Front commun pour le statu quo
On craint le pire pour l’avenir du Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre

21 Juin 2008 - La Voix - Joey Olivier - Pas question de changer la gestion du débit des eaux entre le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent si la Commission mixte internationale n’assure pas de minimiser les impacts dans la région du lac Saint-Pierre et sur les berges du fleuve.

Tel est le message unanimement lancé par la centaine d’intervenants et citoyens lors des audiences publiques, mercredi soir, à Sorel-Tracy, devant le groupe de commissaires composés de représentants américains et canadiens qui ont la responsabilité de contrôler le débit du fleuve par le barrage Moses-Sander, entre Cornwall, en Ontario, et Massena, dans l'État de New York.

«Il n’est pas question d’accepter une diminution d’eau de quelque forme que ce soit et vivre ce que nous avons vécu en 2002 lorsque des bateaux refusaient de s’accoster dans le port à cause du manque d’eau», a déclaré le député provincial Sylvain Simard, en compagnie du maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert. Le député a aussi rappelé que six millions de dollars ont été investis pour le dragage du port.

Une décision uniquement en faveur des riverains du lac Ontario pourrait être une «catastrophe» pour les écosystèmes du lac Saint-Pierre, a clamé Normand Gariépy, représentant la Réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre. M. Gariépy a également revendiqué que la commission rende publiques les nombreuses études qui l’ont amenée au nouveau plan de gestion des eaux.

Quant à la MRC du Bas-Richelieu, elle a revendiqué que la gestion de l’eau demeure la même qu’à l’heure actuelle. Cette proposition a reçu l’appui de la MRC de Bécancour, du CLD, de la SADC et du député fédéral Louis Plamondon.

Pierre Latraverse, président de la Zone d’intervention du lac Saint-Pierre, a demandé que le Saint-Laurent bénéficie des mêmes avantages que ceux du lac Ontario et que les impacts sur le fleuve soient analysés et mieux transmis au public.

Outre quelques échanges d’usage, les commissaires ont posé très peu de questions à l’assistance. Même qu’André Stainier, président des Amis du Saint-Laurent, a remis en question les impacts réels de ces audiences publiques. «Nous disions les mêmes choses lors d’une de vos consultations en 2006 et nous retrouvons le même rapport aujourd’hui. Comment se fait-il que la commission n'a pas honorées nos recommandations!», a-t-il dénoncé.

À quelques reprises, les commissaires ont référé des gens aux spécialistes présents dans la salle ou sur le site Internet de l’organisme.

Marc Hudon, représentant de Nature Québec, a souligné que ce manque de communication était responsable de toutes ces incertitudes sur l’avenir du fleuve. «Les citoyens n’ont qu’une partie de l’information.» L’intervenant a ensuite proposé de fabriquer une carte expliquant aux citoyens l’impact direct des différents scénarios sur le niveau de l’eau. Une idée qui a semblé plaire aux commissaires.

Rappelons que la première ordonnance qui contrôle le niveau de l’eau actuellement date de 1956. La commission doit déposer sa nouvelle ordonnance en décembre aux gouvernements du Canada et des États-Unis.

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