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Jocelyna Dubuc : une visionnaire, une battante, une gagnante!

14 Février 2007 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Née à Sorel en 1947, Jocelyna Dubuc est une visionnaire accomplie, une battante de tous les instants, une gagnante de chacun de ses combats. La petite fille à la santé fragile de la rue Decelles, puis de la Terrasse Duvernay et de la rue DesGroseillers est aujourd’hui une grande femme d’affaires de l’Estrie, authentique et déterminée. Fondatrice du Spa Eastman en 1977, un modèle de référence des spas au Québec, Mme Dubuc a récolté plusieurs honneurs professionnels en méritant le titre de Personnalité touristique de l’année au Québec, a été intronisée au Temple de la renommée du tourisme canadien et récemment, on lui a décerné le titre d’ambassadrice du Mérite estrien 2007.
Tous ses succès font, par le fait même, de Mme Dubuc une véritable ambassadrice pour la région de Sorel-Tracy, un milieu qu’elle a habité jusqu’à l’âge de 22 ans. Elle avait alors décidé de quitter son pays pour l’Inde afin de donner un sens à sa vie. Son père, Gustave Dubuc, habite toujours la région, près du fleuve Saint-Laurent, le chalet de l’enfance des Dubuc. Spontanément, elle se rappelle de bons souvenirs d’adolescentes avec ses amis de la gang à Jacques Cournoyer, de ses étés passés à se baigner dans les eaux du fleuve Saint-Laurent, de ses moments agréables vécus sur la plage du parc de la Pointe-aux-Pins à Saint-Joseph-de-Sorel et de son expérience de duchesse au carnaval.
«Je garde de très bons souvenirs de mes années à Sorel. C’est un milieu riche. C’est d’ailleurs dans un petit commerce de la rue Augusta, dans les années 1960, que j’ai découvert, pour la première fois, les produits naturels», nous a-t-elle confié.
Les premières années de vie de Mme Dubuc ont été plutôt difficiles en raison de sa santé fragile. Elle a manqué beaucoup de journées de classe. À l’adolescence, ses problèmes de santé se sont poursuivis alors qu’elle souffrait notamment de douleurs aux articulations. Puis surviendra une expérience marquante dans sa vie de jeune femme. «J’avais 20 ans. Voyant que ma santé ne s’améliorait pas et après avoir lu sur les options qui s’offraient à moi, j’ai décidé de suivre une cure de raisin pendant 15 jours. Ça n’a pas été facile, mais j’en suis sortie heureuse et en santé comme jamais. Ça m’a ouvert les portes sur une nouvelle vie. Ma vie a pris un nouveau tournant. Ajoutez à cela la méditation et le yoga, j’ai eu le goût de créer un endroit différent». Naîtra en 1977 le Spa Eastman.
Croire en ses rêves
Après avoir déniché un véritable paradis, Jocelyna Dubuc s’est lancée dans l’aventure du spa santé. Depuis, elle est affiliée au prestigieux «Destination Spa Groupe», qui ne compte que 26 membres dans le monde. Ceux-ci se distinguent par leur mission d’éducation et de remise en forme, en appuyant sur un menu exclusivement santé et savoureux. On n’y offre que des aliments qui permettent le ressourcement et la remise en forme. Mme Dubuc a dû croire en ses rêves, convaincre les gens de sa vision et s’en inspirer pour les nourrir de sa passion d’un «Québec en santé et heureux». Elle n’a jamais eu peur de défendre ses convictions dans une société qui n’a pas toujours accepté aussi facilement l’importance de la nutrition, de la détente et de l’environnement sur la santé.
Au fil des années, elle a reçu l’aide financière et la confiance de son frère Normand et de son conjoint Gérard Marinovich, alors que les banques refusaient de croire en ses projets.
Elle n’a pas baissé les bras et sa réussite actuelle lui donne raison. Le Spa Eastman emploie 170 personnes et possède trois points de services dont deux près de Montréal.
«Il y a plusieurs années, voir une femme propriétaire unique d’une entreprise faisait peur aux banquiers. La réalité en est toute autre aujourd’hui», a-t-elle indiqué, tout en espérant que la mentalité du gouvernement fera de même quant à la possibilité un jour de voir le ministère de la Santé du Québec travailler en concertation avec son entreprise. Elle aimerait aussi que le tourisme de santé soit développé autant au Québec qu’il ne l’est en Europe. Pour elle, il ne fait aucun doute que les deux secteurs sont complémentaires.
«Je suis heureuse du succès mérité depuis trois décennies par l’entreprise, mais je demeure attristée de constater que le système de santé traditionnel ne souhaite pas travailler en concertation avec la médecine alternative. Chaque secteur a des forces extraordinaires qui nous permettraient de travailler mieux, de permettre à l’humain de vivre en santé», a dit souhaiter Mme Dubuc, une femme de cœur inspirée par le bonheur dans son entourage. «J’ai le goût de travailler encore longtemps, de faire découvrir les bonnes valeurs aux gens. Les changements sont rapides dans notre société et il y a des progrès importants. Le corps a toutefois besoin de s’ajuster à tous ces changements, alimentaires entre autres. C’est à l’individu de s’occuper de sa santé en adoptant de bonnes habitudes de vie».
Valoriser le tourisme
Nommée, en mai 2006, Personnalité touristique de l’année lors des Grands Prix du tourisme québécois, Mme Dubuc soutient que le secteur touristique n’obtient pas la reconnaissance qu’il mérite. «Le tourisme est la première industrie d’importance dans le monde, mais on le traite comme un secteur de second ordre. Le tourisme va puiser dans toutes les sphères de la société. Il balaie un vaste éventail de métiers, tous aussi importants les uns que les autres. Le tourisme doit permettre de se valoriser comme région. Les petits commerces doivent savoir mettre en valeur les richesses de leur milieu. Il faut que les forces du milieu parviennent à travailler ensemble, à développer ce qui les rend fier, l’authenticité de leur région», a-t-elle conclu avec sagesse.














