Mécatel livre son premier bioréacteur au États-Unis


Une partie du bio-réacteur de Mécatel
(Photo Hélène Goulet)

29 Août 2003 - La Voix - Hélène Goulet Journal Lavoix - La compagnie Mécatel, de Saint-Joseph-de-Sorel, s'apprête à livrer son premier bioréacteur composteur de déchets domestiques dans le comté de Delaware, état de New-York, aux États-Unis. L'immense équipement, qu'on pourrait décrire comme un gigantesque cylindre de 50 mètres de longueur et 5 mètres de diamètre, pesant 300 tonnes, devra être divisé en six sections pour être transporté par autant de camions jusqu'à sa destination.

En conférence de presse, cette semaine, le directeur général de l'entreprise, Gilles Beaulieu, en compagnie du directeur général de Conporec, Gilles Dupuis, expliquait que cet équipement de 2e génération constitue l'élément central d'un système de traitement des déchets domestiques, permettant de transformer ces derniers en compost.

Dans la région, la compagnie Conporec utilise le même procédé, qui a été amélioré depuis une douzaine d'années.

À cet égard, M. Beaulieu a rappelé que les difficultés de Conporec, notamment, à cause des odeurs, et des litiges avec la Ville de Tracy il y a quelques années, ont malgré tout permis à l'entreprise d'améliorer grandement le procédé et de régler plusieurs problèmes. En France, le procédé était utilisé depuis plusieurs en région éloignée. Ici, le fait d'avoir implanté Conporec en milieu urbain nous a forcé à améliorer notre procédé, a-t-il indiqué.

Aujourd'hui, cette première vente permettra d'obtenir une vitrine aux États-Unis pour la vente de ce produit prometteur qui commence à être recherché en raison des lois environnementales de plus en plus strictes en matière de disposition des déchets domestiques.

Au Québec, c'est en 2008 que la Loi prévoit obliger les municipalités à dévier plus de 65 % des matières putrescibles des sites d'enfouissement. Dans le Bas-Richelieu, la technologie de Conporec permet déjà de dépasser largement ce pourcentage, avec plus de 70 % de matières transformées en compost.

Ainsi, de plus en plus de municipalités sont intéressées par cette nouvelle technologie. Déjà, MM Beaulieu et Dupuis ont fait des présentations dans différentes villes du Québec, dont Montréal, Québec, Rimouski, Matane et Baie-Comeau.

Les deux entreprises se sont associées pour produire le bioréacteur. Il s'agit d'une stratégie commerciale d'assistance mutuelle, a expliqué M. Beaulieu.

C'est Mécatel - entreprise existant en France depuis 1932, mais créée au Québec en 1987 et en opération à Saint-Joseph depuis un an, qui fabrique le bioréacteur. Il y a exclusivité entre les deux partenaires. En effet, Mécatel fabrique exclusivement pour Conporec, qui obtient les contrats, et qui s'engage à utiliser les services de Mécatel. D'autres entreprises de la région, dont Bertrem et Régifab, sont mises à contribution à titre de sous-contractants.

Par ailleurs, Conporec vient de faire une proposition pour acquérir 50% de Mécatel et ses filiales, ce qui lui permettra d'avoir l'exclusivité de la fabrication à Sorel-Tracy de la majorité des équipements du procédé de compostage.

Mécatel entend également faire valoir son expertise pour la fabrication de plusieurs autres pièces utilisées dans le procédé : refroidisseur, tamiseur, etc. Pour ce faire, l'entreprise a obtenu plusieurs brevets protégeant la technologie autant au Canada que dans d'autres pays, dont l'Australie et aux États-Unis. Elle est en instance de brevet pour 65 autres pays.

Conporec, pour sa part, vient d'être choisie suite à un concours technologique en Australie et par appel d'offre publique en France, afin de pouvoir soumissionner pour deux usines. L'entreprise, qui a créé une nouvelle société en France il y a quelques semaines, compte également être sur le marché boursier dès le printemps 2004. C'est ainsi, croit M. Dupuis, qu'on pourra développer plusieurs marchés, le procédé étant unique en Amérique du Nord.

Le contrat de fabrication du 1er bioréacteur est évalué à 3/4 de million de dollars, et représente l'équivalent de 10 travailleurs/année, a par ailleurs fait savoir M. Beaulieu.

Mécatel a reçu l'aide financière, sous forme de prêts totalisant 300 000 $, de la SADC et du Fonds de relance.

Le président du Comité de relance, Michelle Lessard, estime de son côté que la région possède maintenant un produit qui permettra de "percer dans le monde". Avec les États-Unis, on a une fenêtre extraordinaire pour le développement de cette nouvelle technologie. Cela nous permettra certainement de devenir la région-phare pour ce type d'entreprises, et ça permet à Sorel-Tracy d'être un centre d'excellence en développement durable. Si tout se concrétise, on va devenir une région importante, a-t-il enfin déclaré.

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