des vidéos pouvant faire apparaître l'entreprise sous un mauvais jour.
Ancien réseau privé des étudiants de Harvard, Facebook est ouvert au public depuis septembre. Il a vu le nombre de ses membres gonfler de 89% en un an ; quelques 40 millions de terriens dont 8 000 000 canadiens. La belle province, elle, compte plus de 950 000adeptes de Facebook. Pour le spécialiste en rayonnement web, Éric Baillargeon, «ça semble énorme, quand on sait que l'interface de ce site était d'abord uniquement en anglais».
Comme ces chiffres proviennent de la plateforme publicitaire Social Ads de Facebook, il faut éviter de leur accorder trop d’importance. Néanmoins, plusieurs experts prédisent que Facebook «sera le plus grand réseau social dans le monde».
Mais face aux prochaines initiatives de Google annoncées précédemment, Facebook risque de perdre des plumes. Considérant que les gens ont la fâcheuse habitude de se lasser très vite des nouveautés au profit d’une autre, Facebook risque-t-il de rejoindre My space, Second Life et Netlog pour devenir un has been de site de série B ?














