Sorel-Tracy y investit 120 000 $ par année
La formation des pompiers : une mesure capitale!

18 Mars 2008 - Patrick Turgeon - En moins de deux semaines, deux jeune pompiers - Mathieu Émond, 26 ans de Varennes, et André Manseau, 18 ans de Val-des-Monts - ont perdu la vie de façon tragique alors qu’ils combattaient un incendie dans des résidences privées de leur territoire. Il n’en fallut pas plus pour que certaines gens se questionnent sérieusement quant à savoir si les jeunes pompiers à temps partiel recevaient suffisamment de formation pour être en mesure de se retrouver «au combat» tout en assurant sa sécurité et celle de ses collègues. Une entrevue des 2 Rives avec le directeur du Service de sécurité incendie (SSI) de Sorel-Tracy, Alain Rouleau, et son chef de division, Carl Woods, ont balayé tous les doutes à ce sujet.

«Chaque année, Sorel-Tracy investit en moyenne120 000 $ dans la formation de ses 44 pompiers à temps partiel et 15 pompiers etofficiers permanents. Un entraînement mensuel de trois heures est aussi obligatoire pour les pompiers en plus de pratiques, la plupart du temps en caserne. La formation, l’information et la supervision sont au cœur de nos préoccupations. Nos hommes ne sont pas envoyés au feu sans recevoir la formation adéquate», a affirmé le directeur du service Alain Rouleau, admettant du même souffle que s’il en était autrement, la Commission de la santé et de la sécurité au travail les pointerait du doigt. Car, a-t-il ajouté, le pompier à temps partiel fait en moyenne 15 heures de travail par semaine pour le SSI de Sorel-Tracy, en plus de son travail régulier. C’est pour lui souvent une passion que porter l’habit du soldat du feu et combattre les flammes.

Un parcours suivi à la lettre

Ne deviennent pas des pompiers tous ceux qui le souhaitent, a indiqué M. Woods lors de notre passage à la caserne, vendredi. La personne intéressée à devenir pompier à temps partiel doit présenter une excellente condition physique, ne pas être claustrophobe ni avoir le vertige. Afin de valider la pertinence de son bon vouloir, on lui fera passer des tests d’aptitude et une entrevue. Si le candidat semble intéressant, on lui demandera d’effectuer un examen médical pour connaître son état de santé car le métier de pompier est exigeant. «En plus de devoir gérer son stress et la chaleur intense, il doit parvenir à fournir beaucoup d’efforts en un petit laps de temps lors de son arrivée sur les lieux d’un incendie. Ces efforts, ils sont parfois exigés en pleine nuit», a noté le directeur du SSI de Sorel-Tracy.

Une fois embauché, le pompier à temps partiel doit suivre une formation de 275 heures nommée «pompier I» qui lui permettra d’apprendre les différentes tâches du métier. Cette formation lui permettra alors d’intervenir uniquement en combat incendie. De l’initiation aux comportements à maintenir en combat incendie en passant par la gestion des matières dangereuses, les appareils de protection utilisés et le maniement des lances, il devra contrôler chaque module de travail avant de pouvoir l’expérimenter lors d’un incendie. L’objectif du programme de formation est d’enseigner comment lutter adéquatement contre les incendies. On lui montrera à manier des équipements relatifs à l’eau, à raccorder une autopompe à diverses sources d’eau et à se servir d’un appareil de protection respiratoire.

Également, comment se comporter et agir à chaque phase d’un feu et selon le type de feu.

Durant sa formation, le pompier pourra intervenir sous la supervision d'un pompier formé selon les paramètres proposés par l'École nationale des pompiers.«Le pompier n’a pas l’autorisation d’intervenir sur les lieux d’un incendie lorsqu’il n’a pas complété ses apprentissages seuls, avec des moniteurs en caserne, sous les ordres d’un instructeur accrédité et réussi un examen de l’École nationale des pompiers à chaque section de l’enseignement. On ne lui permet pas de faire des tâches dont il n’a pas reçu la formation.»

Une fois la première formation complétée, le sapeur à temps partiel amorcera la formation «pompier II» de 120 heures telle qu’exigée par le SSI de Sorel-Tracy en lien avec la loi. Le pompier touchera de façon plus pointue aux éléments appris lors de sa première formation en plus de voir les plans de commandement lors d’un incendie et les combats dans des bâtiments de grandes dimensions. Le pompier devra assurer un suivi tout au long de sa formation avec un instructeur accrédité et réussir des examens à la fin de celle-ci. «Les pompiers ne sont pas envoyés au feu sans avoir les compétences et les connaissances acquises», a renchéri M. Rouleau, tout en spécifiant que certains pompiers investissent 84 heures pour obtenir des certifications à titre d’intervenant en désincarcération et lors de déversement de matières dangereuses et d’opérateur autopompe, d’appareils d’élévation.

Des diplômés

Enfin, plusieurs pompiers choisissent depuis quelques années d’obtenir un diplôme d’études professionnelles (DEP) avant de se lancer dans la carrière de pompier, et ce, bien qu’elle puisse être du départ à temps partiel. À Sorel-Tracy, une dizaine de pompiers ont complété les 27 modules composant le DEP en sécurité incendie d’une durée de 1200 heures. Trois écoles offrent la formation : l’Institut de protection contre les incendies du Québec à Laval, l’Académie des pompiers à Mirabel ainsi que le Campus Notre-Dame-de-Foy, à Québec. «C’est un beau métier, mais il faut faire preuve d’une grande prudence dans chacun de nos gestes. Une mauvaise décision lors d’une intervention peut avoir des conséquences tragiques sur les pompiers au combat», a conclu le directeur Alain Rouleau.

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