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Sauvetage à plus de 150 mètres du sol!
18 Juin 2007 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Porter secours à une personne en détresse requiert des connaissances précises, une rapidité d’intervention et une efficacité dans les différentes actions effectuées auprès de la personne blessée. Les lieux où les intervenants en situation d’urgence exercent leur métier sont souvent des environnements à risque. Venir en aide à une personne, c’est exigeant et très stressant mais lorsque l’intervention a lieu à 150 mètres du sol, le long d’une cheminée haute de 60 mètres, ça demande une opération méticuleuse, une coordination parfaite, car la moindre petite erreur peut être fatale, tant pour la victime que pour celui qui lui porte secours.
C’est pourtant ce que se sont pratiqués sérieusement à faire, samedi dernier, les membres de l’équipe de sauvetage par câbles du Service de protection incendie de Sorel-Tracy, à l’extérieur de la centrale thermique d’Hydro-Québec, à Sorel-Tracy. Pendant plus de deux heures, ils se sont préparés à vivre un exercice de sauvetage en hauteur sur une des quatre imposantes cheminées de la centrale. Puis en début d’après-midi, le moment tant attendu des 13 pompiers présents : la descente d’une présumée victime par le biais de câbles de sécurité. Une expérience satisfaisante à tous les points de vue pour les différents intervenants impliqués dans cette simulation inhabituelle qui sera répétée au moins une fois par année, nous a confirmé le lieutenant Luc Poirier, officier responsable de l’équipe de sauvetage par câbles.
«C’est fou comme feeling lorsque tu te lances dans le vide, retenu seulement par des câbles», a confié le pompier jouant le rôle de la victime lors de la simulation. Tout au long de la manœuvre, les câbles ont été gardés sous tension au sol par deux pompiers afin d’éviter que la victime et son sauveteur frappent la cheminée. «Ce n’est pas une intervention régulière, mais elle est nécessaire pour que l’on sache comment réagir si jamais la situation se présente. Le sauvetage par câbles n’est pas seulement utilisé pour des cas d’urgence en hauteur, mais aussi lors d’accidents dans les cales de bateaux et les fossés», a souligné le M. Poirier, citant en exemple l’accident survenu en 2006 sur le rang Rhimbault à Sainte-Victoire et lors duquel un véhicule est tombé dans un ravin. Les pompiers ont utilisé des câbles pour remonter l’automobiliste blessé jusqu’au niveau normal de la route affaissée.
Une belle collaboration
Cette simulation a permis aux pompiers et aux responsables de l’équipe de Premières interventions de la centre thermique de valider certaines techniques utilisées si jamais un employé se blesse en effectuant des travaux d’inspection et de réparation à l’une des longues cheminées rouges et blanches. Il existe une belle collaboration entre les 14 membres de l’équipe de Premières interventions de la centrale thermique et les 16 pompiers formant l’équipe de sauvetage par câble. Grâce à un système de câbles, de harnais et de poulies et à «une couche» servant pour maintenir le blessé en position, la victime a été déplacée de la cheminée jusqu’au toit de l’édifice. Une descente lente et sécuritaire, qui a duré 15 minutes, et observée religieusement par quelques employés et l’auteur de ces lignes.
«Lorsqu’on a à intervenir pour ce genre d’incident, il ne s’agit pas d’une course contre la montre. Uniquement à grimper les marches pour atteindre le haut de la cheminée, ça nous a pris environ 15 minutes. La première règle à suivre pour un intervenant en situation d’urgence est d’ailleurs de ne jamais mettre sa vie en danger. Il a fallu ensuite vérifier plusieurs fois les encrages, les harnais, les câbles et les poulies avant d’effectuer la grande descente. C’est une belle réussite», a ajouté le lieutenant Poirier. Et de renchérir Roger Malo, responsable des équipes de Premières interventions à la centrale thermique : «Tout le monde a à gagner à participer à un tel exercice. On a tout intérêt à s’améliorer dans nos façons de faire. Notre but n’est pas de jouer au héros mais de pouvoir sauver des vies en cas de situation urgentes.»
Enfin, le lieutenant Poirier a souligné que les membres de son équipe d’intervention par câbles participent à des pratiques mensuelles à la caserne. Ils sont toujours prêts à intervenir. «Le site de la centrale thermique est idéal pour simuler des opérations en matière de déversement de produits dangereux, d’interventions en espaces clos et en hauteur. Ces simulations sur le terrain sont nécessaires pour continuer à s’améliorer», a-t-il conclu.














