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Le conseil d'administration retarde sa décision au 29 septembre

Hopital Hotel-Dieu de Sorel
30 Septembre 2003 - La Voix - Le conseil d'administration de l'Hôtel-Dieu de Sorel n'a pas encore tranché au sujet du projet de coupure d'une quinzaine de lits présenté par la direction de l'hôpital lors de la dernière assemblée mensuelle du c.a. tenue lundi dernier. Cette décision se prendra le 29 septembre, lors d'une assemblée spéciale qui aura lieu à 18h30.
La présidente locale du Syndicat des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), Sonia Cossette, de passage aux bureaux de La Voix cette semaine, s'est déclarée heureuse de ce report, qu'elle attribue en partie à la représentation qu'a faite son syndicat lors de la séance de la semaine dernière.
Essentiellement, Mme Cossette, qui était accompagnée de son agente de grief, Maryse Paul-Hus, estime que le projet de la direction entraînerait plutôt la fermeture nette de 23 lits. Quand l'urgence et l'observations débordent - ce qui arrive souvent plus de la moitié du temps, estiment les deux femmes, graphiques à l'appui pour les mois estivaux - le personnel est obligé d'installer les patients un peu partout, notamment dans les cubicules de l'urgence, ce qui ralentit le roulement de ce service.
Si on accepte ce projet, on se vote une médecine de corridor, croit Mme Cossette. Ce qui, selon elle, détériore la qualité de vie des patients, surtout en ce qui concerne les cas plus lourds (cas cardiaques, d'hémorragie digestive, notamment). Les patients n'ont plus de dignité et d'intimité, croit Mme Cossette. L'observation c'est comme une grande chambre où tout le monde est collé. Ça n'a aucun sens, on doit pratiquer une médecine de brousse, avance de son côté Mme Paul-Hus.
Quelle serait donc la solution pour récupérer un déficit de 700 000 $ réclamé par la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux ?
Selon Mmes Cossette et Paul-Hus, il y a tout lieu d'examiner l'argent dépensé pour les heures supplémentaires. Selon les chiffres auxquels elles ont eu accès jusqu'au printemps, cette somme s'élève à plus de 150 000 $ par mois. Toutefois, les deux représentantes syndicales disent ne plus pouvoir obtenir les états financiers mensuels depuis quelques mois.
D'après nous, il y a pourtant des économies à faire, croit Mme Cossette. L'Hôtel-Dieu doit à l'heure actuelle utiliser beaucoup de personnel d'appoint, faute d'offrir des postes réguliers, estiment les deux femmes.
Quand on a besoin d'appoints, on doit souvent les appeler à la dernière minute, fait savoir Mme Cossette. Les personnes appelées, souvent des jeunes mères de familles, ne peuvent pas s'organiser rapidement. Finalement, ce sont des personnes qui ont déjà fait leur "cinq jours" qui acceptent de faire le travail. Conséquemment, ces personnes sont payées à temps et demi, conclut-elle.
Mme Cossette estime que si on créait plus de postes réguliers à temps complet, ça réduirait sensiblement la facture du temps supplémentaire. Pour l'instant, elle considère la pratique actuelle comme "des économies de bout de chandelle".
Il faut faire une étude sur les appoints, ce qui ne concerne pas seulement le personnel infirmier, mais aussi les préposés, les réceptionnistes, et d'autres corps de métier, croit Mme Cossette qui déplore que l'hôpital soit également que le ratio employés-patients soit inférieur à la norme habituelle, soutient-elle. Le syndicat, qui a porté plainte à cet égard, dit avoir la confirmation de cet état de fait par une médiatrice envoyée par le sous-ministre de la Santé venue vérifier sur place.
Mme Cossette estime que l'analyse syndicale a jeté "une douche froide" sur les membres du conseil d'administration, qui a décidé de reporter sa décision à la semaine prochaine.
Au moment de mettre sous presse, La Voix n'avait pu rejoindre le président du conseil d'administration, Jacques Guertin.














