Camping : entre mythe et vérité

21 Juillet 2007 - La Voix - Vincent Guilbault - "On se bat avec une image pas très reluisante", a dit Simon Tessier, directeur du camping Domaines des Érables, à Saint-Roch-de-Richelieu. "Les gens jugent avant d'être venu."

Effectivement, la vie dans un camping en général souffre d'une image de kétaine. Tous on en tête le film Camping sauvage, où les personnages les plus colorés les uns des autres représentent le summum du kétaine.

Les clôtures en bouchon de bières, les tournois de pétanque, les gros wanabagos stationnés en rang d'oignon, avec une odeur de hot-dog et de Labatt 50dans l'air. Pourtant, le camping et le caravaning n'ont jamais été aussi populaires. En 2005, il avait au Québec plus de 822 (neuf campings dans la région) terrains de camping classifiés au Québec. Le nombre d'emplacements dépassait les 103 000, avec un taux d'occupation de 64%, alors qu'en 1995, le taux d'occupation était de 63%...sur moins de 82 000 places disponibles, preuve que cette activité gagne en popularité. Bouclé depuis février, Simon Tessier dit qu'il a dû refuser entre 600 et 700 campeurs pour la fin de semaine de la Saint-Jean.

Le Québec compte plus de 460 000 campeurs. Il y a sur les routes plus de 1 million de VR sur les routes canadiennes. Au Québec, on dépense plus de 90 millions de dollars en matériel de camping. Et oubliez l'image du retraité en quête de bingo et de pétanque. Bien sûr, les retraités forment une bonne partie de la clientèle, mais ils ne sont pas le campeur type. Le campeur type, selon Camping Québec, à entre 25 et 44 ans, possède un diplôme collégial ou universitaire, a un revenu familial de plus de 60 000$ et proviennent de la Montérégie. Même si les chiffres de 2007 ne sont pas encore disponibles, Simon Tessier, du camping Domaine des Érables, pense que le nombre de jeunes familles adeptes de camping augmentent. D'ailleurs, il compte ajouter 150 places à son camping pour subvenir à la demande. Camping Québec confirme aussi la hausse du nombre de jeunes familles qui pratiquent le camping, même si les chiffres ne sont pas encore compilés.

Pour Simon Tessier, le camping est loin d'être kétaine ou encore une activité réservée pour les radins. "L'équipement est neuf et réglementé. Nous avons l'électricité et le service d'aqueduc de la municipalité de Saint-Roch. Nous avons investi beaucoup d'argent pour avoir une belle piscine, avec une glissade d'eau et un lifeguard continuellement. Nous avons 35 employés qui s'occupent de tout, comme le bureau ou le restaurant. Je dois refuser des gens à chaque fin de semaine."

Pour s'éloigner du stress de la ville

Pour Édith Gagné, une mère adepte du camping depuis quelques années, c'est l'atmosphère qui l'attire dans les campings. "On décompresse. L'attitude est différente qu'en ville. Tout le monde est en vacance. Il y a un esprit communautaire. Et les enfants adorent". D'ailleurs, les activités ne manquent pas pour les enfants; projection de films, patinoire, glissade d'eau, piscine et lac, de l'espace pour courir, faire du vélo et surtout du bricolage, le samedi matin, pour donner un break aux parents. En visite au camping Domaine des Érables, le journaliste a pu observer cette connectivité entre les gens, la cohésion, la tranquillité. "Ici, tu rencontres des gens, tu es en plein air. Les gens ne sont pas là pour te déranger", a dit Marius Cloutier, un retraité, au journaliste.

"Certains sont même ici dès l'ouverture jusqu'à la fermeture, entre avril et septembre", a dit Simon Tessier. "Ils vivent près du travail en appartement, en condo. Souvent, leur VR est plus confortable". C'est ce qui explique selon lui que des VR de plusieurs dizaines de milliers de dollars peuvent rester stationnés tout l'été.

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