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L'Aféas se penche sur la condition des aidantes naturelles
1 Octobre 2001 - La Voix - Les groupes d'Aféas de la zone Sorel-Tracy invitent la population à participer à une rencontre-échange sur la situation des aidantes et aidants naturels découlant du virage ambulatoire amorcé il y a quelques années par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette rencontre aura lieu le mardi 16 octobre, à 19h30, au Centre Desranleau (71 rue Ramesay, entrée par la rue Charlotte).
Selon Claudette Vigneault, une des responsables du comité organisateur de cette activité, cette rencontre fait suite aux travaux réalisés par l'Aféas sur le virage ambulatoire. En effet, c'est à la demande de l'association qu'une équipe de cinq chercheuses universitaires a mené une recherche sur la question dans cinq régions du Québec, dont la nôtre.
Inévitablement, quand on pense virage ambulatoire, on pense soins à domicile : Le virage ambulatoire a eu un impact important sur les femmes, a fait remarquer Mme Vignault, qui a indiqué que l'Aféas se préoccupait de la problématique depuis l'automne 1996. À cet égard, l'organisme a déposé un mémoire à la Commission Clair, dans lequel il fait part de ses observations et de ses positions.
L'Aféas ne fait pas seulement une critique du virage ambulatoire, note pour sa part Jeanne Langlois, présidente de l'Aféas Sorel-Tracy. Elle apporte des réflexions et des suggestions pertinentes. La réforme avait au départ pour objectif de replacer le citoyen au centre du système. Selon elle, c'est principalement les femmes qui héritent du fardeau de la tâche quand une personne nécessite des soins à domicile.
Hermine Desrochers, d'ailleurs, a relaté le témoignage d'une femme qui a dû s'adapter rapidement à l'arrivée dans sa demeure de son beau-père qui venait d'être opéré. Cela a chamboulé toute la vie familiale, Les deux conjoints ont dû prendre quelques journées de congé au travail, un des enfants a dû sacrifier sa chambre, la famille a dû s'adapter au régime alimentaire plus sévère du convalescent, et, par ailleurs, faire des dépenses supplémentaires pour pouvoir recevoir les visiteurs du malade, etc.
Souvent, certains patients nécessitent une attention 24 heures sur 24, sans compter le niveau de soins qu'il faut leur prodiguer. Nous devons être performantes sans avoir nécessairement les qualifications, ni, bien sûr, la rémunération. Transporter certains malades, par exemple, exige certaines connaissances, tout comme l'application de certains soins qui, dans les hôpitaux, sont donnés par du personnel qualifié. Tout comme les malades, les aidantes naturelles ont des droits, croit Mme Langlois. Les gens sont souvent démunis face à la maladie et au deuil.
Pour sa part, la directrice de l'Association des aidants naturels du Bas-Richelieu, Rosie Dupré, se réjouit de l'initiative de l'Aféas. L'organisme, qui offre des services d'accueil, écoute, support et référence aux aidants naturels, est à même de constater que le nombre de ces derniers st en constante croissance. Avec la vie d'aujourd'hui, où souvent les deux conjoints travaillent à l'extérieur, l'essoufflement vient vite.
Selon elle, le gouvernement devrait reconnaître le travail des aidants naturels par le biais de diverses mesures, notamment au niveau de la fiscalité (crédits d'impôts). Certaines personnes quittent leur emploi pour s'occuper d'un parent malade, fait-elle remarquer. Il n'est pas normal pour ces personnes, qui déchargent le système de santé d'un fardeau, de perdre en plus tous les avantages reliés à leur emploi, a-t-elle conclu.
Lors de la soirée, on comptera sur la présence d'une présidente d'honneur, Linda Heppel, directrice des soins infirmiers du CHSLD du Bas-Richelieu, qui indiquera notamment les services offerts à domicile par l'institution. Il y aura aussi des témoignages, ainsi que des échanges avec des personnes ressources, dont Odette Arseneault, responsable des services infirmiers de soins à domicile au CLSC du Havre.
Toutes les personnes intéressées à ce dossier, homme ou femme, sont cordialement invitées à assister à cette rencontre. Le coût de l'entrée est de 2 $. Information : Diane Mercier (742-2278) ou Claudette Vigneault (742-7394).














