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Les physiothérapeutes en pratique privée cessent tout service à la CSST
23 Octobre 2007 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Depuis minuit vendredi, les patients de la Commission de santé et sécurité au travail (CSST) doivent se rendre dans des services publics pour obtenir des soins de santé. En effet, les 275 cliniques membres de la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec ont décidé de cesser tout service à la CSST et fermeront progressivement leurs dossiers au cours des jours et des semaines à venir. Un moyen de pression drastique mis de l’avant par la FPPPQ pour forcer la CSST et le ministère du Travail à intervenir pour rétablir des conditions comparables à celles offertes aux hôpitaux et aux centres de santé publics.
Les physiothérapeutes ont résolu d’appliquer une telle mesure car ils considèrent que les conditions d’exercice de leur pratique dans le cadre actuel du régime d’indemnisation de la CSST et du Règlement sur l’assistance médicale se sont détériorées au point de mettre en péril la qualité des services aux patients et la survie d’un grand nombre de cliniques. «La lenteur bureaucratique et la mauvaise foi de ses fonctionnaires démontrent le manque de respect de la CSST à l’égard des professionnels de la santé qui, pourtant, contribuent de manière appréciable à la réadaptation et au retour au travail réussi des accidentés du travail», a commenté le président de la FPPPQ, Christian Jobin, par voie de communiqué.
En fait, en décembre 2006, une entente a été convenue entre les représentants de la CSST et les organismes représentant les physiothérapeutes et les ergothérapeutes, en collaboration avec les ordres professionnels. Cette entente comportait deux volets : une augmentation de trois dollars portant à 35 $ l’honoraire versé pour un traitement et trois modifications de type normatif apportées au Règlement sur l’assistance médicale, dont l’introduction de l’obligation d’obtenir l’avis motivé du médecin après 30 traitements ou huit semaines pour poursuivre les traitements; la poursuite des travaux dès janvier 2007 sur les éléments normatifs non réglés dont le continuum de services (interdisciplinaires) et les aspects tarifaires afférents.
«Aucun point de l’entente n’est en vigueur et le tarif demeure inchangé à 32 $ par traitement depuis 1994. De plus, la CSST refuse de discuter de la phase II sur le continuum de services aux personnes accidentées et les aspects tarifaires afférents, contrairement aux recommandations des ordres professionnels de la physiothérapie et de l’ergothérapie. La cessation des services entraînera dans les prochains jours la fermeture de 10 000 dossiers actifs de patients CSST, alors qu’approximativement 4 000 nouveaux prestataires de la CSST n’auront plus accès aux services. Les patients dont les dossiers sont fermés se verront remettre un programme d’exercices personnels et seront référés vers les services publics de santé les plus proches», y apprend-on à la lecture d’un document publié récemment par la FPPPQ.
À cet effet, la FPPPQ a informé le président de la CSST, Richard Verreault, et le ministre du Travail, David Whissell, de l’arrêt total des services et que les cliniques de physiothérapie ne reprendront les services à la CSST qu’aux conditions suivantes : l’entrée en vigueur du Règlement sur l’assistance médicale et de la hausse initiale à 35 $ par traitement; la désignation par le ministre du Travail d’un arbitre pour superviser les négociations entre les physiothérapeutes et les ergothérapeutes et la CSST; le début des travaux de la phase II et des négociations portant sur l’amélioration du continuum de services aux accidentés du travail et sur la rémunération des tarifs afférents des professionnels de la santé en pratique privée.
On exige également la garantie écrite du dépôt d’ici le 15 novembre 2007 d’un amendement à la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles de manière à exclure du Règlement sur l’assistance médicale les clauses fixant la rémunération des services professionnels, afin de mettre fin au pouvoir exorbitant dont la CSST abuse à l’égard de ses fournisseurs de services et de permettre une négociation normale ainsi que l’indexation annuelle de la rémunération de base par traitement des services de physiothérapie et d’ergothérapie en fonction de l’inflation. Une étude économique publiée en avril 2004 révélait que le coût moyen de prestation d’un traitement de physiothérapie au Québec était de 44,20 $. Il est de près de 48 $. «Nous poursuivons un objectif de rattrapage», a conclu M. Jobin.














