André Saint-Julien : un bénévole tout azimut

12 Décembre 2006 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - S’investir pour le bien-être de sa collectivité, participer à améliorer la qualité de vie de ces gens et grandir comme individu. Voilà ce qui anime depuis plus de 35 ans le Sorelois André Saint-Julien, un camionneur à la retraite, qui s’implique activement dans plusieurs causes sociales, sportives et communautaires, malgré que la vie n’ait pas toujours été très tendre à son endroit. Âgé de 64 ans, il refuse d’admettre qu’il a le sentiment du devoir accompli. Il aime la vie et a le désir de continuer à en jouir et de profiter de chaque beau moment qu’elle lui réserve pour continuer son œuvre bénévole.

Depuis sept ans, ce bénévole courageux et tenace passe plusieurs nuits blanches en décembre à mener les activités de la centrale administrative de l’Opération Nez rouge, à Sorel-Tracy. À titre de responsable de centrale, il supervise tout ce qui se déroule sur le terrain lors des soirées de raccompagnement. «Aussi bon un bénévole peut-il être, il doit pouvoir compter sur une excellente équipe pour espérer obtenir de bons résultats. Au cours des deux dernières années, nous avons mérité les cornes de bronze et d’argent pour la qualité de notre organisation. Ce n’est pas le succès d’un seul homme, mais celui de tous ceux qui ont accepté de nous suivre dans cette belle aventure qu’est Nez rouge», nous a indiqué André Saint-Julien, lors d’une rencontre à sa demeure, vendredi dernier.

À cet effet, il soutient que chaque grand bénévole doit posséder trois grandes qualités primordiales pour parvenir à se faire respecter de ses confrères. D’abord, il doit avoir du leadership. Il doit aussi faire preuve de transparence et de reconnaissance pour ceux avec qui il travaille. Des qualités qui lui sont propres et qui l’animent à poursuivre. «Si j’avais eu l’idée de m’arrêter, je l’aurais fait avant aujourd’hui», a indiqué M. Saint-Julien, faisait référence à la maladie qui l’a atteint plusieurs fois. Il a été victime de trois infarctus qui l’ont amené à développer un diabète de type 2. Il a aussi subi six hernies discales en plus de perdre toute sensibilité à sa main droite, il y a quelques années.

D’aventures en aventures

Ce ne sont pas les implications qui ont manqué depuis l’arrivée de M. Saint-Julien à Contrecoeur en 1970. Après avoir fait ses premiers pas de bénévole comme annonceur avec l’Union cycliste de Contrecoeur, il a été impliqué à titre de directeur à la Chambre de commerce. Lui est venue l’idée de créer un festival d’hiver. Avec son franc-parler et sa ténacité, il est devenu le premier président du Comité des loisirs municipaux de Contrecoeur. En compagnie de Raymond Arel et André Genest, il a développé le secteur des loisirs. Viendra ensuite son engagement comme bénévole avec le club cycliste Dynamiks de Contrecoeur. Un moment déterminant dans sa vie de bénévole.

«Mon arrivée avec les Dynamiks a été un tournant important dans ma vie», a-t-il reconnu avec un certain plaisir à se remémorer ses souvenirs. «J’ai eu la piqûre pour le cyclisme et le bénévolat. À titre de bénévole, on m’a ensuite invité à siéger comme représentant des Dynamiks au sein du Conseil régional du loisir Richelieu-Yamaska. Je n’avais aucune expérience dans le monde du vélo, mais j’avais du temps à donner. Quelque temps plus tard, j’ai été invité par les dirigeants du conseil régional à les représenter lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération cycliste du Québec. À cette occasion, on m’a proposé pour occuper un poste à la direction de la fédération. J’ai accepté même si je ne savais pas dans quoi je m’embarquais», a-t-il noté.

M. Saint-Julien a finalement passé sept ans au sein de la direction de la FCQ, dont trois ans et demi à titre de président (1981-1985). Auparavant, il a occupé les fonctions de directeur, de secrétaire, de deuxième vice-président, de premier vice-président avant de se retrouver au haut de la pyramide. C’est d’ailleurs lui qui a embauché Louis Barbeau, l’actuel directeur technique et directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes. Outre son implication au sein de la fédération, il a été arbitre au hockey mineur sous le règne de Claude Frappier, a plus récemment occupé un poste de directeur au Centre récréatif des 50 ans et plus «Au fil des ans» de Sorel-Tracy, sans oublier son implication depuis dix ans comme bénévole avec Opération Nez rouge Sorel-Tracy.

Un choix personnel

«Il n’y a personne qui m’a embarqué comme bénévole. J’ai toujours accepté par moi-même de m’investir. Mon seul regret est toutefois d’avoir donné beaucoup de temps aux autres au détriment de ma propre famille. C’est beau de s’investir pour sa communauté, mais il ne faut pas perdre l’essentiel de sa vie, ses proches. J’ai souvent mis mes activités en priorité et ça m’a coûté deux familles en bout de ligne», a-t-il affirmé avec une émotion perceptible dans la voix. Mais le camionneur qu’il a été pendant 37 ans regarde droit devant lui, sans oublier de jeter quelques coups d’œil «dans ses miroirs de côté» afin d’éviter de commettre les mêmes erreurs sur le chemin de la vie.

Enfin, s’il y a une chose qui le déçoit toutefois profondément, c’est de constater que peu d’adolescents et de jeunes adultes se laissent intéresser par le bénévolat. Selon M. Saint-Julien, l’école ne leur vend pas assez le plaisir de donner de leur temps pour le bien-être de leur collectivité. Les structures en place ne sont pas conçues pour leur permettre de s’impliquer. «Les jeunes préfèrent passer des heures à l’ordinateur plutôt que de se rafraîchir les idées au sein d’associations. Je ne sais pas comment il faudra faire pour changer la situation, mais une chose est certaine, les bénévoles représentent une denrée rare et il faudra trouver une façon d’amener les jeunes à s’engager dans des causes qui les intéressent, car il y a aura un manque de bénévoles dans quelques années», conclut-il.

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