De plus en plus de tests pour évaluer la conduite de certains aînés

26 Avril 2008 - La Voix - Joey Olivier - Plusieurs aînés ont besoin de subir un test afin de vérifier s’ils sont toujours aptes à conduire leur véhicule. Selon la SAAQ, le nombre d'automobilistes âgés de 75 ans et plus impliqués dans des accidents au Québec a augmenté de 50% chez les femmes depuis 2001 et de 17% chez les hommes.

Les policiers de la Sûreté du Québec du Bas-Richelieu réfèrent environ une dizaine de conducteurs âgés à la SAAQ pour subir une évaluation. «Nous évaluons si la conduite d’une personne représente un danger. Souvent, les policiers le constatent lors d’une infraction ou d’une conduite très lente», explique François Monetta, sergent pour la SQ du Bas-Richelieu.

La Société d’assurance automobile du Québec(SAAQ) a retiré en 2006 près de 40% plus de permis de conduire chez les personnes âgées que l’année précédente.

En 2005, c’est 605 aînés de 75 ans et plus qui ont perdu leur droit de conduire. Ce nombre fut de 834 permis en 2005. Le vieillissement de la population explique en partie ce phénomène, mais il faut aussi dire que la SAAQ a augmenté considérablement le nombre de contrôles médicaux chez les aînés. Soulignons qu’à l’âge 75 ans, les conducteurs doivent se soumettre à une évaluation médicale et visuelle par un professionnel de la santé. À partir de 80 ans, le test doit être fait tous les deux ans.

À Sorel-Tracy, l’École de conduite Bouvier effectue entre 25 et 30 évaluations chaque année. Cette évaluation se fait en compagnie d’un ergothérapeute et d’un instructeur suite à un problème de santé ou une référence de la SAAQ. Les formations d’appoint et les évaluations pour les conducteurs âgés sont appelées à augmenter. «D’ici un an, l’école offrira un cours destiné aux personnes du troisième âge», explique Jean-Charles Caron, président de l’École de conduite Bouvier.

Bien souvent, les aînés font de courtes distances et ont un permis de conduire valide depuis très longtemps. L’instructeur Jean-Charles Bernier accompagne plusieurs aînés lors des tests. «La conduite est une question de réflexe et de regard, explique-t-il. Dans certains cas, il s’avère impossible pour la personne de reprendre le volant tandis que d’autres ont besoin d’une formation d’appoint.»

Ces formations servent souvent à rappeler de regarder les angles morts et de mieux comprendre les mises à jour du Code de la route. La SAAQ a publié récemment le dépliant Au volant de ma santé! afin de sensibiliser les familles et les aînés à l’importance de s’assurer qu’une personne ait les facultés physiques de bien conduire.

En 2006, plus de 72 000 détenteurs de permis de 75 ans et plus ont été contrôlés. De ce nombre, 46 431 ont pu renouveler leur permis sans condition, alors que 25 288 ont été soumis à des conditions précises et 834 permis ont été suspendus. De plus, 3694 conducteurs ont renoncé d’eux-mêmes à leur permis. Il n’est cependant pas facile pour une personne âgée de renoncer à la liberté de conduire. «Bien souvent, l’enfant nous dira qu’il y avait déjà longtemps qu’il disait à son parent de ne plus conduire. C’est un signe d’autonomie pour une personne de conduire son véhicule», ajoute le sergent Monetta.

Dans son dépliant, la SAAQ suggère fortement aux conjoints, familles et amis des personnes âgées de ne pas hésiter à signaler leur inquiétude face à la conduite d’un proche. Elle souligne également l’importance pour les conducteurs de se questionner sur les risques de sa condition physique sur sa conduite. Les gens peuvent consulter le dépliant sur le site Internet de la SAAQ (www.saaq.gouv.qc.ca).

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