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Il devait être dans le World Trade Center, mardi dernier ; Sylvain Guimond l'a échappé belle !

17 Septembre 2001 - La Voix - C'était l'enfer ! Voilà les premiers commentaires lancés à La Voix par Sylvain Guimond, propiétaire de la compagnie Tonix, qui, après un périple de plus de 36 heures, a pu regagner sain et sauf Sorel-Tracy, dans la nuit de mercredi à jeudi, après avoir été au cœur de l'action à New York au moment où des terroristes ont détruit les deux tours du World Trade Center.
M. Guimond, spécialiste de l'évaluation physique d'athlètes professionnels, dont on a déjà fait état dans nos pages l'année dernière, s'était rendu la semaine dernière avec Gaétan Lefebvre, du club de hockey les Canadiens de Montréal, pour procéder à l'évaluation des joueurs des Rangers de New York.
Au départ, le camp devait se faire mardi, dans un des locaux du World Trade Center, relate-t-il avec sûrement un frisson dans le dos. Cependant, les locaux étaient trop petits, et nous nous sommes retrouvés finalement au Madison Square Garden.
M. Guimond peut donc dire Ouf...
Nous étions entrain de faire des tests, mardi matin, quand quelqu'un est arrivé nous disant qu'un avion venait de foncer dans une des tours. Nous avons ouvert la télévision et là, nous avons vu le 2e avion. En même temps, nous commencions à entendre des bruits et des cris à l'extérieur. Dehors, c'était de la boucane noire, noire, noire. À un moment donné, on a réalisé que les tours étaient tombées parce que la fumée était plus basse. Il y avait en effet trop de fumée pour que l'on puisse apercevoir les tours. Par chance, le vent ne soufflait pas dans notre direction.
Les hommes ont voulu sortir, mais par peur des explosifs, le service de sécurité a préféré les garder à l'intérieur du stade. La circulation était de toute façon bloquée, c'était la panique dans les rues. Nous, on a continué à faire des évaluations pendant un bout de temps.
M. Guimont devait en principe revenir au Québec le soir même. Les vols d'avion étant évidemment annulés, l'organisation des Rangers a réussi à trouver un hôtel pouvant accueillir M. Guimond et ses collègues. De mon hôtel, j'entendais les cris des gens, les sirènes et j'ai vu la 7e tour s'effondrer. C'était inimaginable, pareil comme en temps de guerre. Tu ne peux pas t'imaginer le silence qui régnait par la suite, c'était incroyable. Dans les rues, au restaurant, personne ne parlait.
Les gens entraient dans l'hôtel, demandant si on avait vu telle ou telle personne. Tout le monde cherchait un parent, un père, une mère. Les pompiers étaient couverts de poussière. Je ne souhaite à personne de vivre ça.
Car la crainte était là, sournoise : les terroristes vont-ils frapper de nouveau, vont-ils faire exploser les ponts ? On se sentait vraiment impuissant.
M. Guimond, après ça, aurait bien voulu pouvoir quitter tout de suite la grosse Pomme. J'avais juste hâte de rentrer. Cependant, l'automobile qu'il avait louée, il n'a pas réussi à la retrouver à cause des décombres. On voulait prendre le train pour sortir de la ville, mais, évidemment, nous étions plusieurs milliers de personnes à vouloir faire de même.
En même temps, il tentait depuis plusieurs heures de téléphoner au Québec afin de rassurer les siens.
Ça a pris plus de deux heures avant d'obtenir une ligne, car elles étaient toutes encombrées. Même quand j'ai obtenu la communication avec mon bureau de Montréal, je n'ai eu le temps de dire de communiquer avec toutes les autres personnes que j'aurais voulu rejoindre, et la ligne s'est coupée.
M. Guimond a finalement réussi à quitter New York grâce à une carte staff remise par l'organisation des Rangers. Un employé de la gare, amateur de hockey, a facilité la chose en lui donnant accès à un escalier.... Mais le Québécois qui devait rejoindre la ville d'Albanie pour récupérer une voiture qu'il avait loué à partir de New York, s'est plutôt retrouvé dans le train qui allait à St-Albans, dans le Vermont, où aucune voiture n'était disponible. Finalement, de St-Albans, il a réussi à embarquer dans un autobus, même sans avoir en poche un billet d'embarquement, qui l'a ramené au Québec. Vous dire comment j'étais heureux quand je suis arrivé aux abords de Sorel-Tracy, les mots me manquent. J'étais juste heureux de pouvoir serrer mes enfants et mon épouse. C'était la chose la plus essentielle. J'ai été chanceux.
Chanceux, oui, car ce n'est pas la première fois que Sylvain Guimond échappe à la mort. Il y a trois ans, il s'est rendu à Toronto à bord d'un jet privé nolisé avec des collègues. Le lendemain, le même avion crashait à Mirabel avec à son bord une dizaine de personnes.
Avec quelque 45 voyages aux États-Unis en deux ans, M. Guimond admet courir plus de risque qu'une autre personne. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Cette semaine, on l'a échappé belle, a-t-il conclu.
Mais malgré l'horreur, Sylvain Guimond se rendra probablement aux États-Unis la semaine prochaine. À Los Angeles, plus précisément.














