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Des centaines de personnes ont manifesté contre le gouvernement Charest
14 Décembre 2003 - La Voix - Près de 500 personnes ont bravé la pluie diluvienne, jeudi en fin d'après-midi, pour manifester leur mécontentement face aux différents projets de lois que compte faire adopter à toute vapeur le gouvernement Charest, avant la période des Fêtes. Ces personnes provenaient principalement des syndicats CSN de la région, ainsi que des organismes communautaires.
Un groupe est parti du Conseil central de la Montérégie, rue de l'Église, secteur Tracy, pour traverser à pied le pont Turcotte et rejoindre, dans le Carré royal, un autre groupe parti du centre Desranleau.
Outre le vice-président du Conseil central de la Montérégie, Robert Morand, étaient présents plusieurs présidents des syndicats CSN de la région.
Le vice-président de la CSN, Roger Valois, était également sur place, ainsi que le président de la Fédération de la métallurgie (CSN) Alain Lampron, et le député fédéral Louis Plamondon, venu appuyer les manifestants.
Le député Sylvain Simard a pour sa part fait parvenir une lettre d'appui, se disant retenu à l'Assemblée nationale à cause de l'adoption de ces lois. Le président du syndicat des ouvriers de QIT-Fer et Titane, Pierre Gélinas, aurait préféré voir le député sur place, a-t-il lancé aux manifestants.
En conférence de presse quelques heures plus tôt, les représentants syndicaux avaient tenu à dénoncer les projets de lois qui, selon eux, conduiront au démantèlement des acquis sociaux et syndicaux qui font du Québec un état moderne, ainsi qu'à une détérioration des conditions de travail et à un appauvrissement d'une large part de la population, s'ils sont adoptés tels quels. Les syndicats réclament le retrait des projets suivants, ou, à tout le moins, des amendements substantiels :
Le projet de loi no. 31, qui modifie l'article 45 du Code du travail, et qui ouvrira la porte à la sous-traitance; le projet de loi no. 30, qui cherche à diminuer le nombre d'accréditations syndicales dans le secteur de la santé; le projet de loi no. 25, qui provoquera la fusion des établissements de santé et de services sociaux; les projets de lois no. 7 et 8, qui restreignent le droit à la syndicalisation à certains groupes de travailleurs - en garderie familiale, notamment; et finalement, le projet de loi no. 32, qui portera le tarif des garderies à 7$ par jour, ceci sans compter des hausses de tarifs demandées par Hydro-Québec, une possible tarification de l'eau, et des coupures dans la Régie des rentes du Québec en ce qui concerne les allocations aux conjoints survivants.
Selon Denise Letendre, présidente du syndicat des employé-es de l'Hôtel-Dieu de Sorel, en votant ces projets de lois, le gouvernement ne s'attaque pas au vrai problème du réseau de la santé qui est, estime-t-elle, le manque de financement. Si on ne règle pas ce problème, ce sont les soins directs à la population qui seront touchés, a-t-elle déclaré.
Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu une telle mobilisation, a de son côté fait remarquer le président des travailleurs d'Alstom, Mario Cournoyer, qui estime que le mécontentement de la population est généralisé, et qu'il ne touche pas seulement les syndiqués des secteurs public et privé.
Ce qui me touche le plus, a de son côté noté M. Gélinas, de QIT, c'est l'appauvrissement de l'article 45 concernant la sous-traitance. On ne peut pas regarder le gouvernement mettre la hache dans tout ce qui a été bâti au Québec. Nous allons être aussi tenaces que Charest. Une des grandes forces de Jean Charest a-t-il ironisé, est qu'il a motivé les travailleurs et la population à se rallier autour de revendications communes.
Robert Morand, par ailleurs, a rappelé la situation particulière du Bas-Richelieu, qui compte son lot de chômeurs, d'assistés sociaux, sans compter le problème du vieillissement marqué de la population. Tout le monde travaille dans la région pour essayer de stabiliser et d'améliorer la situation, et le gouvernement veut démolir tout ça, a-t-il déploré.
Une des solutions de rechange serait, selon les représentants syndicaux, que le gouvernement du Québec aille à Ottawa chercher l'argent qui est due au Québec : Le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces, c'est là qu'est le problème, soutiennent-ils.
D'ici le 19 décembre, date où les projets de lois doivent en principe être adoptés, les syndiqués comptent de nouveau manifester leur mécontentement par d'autres actions d'éclat.














