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Lundi, Journée nationale des Patriotes
Wolfred Nelson : un patriote de chez nous qui a marqué son époque
17 Mai 2008 - La Voix - Stéphanie Guévremont - Le lundi 19 mai prochain aura lieu la Journée nationale des Patriotes et la Société Saint-Jean-Baptiste Richelieu souhaite qu’elle ne passe pas inaperçue. Dès 10 heures, la société invite la communauté à rendre hommage aux patriotes au monument Louis Marcoux et à son brunch annuel à la brasserie le Loup rouge. En y entrant, impossible d’ignorer les multiples représentations d’un Patriote régional dès plus célèbre, Un hommage évident à la cause méconnue des Patriotes. Petit cours d’histoire accéléré sur Wolfred Nelson, pilier de notre histoire.
La région a vu grandir ce personnage clé de la révolte des Patriotes. Fils de parents loyalistes ayant fuit les États-Unis indépendants, Wolfred naît à Montréal en 1791. En 1794, les Nelson quittent la métropole pour s’établir à William Henry, actuel Sorel-Tracy. Il grandit à l’intérieur des enceintes de l’avant-poste britannique situé à l’embouchure de la rivière Richelieu. Rien ne laissait alors présager son avenir de révolutionnaire.
Wolfred étudie la médecine dans l’école fondée par son père et est reçu docteur en 1811 à 20 ans. Le jeune médecin poursuit sa formation pendant la guerre de 1812 où on lui assigne le 5e bataillon de la milice incorporée situé à Saint-Denis. Tous les hommes de la compagnie sont francophones et il se rapproche de cette population qu’il ne connaissait qu’à travers les préjugés anglais de sa jeunesse.
Après la guerre, Wolfred s’établit définitivement à Saint-Denis. Tandis que la situation entre francophones et Anglais ne cesse de se détériorer, il se lance en politique des idées réformistes en tête. En 1827, il remporte de justesse la circonscription de William Henry contre James Stuart, favori du gouvernement et devient député. En Chambre, il appuie Louis-Joseph Papineau et son Parti patriote qui défend les droits et libertés des citoyens du Bas-Canada, principalement des francophones.
En 1934, alors que le bourg de William Henry est sous le joug de marchands de mèche avec l’état-major qui y font régner la corruption, Wolfred Nelson se représente à titre de député. Pendant la campagne, l’acquittement des meurtriers de son ami et réformiste Louis Marcoux par un jury affidé à la cause anglaise attise sa haine contre le gouvernement britannique.
Néanmoins, la même année, le leader patriotique remporte une victoire irrévocable. La même époque, afin d’assimiler la population francophone du Bas-Canada, les bureaucrates demande à Londres d’y hausser considérablement l’immigration anglaise. En 1832 et en 1834, cette immigration massive sans regard à la situation, cause deux épidémies de choléra, qui emportent près de 3000 personnes.
Parallèlement, le conflit verbal et physique entre les deux partis de l’Assemblée, le Parti patriote et le Parti constitutionnel, s’intensifie suite aux résolutions antidémocratiques émises par lord Russell en 1837. Wolfred Nelson devient alors un des chefs de l'opposition des patriotes et présida, en octobre, l'assemblée des six comtés qui décidèrent de livrer bataille aux Britanniques.
C’est ainsi que le 23 novembre à Saint-Denis, le médecin de formation prend la tête des quelque 200 Patriotes présents. Tout l’avant-midi, les 300 miliciens anglais tentèrent de repousser les paysans hors de leurs épais murs de pierre. Après de vains efforts, les rouges battirent en retraite, laissant la gloire à Nelson et ses braves.
Cette victoire fut malheureusement la seule et le héro des francophones est arrêté le 11 décembre alors qu’il tente de fuir vers les États-Unis. Le 28 juin 1838, sept mois de prison plus tard, Wolfred Nelson est exilé aux Bermudes pour revenir à Montréal en 1842 alors que Louis-Hippolyte Lafontaine devient procureur général du Bas-Canada (une partie du Québec actuel).
À son retour, celui qui a défait les Anglais effectue un retour en politique et est élu député de Richelieu à deux reprises, soit en 1844 et en 1848. En 1850, après avoir obtenu que ceux qui eussent été victimes des affrontements de 1837 soient remboursés, il affirme quitter la politique. Mais c’est pour mieux y revenir en 1854 alors qu’il devient le premier maire de Montréal élu au vote populaire.
Après 50 ans de politique et de médecine, Wolfred Nelson meurt à Montréal le 17 juin 1863, à l’âge de 71 ans. Inhumé au cimetière anglican de Sorel, il est possible de lire sur sa tombe les mots suivants : «Ici repose la plus noble réalisation de Dieu, un honnête homme.»














