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Les travailleurs rejettent les demandes monétaires de Slater à 94 %

Aciers Atlas
20 Décembre 2003 - La Voix - 266 travailleurs des Aciers Atlas, sur un nombre total de 287 votants, ont rejeté les demandes budgétaires que la compagnie mère Slater leur avait demandées dans le but d'étoffer un plan de redressement budgétaire de l'entreprise, placée en juin dernier sous la Loi de la protection de la faillite.
Le vote secret s'est tenu mercredi, et le libellé de la proposition était sensiblement le suivant "oui ou non, acceptez-vous les demandes monétaires de Slater ?"
C'est donc dans une proportion de 94% que les travailleurs ont refusé d'accorder ces compensations financières, qu'ils chiffrent à 3,2 M $.
En entrevue téléphonique, le président du syndicat affilié à la CSN, Yves Larrivée, a déclaré à La Voix que les demandes de l'entreprise étaient évaluées à environ 5 $ de l'heure. Le salaire horaire moyen actuel des travailleurs syndiqués est de 22 $ à 23 $, a-t-il précisé.
Les demandes de Slater ne comportaient aucune garantie, a avancé M. Larrivée pour justifier en partie la décision des syndiqués. Les syndiqués craignaient de faire face quand même à une éventuelle fermeture dans quelques mois, après avoir vu leur salaire réduit de quelque 10 000 $ par année. Par exemple, une importante concession financière, assortie d'une garantie de travail pour un nombre déterminé d'années, quatre ou cinq, aurait pu être envisageable, selon certains travailleurs rencontrés au hasard.
Selon M. Larrivée, aucun investisseur sérieux n'a par ailleurs montré un intérêt marqué jusqu'à maintenant pour l'acquisition d'Atlas.
En août, a rappelé M. Larrivée, Slater faisait sa demande au syndicat, sans garantie. Après, il y a eu un investisseur potentiel qui avait demandé à Slater de négocier avec le syndicat, qui avait également reçu de son côté un mandat de son assemblée générale pour négocier.
Finalement, déplore M. Larrivée, il n'y a jamais eu de négociation, et cet investisseur a décidé de se retirer. Les autres investisseurs n'ont jamais eu réellement des intentions sérieuses, a noté le président syndical. Mais ça fait longtemps qu'ils (Slater) nous mettent de la pression.
Les travailleurs n'ont-ils pas peur de voir l'entreprise fermer définitivement ses portes, puisque le plan de redressement de Slater, qui devait être déposé jeudi (18 décembre) devant le juge, n'est valable que s'il inclut les concessions des travailleurs ?
Ce sont nos jobs, et on a toujours manifesté une ouverture, se défend M. Larrivée. Lors de l'assemblée de cette semaine, on a expliqué les conséquences possibles du vote. Nous avons été transparents. Les gens ont voté en toute conscience, y compris avec un risque de fermeture. Les travailleurs sont prêts à faire une ouverture avec l'employeur, mais pas de cette façon-là, a-t-il précisé.
M. Larrivé a par ailleurs indiqué que le syndicat de l'autre usine de Slater à Hamilton, en Ontario, s'est également retiré de la table de négociation avec leur employeur. Il croit que ces syndiqués voteront dans le même sens que leurs confrères de Tracy.
Le pdg de Slater abattu
C'est sans conteste avec un ton abattu que le président directeur général des Aciers Atlas, Michel Tellier, a brièvement répondu aux questions de La Voix.
Je n'ai pas beaucoup de commentaire à faire à l'heure actuelle, mais ça va toucher beaucoup de monde. Slater présentait son plan de redressement aujourd'hui (jeudi), mais la décision du syndicat fait tout "fouèrer". Ça n'annonce rien de bon pour l'avenir, a-t-il soutenu.
M. Tellier se dit surpris du pourcentage élevé du vote. Je ne m'attendais pas à un pourcentage aussi fort. Nous avons passé à travers bien des épreuves, et je pensais qu'on avait réussi à convaincre les travailleurs du bien fondé de nos demandes a-t-il déploré.
Le pdg a toutefois précisé que la situation ne touche pas les Forges de Sorel, qu'il dirige également. Nous avons des offres d'achat pour les Forges, mais personne n'est actuellement intéressé à Atlas, a-t-il fait savoir.
Atlas va-t-il fermer ? Des rumeurs circulaient même cette semaine à l'effet que l'entreprise aurait pu fermer vendredi (hier).
M. Tellier répond qu'une décision devrait vraisemblablement être prise au début de janvier. Mais ce n'est pas Slater qui va décider. Ce sont les banques... a-t-il conclu.














