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Le quai de Saint-Ours sera démoli

24 Septembre 2001 - La Voix - Le conseil municipal de St-Ours a majoritairement maintenu sa décision d'accepter la proposition du ministère des Pêches et Océans Canada de procéder à la démolition du quai de St-Ours pour en faire un parc, malgré les manifestations d'opposition de certains citoyens de la municipalité. Seul le conseiller Rémi Olivier a voté contre la proposition.
Lors d'une conversation téléphonique, la mairesse de St-Ours, Marie Bouchard, a admis que même si cette décision ne faisait pas l'unanimité, l'opposition à ce projet demeurait toutefois selon elle minoritaire. Il y avait 34 personnes lors de la rencontre d'information et parmi les opposants, il n'y avait pas non plus unanimité. Toutefois, ce n'est pas vrai que nous n'avons pas fait nos devoirs, car nous avons travaillé sur ce dossier. Notre décision a été prise en fonction de la capacité de payer des gens. On est là pour ça aussi. Ce fut une décision de raison mais bien réfléchie en fonction de la population, a-t-elle soutenu.
La résolution adoptée par le conseil, a-t-elle fait valoir, est très étayée et contient en préambule les trois solutions qui s'offraient à la municipalité, avantages et désavantages inclus, à savoir la démolition du quai et l'implantation d'un parc qui donne aux citoyens «un regard sur la Richelieu» ; la réfection du quai qui, selon Mme Bouchard, n'offre aucune garantie dans le futur quant à son entretien et des coûts que ça pourrait engendrer pour la municipalité ; et enfin, laisser tomber le projet de parc, ce qui signifie que le gouvernement fédéral, actuel propriétaire du quai, laisserait poursuivre la dégradation du quai, ce qui rendrait impossible, croit-elle, un accès à la rivière en cas d'incendie majeur au centre-ville.
Le gouvernement fédéral, qui cherche depuis 1995 à se départir de différents quais et ports du Québec, a promis avant de céder ces équipements d'investir de l'argent pour les rénover ou les aménager. Le ministère des Pêches et Océans choisit la solution la plus économique, et, dans notre cas, la démolition est plus avantageuse que la réfection. Ce qui n'a pas été le cas à St-Denis et St-Antoine, où le coût de réfection était plus avantageux.
Selon Mme Bouchard, le quai, construit en 1934, n'a subi aucune rénovation depuis ce temps, si ce n'est l'installation d'une lumière en 1952. Pêches et Océans a laissé dégrader le quai. Actuellement, les deux tiers du quai sont finis, il y a un affaissement sur le côté nord, et il faudrait aussi travailler sous l'eau pour des fissures dans les caissons. La réfection aurait coûté pas mal plus cher, estime-t-elle, évoquant un chiffre avoisinant le million de dollars – une évaluation du ministère, a-t-elle soutenu.
D'autre part, il aurait été difficile aussi d'obtenir dans de brefs délais des subventions de Parcs Canada ou d'autres organismes gouvernementaux à caractère patrimonial puisque le quai – tant par Québec que par Ottawa, n'est ni reconnu ni classé comme site patrimonial. Une reconnaissance peut prendre deux ou trois ans de travail, a-t-elle fait remarquer.
Dans le cas de la démolition et de l'implantation du parc, c'est le Ministère qui sera le maître d'œuvre du chantier, évalué à 350 000 $, avant de redonner l'endroit à la municipalité. Ce qui n'aurait pas été le cas, explique Mme Bouchard, pour la réfection du quai, où la municipalité serait devenue elle-même maître d'œuvre. C'est impossible que ça (la gestion et l'entretien du quai) ne coûte rien dans l'avenir, a-t-elle aussi fait valoir.
En ce qui a trait à l'achalandage du quai par les bateaux de plaisance, elle a rappelé qu'il y avait déjà une marina au camping Bellerive, qui donne aussi des services de restauration et d'essence, ainsi que des quais aux Écluses de St-Ours.
L'implantation d'un parc donnant une accessibilité sur la rivière aux citoyens permettra le développement du tourisme cycliste. C'est une autre forme de développement touristique, a-t-elle enfin fait valoir.














