Six ans après le regroupement
«Il est temps de faire le point», propose le conseiller Michel Berthiaume


Le conseiller Michel Berthiaume

17 Février 2007 - La Voix - Climat de travail tendu au sein du conseil municipal de Sorel-Tracy, manque de leadership à son avis, le conseiller Michel Berthiaume estime qu'il est maintenant temps, six ans après le regroupement municipal, de faire le point.

Aujourd'hui, il y a une lumière rouge. Il y a un dérapage en ce qui concerne le climat de travail au sein du conseil. Je questionne le style de gestion et le leadership, a lancé M. Berthiaume, de passage aux bureaux de La Voix cette semaine.

Il souhaitait ainsi exprimer son insatisfaction envers le climat de travail qui sévit depuis quelques mois au sein du conseil municipal et qui donne parfois lieu, à l'occasion des assemblées publiques, à des scènes parfois disgracieuses.

M. Berthiaume se défend bien de jouer l'empêcheur de tourner en rond. Le conseiller, qui est le plus ancien à siéger, rappelle que jusqu'à l'automne dernier, il avait appuyé la grande majorité des dossiers mis de l'avant par le conseil.

Il est donc faux, fait-il remarquer, de penser qu'il souhaite voter systématiquement contre tous les projets. S'il a voté contre le budget en décembre, c'est qu'il y a des projets envers lesquels il ressent de fortes réticences.

Il y a des dossiers avec lesquels je ne suis pas à l'aise, admet-il, donnant en exemple l'édification d'une salle de spectacles au coût de plusieurs millions de dollars - ce n'est pas une priorité, tranche-t-il - ou la vente du garage municipal pour permettre au CIT de déménager la gare d'autobus. Le problème du CIT n'est pas celui de la municipalité, fait-il remarquer. Selon lui, le déménagement du garage entraîneraient de trop grosses dépenses pour la ville.

De l'avis de Michel Berthiaume, le conseil devrait plutôt recommencer à travailler à des dossiers qui font déjà l'unanimité, de façon à ramener une certaine harmonie au sein du conseil. Il est temps que ce climat empoisonné cesse, croit-il.

Au lieu de s'entêter, le maire (Marcel Robert) devrait travailler à des dossiers qui font l'unanimité au conseil et qui sont rassembleurs, laisse-t-il entendre. Par exemple, le programme de rénovation du vieux-quartier, pour lequel les différents niveaux de gouvernement contribuent, est un projet rassembleur. La question du logement social sur l'emplacement de l'église Saint-Maxime, personne ne va s'opposer à cela non plus. Il y a des beaux dossiers qui peuvent faire l'unanimité, remarque-t-il.

À l'heure actuelle, c'est à celui qui tire le plus fort. Ça me fatigue. C'est aussi difficile de travailler un plan de développement sans faire ressortir les priorités. Personnellement, je suis prêt à mettre de l'eau dans mon vin, mais il faut considérer la limite de capacité de payer qui est, à mon avis, atteinte.

Michel Berthiaume rappelle qu'il a été un des premiers conseillers à favoriser le regroupement municipal alors qu'il était conseiller dans l'ancienne ville de Tracy. Il est revenu sur la question à plusieurs reprises, puisqu'il avait au départ reçu une fin de non recevoir par ses collègues de l'époque. Mais il se dit content d'avoir pu passer à travers cet important dossier.

Par ailleurs, M. Berthiaume tient à se dissocier de tout regroupement politique municipal. Je ne veux pas m'associer à aucun groupe, a-t-il déclaré, faisant notamment référence à l'Association de vigie municipale et un de ses ténors actuels, André Mandeville, ex-candidat à la mairie lors des dernières élections. Il dit ne pas représenter ses collègues Yvon Bibeau et Marcel Lavallée, qui ont, comme lui, voté contre le budget. C'est à titre strictement personnel qu'il a dit vouloir faire ses déclarations.

D'autre part, Michel Berthiaume questionne aussi l'implication financière de Sorel-Tracy concernant les quote-part versées pour la MRC et, surtout, pour le CLD. C'est quoi le travail qu'ils font ? La population ne sait à peu près rien. Il y a trop de choses qui sont traitées en vase clos. Ce n'est pas parce que je pense qu'on cache quelque chose, admet-il, mais c'est le l'argent public. Mon impression, c'est qu'il y a beaucoup de personnes assises sur la même chaise. Est-ce que c'est fondé ? Peut-être y a-t-il intérêt à revenir à la population. Si c'est o.k., pas de problème !

Revenant sur la question du leadership du maire, Michel Berthiaume estime que ce dernier doit avoir la capacité de rassembler les gens autour de lui.

Oui, la ville a à jouer son vrai rôle de "démarreur", laisse-t-il entendre.

À titre d'exemple, M. Berthiaume salue la campagne de construction résidentielle dans laquelle la ville a injecté un montant de départ, et pour laquelle plusieurs entrepreneurs privés contribuent maintenant pour un montant d'environ 100 000 $.

Mais parfois, le maire s'avance tellement qu'il y a des gens qui auraient été prêts à investir, mais à cause de ce qu'il a laissé entendre, se retiennent car ils attendent que la ville mette de l'argent. Autre exemple en ce sens, l'église Notre-Dame. Selon lui, le maire s'est tellement avancé que les discussions entourant la fermeture de cette église étaient teintées de cette promesse. Personnellement, je n'aurais jamais osé m'avancer comme ça d'avance, a-t-il soutenu.

C'est malheureux qu'on en soit rendu là, lâche le conseiller en guise de conclusion. Je veux que notre développement réussisse, qu'on avance, et c'est pourquoi il faut faire le point et prendre un temps de réflexion, a-t-il enfin proposé.

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