L'univers musical d'Éric Longsworth

9 Octobre 2001 - La Voix - Le violoncelliste d'origine américaine Éric Longsworth sera de passage à Sorel-Tracy avec son trio le samedi 13 octobre prochain au café-théâtre les Beaux Instants du Centre culturel de Tracy à l'invitation des Productions Azimut.

L'artiste habite Montréal depuis une quinzaine d'années. C'est la joie de vivre de certains Québécois rencontrés à Banff, en Colombie-Britannique, qui lui a donné le goût de s'établir dans cette ville qu'il dit aimer particulièrement pour son aspect à la fois cosmopolite et culturel. Les arts, à Montréal, sont vivants, et puis, la nature est accessible à moins d'une heure de la ville, a-t-il déclaré à La Voix lors d'une entrevue téléphonique.

À l'écoute de son plus récent album intitulé Sans souci, qu'il a enregistré avec l'accordéoniste français Daniel Mille et le batteur Pierre Tanguay, on se laisse facilement imprégner de cette musique très différente de ce que l'on peut entendre d'ordinaire.

En effet, accoupler le violoncelle électrique (pas à la manière de Claude Lamothe, cependant), à l'accordéon confère à l'œuvre de Longsworth une sonorité unique. Ceci dit, l'accordéon, qui occupe une grande place, pourrait évoquer un style plus européen. Quand on lui pose la question, Éric Longsworth refuse d'étiqueter son œuvre musicale de cette façon. Je ne vois pas ma musique comme une musique américaine, européenne ou québécoise. Mon instrument, le violoncelle, n'a pas vraiment d'histoire en dehors de la musique classique, tout comme l'accordéon, qu'on associe au folklore ou à l'accordéon musette, n'a pas d'histoire dans d'autres styles musicaux. Assurément, il souhaite sortir des sentiers battus et explorer d'une nouvelle façon la jungle musicale.

Sa musique se rallie un peu plus au jazz – Longsworth a joué avec le groupe Contrevent – mais pas dans le sens classique du terme. C'est jazz, parce que ça laisse une grande place à l'improvisation, a-t-il fait remarquer.

Je n'avais jamais pensé à jouer avec un accordéoniste, a-t-il poursuivi, mais quand j'ai entendu jouer Daniel Mille, j'ai voulu jouer avec lui.

C'est donc le musicien qu'il a choisi, et le fait que cela réunisse deux instruments atypiques ne le désarçonne pas.

Je ne suis pas directement inspiré par mes voyages, mais beaucoup plus par des sentiments que des lieux.
«Sans souc» fait état de la joie de vivre. Il y a même de la joie dans la souffrance, a-t-il fait remarquer. Je vois la joie de vivre à travers les yeux d'enfants, a déclaré ce père de deux enfants. Ils sont tellement vivants ! Ils croquent dans la vie.

La joie de vivre, le bonheur, voire une certaine naïveté, c'est donc ce que nous proposera le trio Éric Longsworth lors de son passage. Nous présenterons les pièces de l'album, plus de nouvelles pièces, qui demeurent fidèles à l'esprit de «Sans souci».

Ce dernier est un album tout en douceur, même si l'artiste utilise le violoncelle électrique. Les amateurs de musique d'atmosphère apprécieront sûrement, et ils auront parfois même l'impression d'être installés à une terrasse, sirotant un verre de vin à Paris... ou même à Montréal, pourquoi pas !

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