Le Festival de la gibelotte quitte le centre-ville !

1 Novembre 2003 - La Voix - Le 27e Festival de la gibelotte, qui se tiendra du 9 au 17 juillet 2004, n'aura pas lieu au centre-ville de Sorel-Tracy. C'est ce qu'a fait savoir mercredi le président Sylvio Bouchard, en présence des autres membres du comité organisateur.

Cette décision fait suite à un avis juridique émis la semaine dernière qui confirme l'illégalité d'une tarification obligatoire pour accéder au centre-ville.

Nous avons analysé différentes alternatives, mais face au manque à gagner qu'entraînerait la non tarification, nous avons décidé, à l'unanimité, de déménager le Festival, a indiqué M. Bouchard, qui a dit avoir discuté de la question avec d'autres intervenants, y compris les commanditaires de l'événement.

Le Festival, qui souhaite grossir année après année, ne peut se permettre de retourner en arrière, clame M. Bouchard. Ainsi, un procédé tel que la contribution volontaire ne permettrait pas d'assurer une sécurité financière suffisante, croit-il. Et une 27e édition sans tarification et sans diminuer la qualité de l'événement est impossible, a-t-il ajouté.

D'autre part, une rencontre avec les représentants municipaux et ceux de la Société de développement commercial du Vieux Sorel (SDC), la semaine dernière, n'a pas permis à l'organisation d'obtenir des garanties financières suffisantes quant à un éventuel manque à gagner qui pourrait s'élever à 200 000 $, croit-on.

À la recherche d'un nouveau site
M. Bouchard l'admet, l'organisation devra faire très vite pour trouver un nouveau site.

Il y a deux ans, lors du 25e anniversaire du Festival, des études avaient été faites en ce sens. On a donc déjà des éléments sur lesquels s'appuyer.

Le site privilégié à l'heure actuelle, selon M. Bouchard, est le terrain de l'école secondaire Fernand-Lefebvre, où se déroule, depuis deux ans, le Festival Western de Sorel-Tracy.

L'organisation tentera donc d'obtenir les autorisations nécessaires pour l'utilisation de ce site, après avoir vérifié l'état de certaines infrastructures.

Toutefois, le meilleur site aurait été le quai # 2, situé près du traversier Sorel-St-Ignace, mais il ne pourra pas être utilisé avant plus d'un an. Ce quai, propriété du gouvernement fédéral, doit être racheté par la Ville de Sorel-Tracy, mais différents problèmes bureaucratiques étirent la transaction depuis plusieurs années.

Sinon, les autres sites potentiels pourraient être le secteur du centre-culturel, du côté de Tracy, ou le terrain de l'exposition agricole, derrière le Colisée Cardin..

Le parc Regard sur le fleuve ne saurait d'autre part être envisagé, de dire M. Bouchard, la configuration du terrain étant trop allongée.

Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on quitte le centre-ville, a assuré M. Bouchard, qui considère que la situation n'est pas la même qu'il y a deux ans, alors qu'un déménagement avait également été envisagé.

À l'époque, a-t-il rappelé, le désir de déménager était attribuable au fait que l'organisation voulait grossir l'événement. Mais finalement, on avait réussi à agrandir "par en-dedans" dans le centre-ville, et nous étions contents du résultat.

Selon lui, le Festival a très bien été les deux dernières années et si, en 2002, on a enregistré des pertes de 18 000 $, et de 48 000 $ en 2001, l'année 2003 a amené un surplus de 26 000 $. Le surplus accumulé est maintenant de 147 000 $, et le budget annuel frôle les 700 000 $.

Selon M. Bouchard, pour être une organisation "en santé", le surplus accumulé doit être au moins du tiers du budget, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. C'est également pourquoi l'organisation ne souhaite pas abandonner la tarification.

En ce qui concerne les états financiers, M. Bouchard a rappelé qu'il était possible pour tout citoyen de les consulter au bureau du Festival. Toute comme son collègue André Bélanger, le président a déploré la mise en doute par certaines personnes à l'égard des états financiers et de l'exactitude des chiffres avancés, notamment en ce qui concerne la vente de laissez-passer.

Nos chiffres sont publics, puisque nous déposons chaque année nos états financiers à la Ville de Sorel-Tracy. C'est la firme d'experts Bibeau & Bibeau qui vérifie nos entrées et la vente de bière, a-t-il fait valoir.

Dans un autre ordre d'idées, André Bélanger assure que l'organisation veut encore mettre les mêmes efforts pour offrir à la population un festival de qualité, même s'il n'est plus au centre-ville. Admettant que les membres du comité ont en grande majorité un "certain âge" - quatre membres sur cinq sont à la retraite, et qu'il y a peu de relève, il a profité de l'occasion pour inviter des jeunes à s'impliquer au sein de l'organisation.

Un nouveau défi
Déménager le site du Festival, après 26 années de succès au centre-ville, constituera un nouveau défi, admettent les membres de l'organisation. D'un côté, le contrôle des entrées sera plus efficace, et la consommation sur place sera plus importante. La sécurité coûtera moins cher également, affirme M. Bélanger.

De l'autre, il y a la perte de l'ambiance du centre-ville, à laquelle prenaient par les commerçants avec la vente-trottoir et la tenue de divers spectacles organisés par les tenanciers. Cela pourra-t-il être compensé adéquatement ?

Et, surtout, comment réagira le public ?

Ce déménagement pourrait finalement être positif, croit Jacques Chevalier, un autre membre de l'organisation. Selon lui, la tenue du Festival a toujours été positive pour les détaillants d'essence, par exemple. M. Chevalier estime que l'effervescence causée par la tenue du Festival continuera d'être favorable aux commerces et restaurateurs de la région en général.

Finalement, l'année 2004 sera une année très importante pour l'avenir du Festival et ce, même si ce n'était pas notre choix, a conclu M. Bouchard.

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