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Un vélo qui donne des ailes aux non-voyants
28 Juin 2008 - La Voix - Stéphanie Guèvremont - Les personnes non-voyantes seront sur les pistes cyclables du Bas-Richelieu cet été grâce à une bicyclette adaptée. Pour ces personnes, ce service offert par l’Institut Nazareth et Louis-Braille de Longueuil en partenariat avec l’Association des handicapés et de la déficience visuelle de Sorel-Tracy est un véritable cadeau du ciel.
Lucie Côté souffre de déficience visuelle depuis l’enfance. À dix ans, elle est une des premières au Québec à porter des verres de contact. Elle grandit puis vieillit avec des verres jusqu’à 48 ans où on lui apprend qu’elle devient aveugle. «Maintenant, ma vue baisse un peu plus tous les jours», explique celle qui a toujours pratiqué le vélo. «Je suis un danger public sur une bicyclette. En 2003, j’ai dû en faire le deuil.»
Depuis, Mme Côté a renoué avec sa passion. «J’aime me promener dans la nature. L’an passé, j’utilisais le vélo tous les deux jours, c’est vraiment plaisant», raconte celle qui s’est donné le mandat de sillonner toutes les pistes cyclables de la ville. «La Ville fait des efforts pour que l’on puisse l’utiliser, mais il y a encore quelques petites adaptations à faire.»
L’engin de 4500$ fabriqué au Québec peut accueillir le bénéficiaire et un accompagnateur. «Les usagers peuvent faire du vélo avec un proche, un ami ou demander la participation d’un bénévole auprès de l’association», explique Gilles Corbeil, organisateur communautaire à l’institut. Ce vélo nouveau genre permet de joindre l’utile à l’agréable en alliant activité sociale et physique. «Le vélo fait sortir les personnes qui souffrent de déficience oculaire de leur isolement», de dire M. Corbeil. «Je peux accompagner ma famille en vélo, je ne suis pas obligée de rester à la maison, explique Lucie Côté. En plus, ça garde mon mari en forme!»
Afin de s’adapter aux besoins de chaque passager, le vélo biplace comprend deux systèmes de transmission. «À Sorel-Tracy, la population est vieillissante, chacun doit pouvoir aller à son rythme pour que cela reste agréable», mentionne le responsable de l’institut. Adapté aux besoins de ses usagers, le vélo comprend aussi une plate-forme arrière destinée au transport d’un chien guide. «Le vélo est vraiment conçu pour une clientèle qui souffre de problèmes oculaires», précise M. Corbeil.
Si vous rencontrez un vélo biplace sur la piste cyclable, pas de panique. «Les pistes cyclables mesurent 10 pieds de large et le vélo 4 pieds de large, nous pouvons partager la piste cyclable», explique le responsable. «Nous respectons le même code routier que les vélos ordinaires», rappelle Lucie Côté. Mais ce sont les automobilistes qui demeurent le plus grand danger. «Certains conducteurs manquent de courtoisie et il faut s’immobiliser précipitamment», poursuit-elle.
Avant l’arrivée de ce vélo, les gens ayant une déficience visuelle pouvaient toujours se rabattre sur le tandem pour effectuer quelques promenades, mais les risques sont davantage présents. «En tandem, il faut avoir entièrement confiance en la personne devant nous qui nous dirige, se rappelle Lucie Côté. Je ne me sentais pas en sécurité.» «Cela demande plus d’équilibre et les échanges verbales sont plus complexes parce que les passagers sont l’un derrière l’autre», note Gilles Corbeil.
Le vélo deux places et un tandem sont disponibles pour location au Centre d’interprétation du patrimoine de Sorel situé au 6, rue St-Pierre. Pour plus d’information, contacter l’Association des personnes handicapées et de la déficience visuelle de Sorel-Tracy au 450 743-6655.














