![]() |
L'Atelier du chômeur cesse son service de collecte des encombrants

6 Décembre 2003 - La Voix - C'est en raison des coûts qu'une telle activité génère que l'Atelier du chômeur a cessé cette semaine d'offrir à la population son service de collecte des encombrants. Selon le président de l'Atelier, Vincent Smith, cette activité nécessite annuellement un investissement d'environ 70 000 $ pour faire rouler le camion (essence, assurances et entretien) pour payer les salaires et défrayer les autres frais connexes.
Depuis 1993, l'Atelier du chômeur fait campagne pour que la population utilise son service de collecte des encombrants, rappelle M. Smith.
Ce service gratuit était apprécié de la population car les citoyens pouvaient faire appel à l'Atelier à n'importe quel moment, croit-il.
Aujourd'hui, les alternatives sont l'utilisation de la collecte effectuée par Conporec, une fois par mois (la première semaine complète du mois), ou la possibilité d'aller porter soi-même l'encombrant à l'Atelier (sans frais) ou chez Conporec (des frais sont chargés).
La directrice de l'Atelier du chômeur, Jacinthe Sirois, a indiqué de son côté que des approches ont été faites à plusieurs reprises pour que la MRC s'implique financièrement dans ce service rendu par l'Atelier.
Récemment, une lettre à cet effet datée du 25 novembre a été envoyée au conseil des maires de la MRC et à chaque municipalité, les enjoignant à reconnaître le travail de l'Atelier dans le cadre de la mise en place, notamment, du Plan de gestion des matières résiduelles.
En cessant la collecte des encombrants, nous remettons les dirigeants de la MRC devant leurs responsabilités, estime Mme Sirois, qui espère ainsi que les gens prendront conscience que le travail de l'Atelier est essentiel pour la région.
Selon elle, il faut forcer la MRC à prendre conscience que sans l'efficacité de l'Atelier, la rentabilité de Conporec n'est pas si évidente, car grâce à la collecte, le taux d'enfouissement de Conporec est de beaucoup moins élevé, ce qui veut dire des économies importantes.
D'autre part, "le paysage" pourrait également changer car il y a des gens qui vont mettre leurs encombrants au chemin sans attendre la semaine où ils sont ramassés.
Nous sommes prêts à discuter et à travailler avec la MRC. S'ils veulent, on peut reprendre le service dès demain, fait savoir Mme Sirois.
Cette dernière a fait remarquer que l'arrêt de ce service touche aussi des emplois, dont celui des chauffeurs du camion et de M. Smith, responsable du département des électroménagers. Selon Jacques Larochelle, directeur administratif de l'atelier, le volume collecté sera forcément moindre.
L'Atelier fait présentement signer une pétition demandant à la MRC de prendre une position claire et de faire en sorte que l'Atelier reçoive "sa juste part monétaire de la cueillette des encombrants que l'entreprise effectue sur le territoire".
Rejoint au téléphone, le directeur général de la MRC, Denis Boisvert, a indiqué que la lettre envoyée par l'Atelier était arrivée le lendemain de la tenue de l'assemblée mensuelle du conseil. Comme il n'y a pas de séance en décembre, cette demande ne sera soumise au conseil des maires que lors de la séance du mois de janvier.
L'entreprise la plus efficace au Québec
L'Atelier du chômeur se targue d'être, dans son créneau d'activité, "l'entreprise la plus efficace au Québec", son taux d'enfouissement étant particulièrement peu élevé.
Sur 1353 tonnes de matières résiduelles, 1014 sont réemployées, et 197 sont recyclées ou mises en valeur. En bout de ligne, seules 142 tonnes de matières sont mises au rebut.
De plus, les statistiques démontrent que 85% des matières récupérées, incluant les encombrants, proviennent du secteur résidentiel.
Il faut spécifier également que cette récupération a un coût, que ce soit pour la collecte ou le travail nécessaire pour la mise en condition des appareils : 358$ la tonne pour les vêtements, 149$ la tonne pour les meubles, 236$ pour les électroménagers, et 435$ la tonne pour l'audio-vidéo.
La popularité du service de collecte des encombrants a grimpé de façon considérable depuis 10 ans. En 1993-1994, on a récupéré 66 tonnes métriques d'encombrants, alors qu'en 2002-2003, on a récupéré 733 tonnes métriques. Globalement, plus que la moitié des articles collectés ont été remis en circulation au lieu d'être enfouis. Le pourcentage de matériel non récupérable est très faible, et il est passé de 10,4% en 1993 à 5% en 2002.














