Les glaces de janvier en sont responsables
Le sentier écologique du marais est dans un état pitoyable

27 Mai 2008 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Fréquenté par plus de 10 000 personnes par année depuis sa construction, il y a une quinzaine d’années, le sentier écologique du marais de la Société d’aménagement de la baie Lavallière (SABL) est dans un état vraiment lamentable et a des allures de chantiers de guerre. Des dizaines d’arbres matures déracinées bloquent l’accès normal au sentier, la tour d’observation a été sortie de ses socles de béton et est à la renverse dans un marais, la passerelle de bois donnant accès à la passe migratoire est en morceaux, la structure de la passe migratoire est endommagée et les berges longeant le sentier ont été détruites. La grande responsable de ces importants dommages évalués à plus de 40 000$, c’est la crue des eaux du 9 janvier 2008.

Le directeur général de la SABL, Paul Messier, a confié aux 2 Rives que la crue des eaux de la rivière Yamaska, subie le 9 janvier, a causé d’importants dommages au sentier pédestre et à ses infrastructures. Il demeure tout de même ouvert aux visiteurs, nous a-t-il laissé savoir, vendredi matin. La SABL ne parviendra pas seule à nettoyer le sentier, à reconstruire la tour d’observation et la passerelle et à retaper les berges le long du sentier, a-t-il dit. «Nous aurons besoin d’aide pour conserver cette activité. Nous envisageons d’abord effectuer une corvée à l’ancienne au début juin. Les bénévoles intéressées à donner du temps sont les bienvenus (450.742.5716). Nous voulons aussi déposer une demande d’aide financière à des instances régionales car nous n’avons pas la capacité de payer entièrement les coûts de réparation.»

Une marche dans ce sentier d’une longueur totale de 1,3 kilomètre nous a d’ailleurs permis de constater l’ampleur des dégâts causés au cours du dernier hiver. La première moitié du trajet n’a pas été endommagée, mais c’en est tout autrement dans la seconde moitié. Plusieurs gros arbres ont été déracinés et couchés perpendiculairement au sentier. Ils bloquent l’accès aux marcheurs sur des dizaines de mètres. Plusieurs d’entre eux passent toutefois à l’extérieur du sentier et contournent les arbres pour ensuite retrouver le sentier quelques mètres plus loin. Ils doivent en fait quitter le sentier à plusieurs reprises pour parvenir à franchir la distance totale. «Nous nous chargerons de nettoyer le sentier au cours des prochaines semaines. Quant aux digues endommagées, ça devrait être de la responsabilité de Canards Illimités», a-t-il indiqué.

Autre spectacle désolant, la tour d’observation, qui a permis pendant plus de dix ans à des dizaines de milliers d’amateurs d’oiseaux et de flore sauvage d’entrer au cœur de cet écosystème exceptionnel, a été emportée par les glaces et renversée dans un marais à plus de 35 mètres de sa base originale. La tour a été sortie de ses socles de béton puis tournée à l’envers, lourdement endommagée. Trois des quatre socles de béton ont aussi été arrachés du sol. «La tour avait été construite pour résister aux glaces du printemps, ce qu’elle a toujours réussi à faire. Toutefois, les glaces de l’hiver sont beaucoup plus fortes et causent des dégâts majeurs aux infrastructures et aux terres touchées. Nous espérons pouvoir la reconstruire bientôt mais il faudra pouvoir compter sur des aides financières extérieures», a poursuivi M. Messier.

Environ 250 mètres plus loin, le paysage ne ressemble en rien à celui proposé avant le passage des glaces en janvier 2008. Des dizaines de morceaux de bois sont entassés sur des dizaines de mètres, comme un jeu de dominos récemment défait. Construite au coût de 40 000$ l’automne dernier, la passerelle de bois menant à la passe migratoire pour les poissons en provenance de l’archipel du lac Saint-Pierre qui viennent frayer dans la baie Lavallière, a complètement été détruite par les glaces. Plusieurs des cages remplies de grosses pierres ont même été emportées plusieurs dizaines de mètres dans le marais. Heureusement, la majorité des matériaux utilisés pour construire cette passerelle ont pu être récupérés, mais il faudra investir tout de même environ 20 000$ pour la reconstruire avec certaines nouvelles pièces encore plus résistantes aux crues des eaux qui peuvent survenir l’hiver, a ajouté M. Messier.

Enfin, le directeur général de la SABL et intervenant de premier plan dans la protection de l’environnement espère que la région trouvera les moyens de retrouver le sentier naturel, ses infrastructures et ses haltes comme ils étaient avant le passage des glaces. Surtout, doit-on rappeler, que la région défend sa vocation d’acteur majeur du développement durable et son Agenda 21. «Nous espérons que la région nous aidera dans cette mésaventure. Nous attendons aussi la réponse de la Sécurité civile. Ils ont refusé notre première demande, mais notre dossier est en deuxième lecture. Ces argents seront nécessaires pour payer une partie de la reconstruction des infrastructures et le nettoyage du sentier. Enfin, Canards Illimités devrait prendre en charge le réaménagement des digues le long du sentier», a conclu Paul Messier.

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