Le commissaire industriel veut positionner le Bas-Richelieu vis-à-vis l'Europe francophone


De gauche à droite, Réjean Frenette,
Josée Plamondon, analyste financier du CLD,
Michel Lessard et Claude Piché.

6 Juillet 2004 - La Voix - Le commissaire industriel Claude Piché, et le président du Comité de relance, Michel Lessard sont formels : pour déboucher sur le marché international, la région doit entreprendre des démarches visant à développer un réseau de relations, de façon à faire connaître le Bas-Richelieu comme emplacement de choix pour l'implantation d'entreprises étrangères.

Selon M. Piché, il convient toutefois de ne pas éparpiller les énergies. C'est pourquoi deux priorités ont été identifiées. En premier lieu, l'Europe francophone a été ciblée comme secteur de démarchage. De plus, le commissariat industriel, appuyé par le Comité de relance, estime qu'il est important de participer à d'importants salons, du secteur de l'environnement notamment, pour faire connaître notre principal créneau développement industriel.

À cet égard, M. Piché a fait savoir, lors d'une rencontre de presse tenue récemment, que les services d'un expert-conseil concernant la prospection et la promotion de la région en Europe francophone ont été retenus.

Cet expert, M. Réjean Frenette, connaît à la fois la région, puisqu'il est natif de Sorel, et l'Europe francophone, puisqu'il a connu une carrière diplomatique dans le domaine commercial et économique durant une quinzaine d'années.

M. Frenette a occupé pas moins de neuf postes en tant qu'ambassadeur du Canada à l'étranger, dans des pays tels la France (huit ans) et la Suisse (quatre ans). Depuis quatre ans, il était revenu au pays pour occuper un poste au sein du ministère fédéral d'Industrie Canada. Il agit maintenant comme expert-consultant.

Je suis très heureux de revenir ici à Sorel-Tracy, a déclaré M. Frenette, qui a été élevé tout près de l'église Saint-Gabriel-Lalemant.

Selon lui, la réflexion sur le positionnement de la région par rapport aux entreprises européennes ne constitue pas une idée en l'air. Il s'agit d'une démarche structurée, avec un message cohérent qui, jusqu'à maintenant, est bien reçu. Il faut continuer sur cette base, estime-t-il.

Pourquoi l'Europe plutôt que les États-Unis ? Claude Piché répond que nos voisins du sud constituent un marché moins porteur que l'Europe. De plus, il est important pour les intervenants de ne pas trop écarteler leur efforts, mais bien de les concentrer pour un résultat optimal.

De son côté, Michel Lessard rappelle que cette démarche aurait dû être effectuée beaucoup plus tôt : C'est une affaire qui aurait dû être faite voilà 10 ans. D'autres régions l'ont alors fait ! a-t-il tranché. Ceci dit, il n'est jamais trop tard pour rectifier le tir, mais aujourd'hui, le temps presse, croit-il. Ma vision, c'est de bâtir un réseau de contacts mondiaux, car aujourd'hui, le monde est petit. Il faut se positionner et qu'on comprenne qu'on est sérieux.

C'est un peu dans cette optique qu'il a repris les propos de l'homme d'affaires André Lussier, tenus lors du Gala du mérite économique en avril dernier. M. Lussier avait alors fait un vibrant plaidoyer en faveur du maintien du commissariat industriel, dont les budgets, octroyés par le gouvernement du Québec dans les cadre de la subvention de 21 M $, en 2001, arrivent à terme cette année.

Il faut qu'il se passe quelque chose, car le commissariat est actuellement sous respirateur artificiel. Il faut régler la question pour avoir les coudées franches. Si on veut être dans les ligues majeures, ça prend de l'argent pour opérer. Nous avons les gens compétents, il ne manque que l'argent, a soutenu M. Lessard. Cette problématique doit, selon lui, être réglée en parallèle avec les démarches de prospection entreprises en Europe.

Ce réseautage qui s'élabore signifie aussi une collaboration accrue avec les représentants des organismes para-gouvernementaux du Québec et du Canada qui font également du démarchage en Europe. Ce sont souvent eux qui peuvent aiguiller les investisseurs vers des occasions d'affaires et, en ce sens, ils doivent être amenés à penser de façon plus systématique aux immenses possibilités du Bas-Richelieu. La présence de M. Frenette dans ce dossier permettra, estime M. Piché, d'accréditer de façon plus convaincante la position de la région auprès des fonctionnaires gouvernementaux.

Ceci dit, le commissaire industriel admet que le démarchage en Europe constitue une dimension spectaculaire de son travail, mais combien essentielle pour développer des occasions d'affaires. Selon lui, l'injection d'argent neuf constitue en effet un important stimulant pour l'économie locale.

Déjà, deux voyages, effectués en novembre 2003 (Salon Polutech ) et en Europe francophone, en mai dernier, commencent tranquillement à porter fruit, surtout grâce à la qualité du réseau professionnel créé grâce à l'aide de M. Frenette.

Plusieurs types de partenariat peuvent être conclu, a spécifié M. Piché. Certains entrepreneurs cherchent qui un partenaire, qui un distributeur, ou qui, une occasion d'effectuer un "joint venture". En ce sens, certaines entreprises locales pourront y voir d'intéressantes opportunités d'affaires.

Mais en conclusion, il faut absolument entretenir la démarche qui s'est amorcée avec l'implantation du commissariat industriel. Sinon, il s'agit là d'une perte de temps, croit M. Piché. Selon lui, il faut au minimum effectuer deux voyages, chaque année, de façon à élargir et renforcir ce réseau international de relations d'affaires.

On a des affaires à brasser ensemble. Certains Européens veulent des gens dynamiques, qui sont prêts à faire le pont avec nous. Il y a donc de la place pour nous, a conclu M. Piché.

Retour Imprimer



Google
 
Web soreltracyregion.net

19 personnes connectées sur le site
Cette page a été lue 733 fois.