Sorel-Tracy : un rapport suggère que le centre-ville devienne celui du Bas-Richelieu!

9 Janvier 2007 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - Denis Marion déposait, en octobre dernier, à la Société de développement commercial du Vieux-Sorel (SDC), un rapport sur ce qu'il croit être la clé du développement du centre-ville : une relance commerciale accompagnée de gestes complémentaires en aménagement, en habitation, en développement culturel et touristique.

"Il faut mobiliser les différents services de la Ville, les partenaires socioéconomiques, les propriétaires, les commerçants, les résidants du centre-ville, les citoyens de la ville et de la région. La revitalisation d'un centre-ville est un projet collectif. La SDC ne pourra réussir seule son pari; elle a besoin d'être au cœur d'une convergence d'actions qui doivent impérativement recevoir l'appui de la population", dit-il.

Tout viendra à qui sait travailler en équipe, réitère le consultant qui a dû, pour son étude, actualiser les études préalables menées en 2001 et en 2004 sur l'avenir du centre-ville. Tout en comparant sa situation à celle de d'autres centres-villes québécois. Et il affirme qu'il doit aussi être celui du Bas-Richelieu.

Le centre nerveux du Bas-Richelieu

Le centre-ville est bordé par le fleuve, la rue Victoria et le boulevard Fiset. Il est le cœur historique de la vieille ville de Sorel. Les commerces y sont concentrés dans les quadrilatères du Roi/de la Reine/du Prince/Élisabeth et des rues Augusta/ Georges et Hôtel-Dieu.

"On pourrait le qualifier de centre nerveux de la ville et de la région parce qu'on y trouve le principal centre d'affaires et de services de la ville avec plus de 180 bureaux et commerces", dit M. Marion.

Quelque 90 % des organismes communautaires et socioéconomiques de la région y ont leur centre administratif. Il est centre de décision avec la présence de l'hôtel de ville, du CLD, de la SADC, de la Chambre de commerce, de Corporation de développement communautaire (CDC) du Bas-Richelieu, les médias et la MRC du Bas-Richelieu s'y installera rue du Prince. Assurances Lussier y a son siège social et QIT-Fer et Titane des bureaux.

"On a trop tendance à ignorer l'impact de ces présences. Avoir pignon sur rue dans le centre-ville permet à plusieurs organismes et entreprises de participer au réseau de décideurs qui contribue au succès de ces entreprises.", dit-il. Il est aussi le centre culturel et touristique de la région.

Sa vie commerciale

On y trouve 226 locaux disponibles pour des bureaux ou des commerces. En septembre 2006, 185 de ces locaux étaient utilisés (82%). 108 par les commerces de services dont 48 par le commerce de détail.

Les institutions occupent 13 locaux. Six organismes gouvernementaux y sont. On compte également 10 bureaux.

Certains l'habitent, d'autres y travaillent

En 2004, 7 500 résidants l'habitaient mais leurs résidences sont de qualité à géométrie variable.

Des travailleurs s'y rendent tous les jours. "On n'en connaît pas le nombre précis mais ils contribuent à son dynamisme et doivent être associées à son évolution. Quant aux clients-visiteurs du centre-ville, ils viennent y chercher biens et services. Le centre-ville contribue à leur appréciation de la région. Bien desservir ces trois clientèles est essentiel à son avenir", conclut-il.

Axer le développement sur le seul ajout de restaurants, de bars et de terrasses reviendrait à donner au centre-ville une personnalité de jeudis soirs, vendredis soirs et samedis. Ce serait une erreur! "Ce serait voué tous nos efforts de relance du centre-ville à l'échec. D'ailleurs, le simple fait que la grande majorité des restaurants du centre-ville soient fermés les lundis et mardis donne l'impression très nette que le centre-ville est fermé ces jours-là. Il faut donc différencier la vie commerciale de jour, de soir, de dîner. Notre ambition est d'animer le centre-ville tous les jours. La meilleure animation, la plus performante, est constituée par les gens qui font vivre, au vrai sens du terme, le centre-ville. Il faut donc y provoquer l'achalandage et pour ce faire, augmenter le nombre et la diversité des commerces de détail", insiste-t-il.

Diversifier la vie commerciale

Malgré les 52 000 habitants du Bas-Richelieu, personne n'a évalué l'achalandage moyen du centre-ville, révèle-t-il.

"Mais l'impression générale est que le niveau d'achalandage est bas. Le nombre de personnes circulant sur les trottoirs en est une preuve flagrante", note-t-il. Le défi : augmenter cet achalandage à toute heure du jour.

Même s'il y a présence des commerces de services, il n'y a pas assez de commerces de détail pour provoquer l'achalandage nécessaire, constate-t-il.

Les catégories des commerces parlent d'ailleurs beaucoup, commente-t-il : "Des 185 établissements commerciaux, seuls 17 offrent des biens de consommation courante. Ceux que réclament les résidants - comme l'alimentation. Il faudra donc y compléter cette offre autour du marché notamment. Explorer aussi la possibilité que la SAQ y revienne."

Quarante-six commerces offrent des biens de consommation semi-courante. C'est insuffisant : "Le centre-ville gagnerait à élargir l'offre de produits. Un exemple? Plus de concurrence et variétés de prix dans un secteur comme celui de la chaussure ou du vêtement attirerait une clientèle élargie", dit-il.

On devrait aussi grossir le nombre des 65 commerces de biens de consommation réfléchis - animalerie, photo, informatique, boutique de cadeaux et d'articles de maison, etc.

Enfin, on compte 30 commerces de la restauration et du divertissement qui gagneraient à l'ajout de bar sans alcool, d'un centre video style Boîte moire, d'une auberge familiale avec vue sur le fleuve etc.. On y comptabilise 23 commerces de services et 4 bureaux administratifs.

Le défi : ramener les gens au centre-ville

La qualité de l'offre commerciale peut influencer ce retour, insiste M. Marion. Déjà l'étude de 2001 le démontrait. Mais elle ne sera pas suffisante pour réussir une vraie revitalisation du centre-ville. Les dynamiques sont plus complexes et doivent être entreprises simultanément. C'est d'ailleurs la conclusion de l'étude réalisée en 2004. spécifie M. Marion.

Pour ce, on doit composer avec ses forces : sa situation privilégiée près des cours d'eau, dans un lieu clairement défini, qui a un bon potentiel résidentiel.

Éventuellement, il faudra aussi se poser la question concernant l'intégration dans ce périmètre de l'artère commerciale du boulevard Marie-Victorin, du côté de Tracy, qui n'est séparée actuellement du centre-ville que par la rivière Richelieu, qui de frontière qu'elle est maintenant doit devenir lien. Il s'agit bien sûr d'un défi d'urbanisme de taille, mais sûrement pas insurmontable, souligne-t-il.

Comme il faudra corriger ses faiblesses : des édifices qui ont mal vieilli et des espaces vacants à remplir.

Finies les vacances!

La SDC a donc bien du pain sur la planche. Elle doit soutenir les efforts d'animation et non les initier. Se consacrer plutôt à compléter l'offre commerciale. Se donner des échéanciers pour le faire, en connivence avec les partenaires et les propriétaires. Constituer un registre des locaux libres et l'analyse des améliorations locatives à apporter. Puis embaucher quelqu'un qui fera de la prospection commerciale en bonne et due forme. Tout en continuant à stimuler la formation des commerçants.

Des éléments à mettre en marche, recommande-t-il pendant l'hiver. En avril 2007 au plus tard!

Et recommandation ultime : son développement commercial ne peut se faire en rivalité avec les autres artères commerciales mais en complémentarité avec les commerces du boulevard Fiset, des Promenades de Sorel ou de la route Marie-Victorin. "La compétition est à l'extérieur de Sorel-Tracy. Quand les gens font de l'achat local, ils contribuent à notre santé économique collective. C'est lorsqu'ils vont a Saint-Bruno ou à Montréal qu'ils drainent nos ressources à l'extérieur!"

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