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C'est toujours l'incertitude chez Atlas

1 Septembre 2003 - La Voix - Hélène Goulet Journal La Voix - L'incertitude continue de planer sur la compagnie Aciers Atlas. Rappelons que son propriétaire, Slater Steel, s'est placé sous la Loi de la protection de la faillite en juin dernier. Le 28 septembre prochain, elle devra présenter à la Cour un plan de redressement.
Lors de son dernier trimestre se terminant en juin, Slater Steel a essuyé des pertes de 44,5 millions de dollars. Ces pertes se chiffrent à 53,3 millions $ pour les six mois d'opération de 2003, selon le rapport financier de l'entreprise.
Plusieurs facteurs ont contribué à cette situation difficile.
Selon le président d'Atlas, Michel Tellier, la situation est attribuable à la faiblesse actuelle, quoique cyclique, du marché. Le prix de l'acier inoxydable vendu sur le marché est très bas, la demande est également à la baisse, alors que le prix de plusieurs de ses composantes, dont le nickel, a subi une forte augmentation.
Slater doit également faire face à l'augmentation des coûts d'énergie, à la vétusté de certains équipements qui rendent productives certaines de ses usines.
De nouveaux moulins ont aussi été construits aux États-Unis, ce qui a fait chuter le prix de l'acier inoxydable, a expliqué M. Tellier. Même si on réussit à baisser le coût de production, ça ne nous donnera pas la rentabilité à court terme, croit-il.
La situation n'affecte pas seulement Slater Steel, puisque le United Steelworkers of America rapporte qu'aux États-Unis, une trentaine de compagnies ont fait faillite, et que 50 000 travailleurs ont perdu leur travail depuis le début de la crise du marché de l'acier.
Slater Steel, pour sa part, possède des usines en Indiana, en Illinois (ÉU), en Ontario et à Sorel-Tracy.
600 travailleurs de Welland, Ontario, et 200 en Indiana, pourraient être mis à pied dans les prochains mois.
Seule lueur à l'horizon : les analystes prévoient une reprise de ce marché en 2004. Mais encore faut-il que l'entreprise soit capable de poursuivre ses activités jusque là.
Plan de redressement
Chaque filiale, dont les Aciers Atlas, doit également présenter à la compagnie mère son propre plan de redressement.
Nous avons déjà déposé notre plan à Slater, qui semble l'avoir accepté, a fait savoir M. Tellier.
À cet égard, les dirigeants des Aciers Atlas ont rencontré les 450 employés de l'usine - syndiqués et cadres - à qui on a demandé de faire des concessions devant être acceptés par les employés pour valider le plan de redressement.
Ces concessions n'ont pas été dévoilées publiquement. Le président du syndicat des travailleurs, Yves Larrivée, a indiqué à La Voix qu'il avait signé un document de confidentialité sur le contenu de la demande.
Commentant la situation globale, M. Larrivée a admis que ça regarde mal à l'heure actuelle. Les employés ont été rencontrés le 14 août par les dirigeants qui leur ont fait part de la situation précaire de l'entreprise.
Pour le moment, le syndicat n'a pas encore donné de réponse à l'employeur, mais devrait le faire avant l'échéancier du 28 septembre. Il n'y a pas non plus eu de négociation entre les parties.
Rappelons que la dernière convention collective des travailleurs avait été ratifiée en mai dernier. Cette convention expire le 30 novembre 2007.
La rumeur veut que les concessions demandées soient notamment relative à la longueur des vacances annuelles, et au temps supplémentaire.
Par ailleurs, plusieurs travailleurs, qui en étaient à quelques années de prendre leur retraite, ont décidé, au su des événements, d'avancer l'heure de cette retraite. Une trentaine d'entre eux auraient fait pris cette décision.
Pour M. Tellier, il s'agit là d'une perte appréciable d'expérience et d'expertise. L'entreprise devra, si tout se place, procéder à de l'embauche.
Parmi les hypothèses envisagées, il y a celle de la vente de Slater - dans son ensemble ou en partie - à une autre entreprise.
Selon M. Tellier, plusieurs acheteurs potentiels ont déjà fait connaître leur intérêt : 21 compagnies ont fait connaître leur intérêt que ce soit pour l'ensemble de Slater ou en partie, a-t-il indiqué. Selon lui, il y a parmi ces offres des acheteurs sérieux.
Il est à noter, au passage, que les difficultés de Slater ne touche que très peu les Forges de Sorel, aussi propriété de l'entreprise. Ce n'est pas le même type de production, a précisé M. Tellier, également dirigeant de cette usine.
Élaborer une stratégie régionale
De son côté, le commissaire industriel Claude Piché, interrogé par La Voix, a déclaré que sa priorité dans ce dossier était d'élaborer une stratégie régionale visant à minimiser l'impact d'une telle situation pour les entreprises locales. Il faut sauvegarder les intérêts des fournisseurs locaux d'Atlas, et protéger les installations de l'usine à long terme, pour faire en sorte que les activités industrielles soient maintenues à Sorel-Tracy.
M. Piché devait rencontrer les dirigeants et les employés d'Atlas, vers la fin de la semaine.
Il va falloir s'adapter à l'évolution de la situation, a-t-il déclaré philosophiquement. Toutefois, M. Piché craint l'effet d'entraînement de cette situation difficile sur l'économie régionale. Ce n'est pas seulement les employés d'Atlas qui sont en cause, a déclaré M. Piché, qui dit avoir déjà sensibilisé le gouvernement du Québec à la situation. On a déployé des efforts importants pour la relance de la région, et il faut que le gouvernement soit sensible à ces efforts, a-t-il conclu.














