Fernand Gariépy fête 60 ans de métier en photographie ; Je suis un homme gâté !

9 Octobre 2001 - La Voix - Le 11 octobre prochain, Fernand Gariépy, fondateur du magasin Photo Gariépy, fêtera ses 60 ans de métier dans la photographie. Je suis un homme gâté ! lance spontanément cet homme né en juillet 1925 à Verdun et qui s'est établi à Sorel en 1952 à titre de responsable du département des ventes chez Alfred Caisse (distributeur Coca-Cola). Volubile, Fernand Gariépy l'est certainement. En entrevue, il parle abondamment – et avec un réel plaisir – de son parcours de photographe et de vendeur, depuis les touts débuts de sa carrière en 1941, au moment où il a débuté comme retoucheur de négatif à l'âge de 16 ans.

Aujourd'hui, à 76 ans, encore à la tête de son entreprise familiale, il a toujours des projets dans la tête. Les travaux d'aménagement de son commerce situé sur le boulevard Fiset vont bon train et permettront d'offrir un service à la fine pointe de la technologie dans des locaux plus vastes, dès la fin de l'automne. Un important investissement pour lequel il a non seulement investi de l'argent, mais aussi beaucoup de temps et de travail manuel.

Cet entrepreneur qui a toujours su dire sa façon de penser, a d'ailleurs fondé en 1961, avec des gens d'affaires de la région, La Voix de Tracy, qui est devenu quelques mois plus tard La Voix métropolitaine, sous la direction de Jean-Yvon Houle, puis, par la suite, le journal La Voix tel que vous le connaissez aujourd'hui.

Fernand Gariépy l'avoue, il a toujours été un «bon vendeur», gagnant régulièrement des prix du meilleur vendeur dans les entreprises pour lesquelles il a travaillé à l'époque. Ce sont les îles de Sorel et l'eau qui l'ont attiré dans la région en 1952. Son fils Normand, connu dans la région comme le père de la reconnaissance de la région du lac Saint-Pierre comme Biosphère de l'Unesco, en plus d'avoir été initié à l'art de la photographie, a aussi hérité de cet amour inconditionnel pour la nature particulière de notre région. En 1963, Fernand Gariépy fonde le Club de chasse et pêche de Ste-Anne de Sorel.

Il a travaillé une douzaine d'années chez Alfred Caisse, tout en poursuivant en parallèle son métier de photographe. En 1962, il ouvre un studio de photographie dans son sous-sol à Sainte-Anne-de-Sorel. Son principal revenu vient des usines de la région, mais en confidence, il dit préférer les photographies de mariages, et, surtout celles des petits bébés. J'étais à l'aise avec les bébés, ils arrêtaient facilement de pleurer.

D'autre part, il disait arriver facilement à minimiser la panique qui, à l'occasion, s'emparait des jeunes mariées. Le photographe assumait – et appréciait – son rôle de temporisateur. À travers tout ça, il a fait de la photographie pour le défunt Courrier Rivièra, pour le journal La Presse, le Montréal Matin et le Nouvelliste de Trois-Rivières. Il a aussi effectué des contrats pour les policiers. Chanceux, il se dit doté d'une bonne santé qui lui a permis de poursuivre ses multiples activités sans jamais baisser les bras.
La Ligue des Citoyens de Tracy, qu'il présidait au moment où il a fondé La Voix de Tracy, comptait 892 membres, principalement des ouvriers. J'avais de la gueule, j'en ai encore, admet-il, pensif.

La clé en photographie, fait-il remarquer, c'est toujours la rapidité d'exécution combinée avec la qualité du travail. Fernand Gariépy a découvert, tout à fait par hasard, un procédé qui lui a permis d'un seul coup de faire sécher les négatifs plus rapidement qu'à l'habitude. Ça lui a donné un sérieux coup de pouce qui lui a permis d'obtenir plusieurs contrats intéressants d'entreprises – des compagnies d'assurances, notamment – qui avaient besoin d'obtenir des photographies rapidement.

J'ai été chanceux, j'ai été un homme gâté, a-t-il répété à plusieurs reprises en entrevue. J'avais une caméra qui possédait une lentille qui battait toutes les autres caméras. Aujourd'hui, la photographie numérique, qu'il estime de moindre de qualité, répond toutefois à un tout autre besoin. C'est plus rapide, ça dépanne l'industrie, les journalistes. Mais c'est sûr que ça ne donne pas d'aussi belles photos, fait-il remarquer. Si tu veux suivre, il faut que tu sois toujours plus rapide, se rappelant avoir acquis, en 1980, le matériel qui lui permettait d'offrir dans la région un service de six heures. Trois ans plus tard, il a acheté son premier minilab qui lui a permis d'offrir un service de développement d'une heure. Photo Gariépy est toujours Imagerie certifiée par la compagnie Kodak, déclare-t-il, tout fier.

Maintenant, même s'il est toujours actif, il prend tout de même le temps de vivre. De février à avril, il se rend à Port Orange, en Floride, où il possède une roulotte. Il fait du jardinage – il a été l'élève du Frère Marie-Victorin au Jardin botanique de Montréal – et, avec sa conjointe, il s'adonne aussi à la peinture, car il est viscéralement de tempérament artistique.

De toutes façons, il peut compter sur une équipe solide qui comprend entre autres des membres de sa famille. Ses employés sont fidèles, fait-il remarquer, estimant qu'il était important pour lui d'avoir une approche humaine dans les relations de travail.

Travail, persévérance et amour de la vie, tel est le portrait de cet homme qui se dit une fois de plus gâté par la vie. Quand on naît dans le monde de la photographie, le portrait se doit d'être réussi.


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