Alain Levasseur : un battant, un gagnant !

23 Janvier 2008 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Nommé bénévole par excellence en 2003 par la Fédération québécoise des sports cyclistes, l’entraîneur-chef des Dynamiks de Contrecoeur, Alain Levasseur, vient de remporter sa plus grande victoire en carrière : celle contre le cancer. Après une convalescence de près de cinq ans, marquée par plusieurs traitements douloureux et quelques récidives, il a distancé son coriace adversaire, lâché les béquilles et retourné au travail. M. Levasseur a alors appris à vivre différemment et à apprécier chaque petit moment d’une toute autre façon.

Un cheminement courageux et convaincant qu’il a accepté de partager avec Les 2 Rives pour, espère-t-il, motiver d’autres personnes malades, à ne pas lâcher lors d’épreuves qui peuvent paraître insurmontables. Il souhaite aussi témoigner l'espoir, donner un coup de chapeau à tous ceux et celles de son entourage qui l'ont aidé à retrouver les sentiers de la santé. Au terme d’une rencontre exclusive menée à sa résidence de Contrecoeur, le mot persévérance est celui qui caractérise le mieux cet homme courageux, marié, père de trois excellentes cyclistes et grand bénévole dévoué depuis plus de 25 ans à la cause du cyclisme dans sa communauté.

«Lors de ma convalescence d’une durée de quatre ans et huit mois, entre octobre 2002 et juillet 2007, ma femme Élyse, mes filles Ariane, Justine et Édith, ma famille, mes amis, les membres du Club cycliste Dynamiks et mes compagnes et compagnons de travail de Kronos Canada à Varennes m’ont démontré de nombreuses grandes marques d’amour et d’encouragement. Ils m’ont donné la force nécessaire pour ne pas baisser les bras face à la maladie et de ne pas abandonner dans les moments très difficiles. Je suis sur le point de gagner la plus grande course de ma vie et j’en remercie ceux qui m’ont aidé à y parvenir.»

D’épreuve en épreuve

L’histoire médicale d’Alain Levasseur est loin d’être banale, tout comme plusieurs autres vécues par des gens atteints de cancer. En 1993, alors qu’il est âgé de 33 ans, on lui diagnostique un cancer intestinal. Les médecins lui enlèvent une partie du colon en plus de lui administrer des traitements de chimiothérapie. Puis juillet 1995, on lui diagnostique une tumeur musculaire appelée «léiomysarcome» à la jambe droite. Des spécialistes ont été contraints de lui amputer des muscles du quadriceps et une partie du vaste interne de sa cuisse droite. Trente-trois séances de radiothérapie ont été nécessaires pour enrayer toutes traces de cancer. L’opération a été un succès et M. Levasseur s’est bien rétabli de cette autre épreuve.

Sept ans après l’intervention, en octobre 2002, lors d’examens de contrôle, une autre tuile lui tombe sur la tête : on lui annonce une récidive, cette fois au niveau osseux «ostéosarcome». Le cancer a attaqué l’os du fémur droit. Il s’agit de la même maladie qui a frappé Terry Fox au début des années 1980. Après avoir subi des traitements de chimiothérapie afin de réduire la masse de la tumeur dans le but de faciliter l’intervention, M. Levasseur est opéré le 9 janvier 2003. Une opération de 16 heures lors de laquelle les docteurs lui ont reconstruit le fémur. On lui a coupé l’os du fémur et effectué trois greffes osseuses plus tard. Vingt-trois jours d’hospitalisation ont été nécessaires, sans compter les traitements de chimiothérapie.

S’est amorcée alors une longue convalescence et un plan de réadaptation et physiothérapie.

Alors que la santé de M. Levasseur semblait vouloir reprendre le dessus, une autre mauvaise nouvelle le frappa en septembre 2005 : on a dû lui couper un bout du fémur. L’opération a été un grand succès. Puis en décembre de la même année, le cancer a encore frappé : une tumeur colorectal a été diagnostiquée. Une nouvelle qui a conduit au retrait total du colon intestinal. «La nouvelle a été très difficile à accepter. Heureusement, ma femme et mes enfants m’ont toujours encouragé à persévérer. Ça n’a pas été rose tous les jours, mais aujourd’hui, je travaille, je ne prends plus de médicaments et je marche sans béquilles. Je peux aussi pelleter mon entrée, conduire ma voiture, faire mon gazon, de belles victoires personnelles.»

Après quatre ans et huit mois de convalescence, 45 mois en béquilles, Alain Levasseur a finalement repris le travail en juillet 2007. Lors de sa première journée, ses confrères et consoeurs l’ont accueilli les bras ouverts avec un comité d’accueil à l’entrée de l’usine. En avril 2005, ils lui avaient aussi remis un livre rempli de témoignages émouvants ainsi qu’une somme de 6 855$ pour l’aider dans son épreuve. De petits gestes qu’il a vraiment appréciés.

«J’ai vécu des moments très durs au cours des dernières années, mais la reconnaissance de mes proches et de mes amis m’a fait grandir comme être humain. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur une femme en or à mes côtés et recevoir le traitement royal du système de santé. La profession de médecins est la plus noble à mes yeux. Je ne serai jamais assez reconnaissant envers mes spécialistes, les docteurs Robert Turcotte et Richard Ratelle, qui ont prolongé ma vie pour encore bien des années. Sans eux, j’aurais la jambe amputée comme Terry Fox.»

Amoureux de vélo, M. Levasseur est conscient qu’il ne roulera plus jamais à 40 kilomètres à l’heure comme il le faisait au plus fort de sa carrière, mais il entend bien revenir en selle cet été et pédaler pour le plaisir aux côtés de sa femme et de ses filles. «J’apprécie les instants présents et les petits bonheurs de la vie. Même dans la maladie, je n’ai jamais délaissé le vélo. C’est ma passion et je veux continuer à la partager. Je poursuis ma réadaptation et je suis persuadé que mon pire adversaire, le cancer, est derrière moi», conclut-il avec optimiste.

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