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Les producteurs céréaliers enregistrent d’excellents rendements
Le grain coule à flot
6 Novembre 2007 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Un an après avoir décrié publiquement la crise du revenu qui frappait leur secteur d’activité au pays et déversé un voyage de maïs devant les élévateurs à grains du port de Sorel-Tracy pour signifier au gouvernement conservateur de Stephen Harper l’importance de son implication pour réduire leur manque à gagner, les producteurs céréaliers du Bas-Richelieu sont beaucoup moins sur la place publique. Non pas que la situation entre les producteurs canadiens et américains au chapitre du subventionnement gouvernemental soit différente de celle de 2006 mais plutôt dû au fait que le rendement aux champs a été de 10 % à 20 % supérieur cette année comparativement à l’année se terminant le 30 septembre 2006.
Dans une rencontre exclusive tenue vendredi matin au bureau des Fermes J.N. Beauchemin et Fils à Saint-Ours, le président du Syndicat des cultures commerciales des régions Saint-Hyacinthe-Estrie, Ghislain Beauchemin, nous a confié que l’année de récolte 2007 en a été une excellente au niveau des rendements et 2006, au niveau des prix. À titre comparatif, certains des 100 producteurs céréaliers bas-richelois obtiendront des rendements moyens de l’ordre de 9-10 tonnes et même jusqu’à 12 tonnes de maïs par hectare cultivé selon les procédés utilisés, alors que la moyenne se situe plutôt à 8-9 tonnes de l’hectare dans le Bas-Richelieu. Cela représente une hausse de rendement de 10 % à 20 % par rapport à l’an dernier et constitue une très bonne année en matière de rendement, a renchéri M. Beauchemin.
Les rendements sont tellement bons cette année, admet-il, qu’il faudra exporter du maïs vers l’étranger. Déjà, plusieurs livraisons de camions chargés de maïs ont été effectuées vers le port de Sorel dans le but de prendre prochainement la direction de pays étrangers par bateau. Cela fait contraste avec l’an dernier alors qu’on avait dû importer du maïs en raison du piètre rendement obtenu par les producteurs. «Cette année, nous produirons 3,6 millions de tonnes de maïs au Québec alors qu’on en consomme entre 3,3 et 3,4 millions de tonnes par année. L’an dernier, le rendement était tellement faible que la moyenne provinciale s’établissait à sept tonnes/l’hectare. Il a donc fallu importer du grain. Les conditions parfaites connues ce printemps ont toutefois permis de renverser la situation», a-t-il poursuivi.
Hausse des prix
Ce producteur céréalier, qui siège sur l’exécutif provincial des cultures commerciales à Longueuil depuis quatre ans, a ajouté que le prix à la tonne a connu une hausse intéressante au courant de l’année 2006. De 120 $ la tonne qu’elles se vendaient en 2005-2006, les céréales ont obtenu en moyenne 155 $ la tonne en 2006-2007. C’est encore loin des 190 $ obtenus en moyenne en 1996 mais c’est beaucoup mieux que la moyenne des prix décrétés depuis le début des années 2000, reconnaît-il, admettant aussi que le coût de production, avec un rendement d’environ 8 tonnes/l’hectare, se situe à 200 $ la tonne. Ainsi, lorsque le rendement est supérieur à 8 tonnes/l’hectare, les revenus du producteur augmentent.
Malgré ces hausses de revenus, la situation des producteurs est semblable à celle vécue à l’automne 2006. Les producteurs américains et canadiens ne se battent pas à armes égales sur les marchés en raison des subventions accordées par le gouvernement Bush aux producteurs de son pays. «La crise de fond est toujours la même aujourd’hui. Le seul baume pour les producteurs québécois, c’est que le rendement a été nettement supérieur cette année aux années précédentes. Leurs revenus sont supérieurs à ceux des années passées. Toutefois, tant et aussi longtemps que les Américains seront subventionnés pour leurs productions, les prix seront bas et il nous faudra développer des secteurs connexes tels le déneigement et le transport pour atteindre la rentabilité sur nos terres», a dit Ghislain Beauchemin.
Sur cet aspect, cet important producteur céréalier va jusqu’à soutenir que Québec ou Ottawa devront bientôt penser offrir une prime à l’entretien du paysage aux agriculteurs. «Nous entretenons les paysages en milieu rural et on nous exige d’éloigner nos productions des cours d’eau afin de préserver l’environnement. On le fait dans un but environnemental mais il faudra qu’on nous dédommage pour les parcelles de terrain perdus», a conclu Ghislain Beauchemin, avant de reprendre ses activités régulières en cette période de récolte.














