Une nouvelle génération d'entrepreneurs est en train d'émerger dans le Bas-Richelieu

13 Janvier 2003 - La Voix - Le directeur général du Centre local de développement, Yves Fortin, estime qu'à l'heure actuelle, une nouvelle génération d'entrepreneurs est en train de se développer.

M. Fortin, qui accordait une entrevue à La Voix récemment dans le but de faire un bilan de l'année 2002 dans le domaine du développement économique régional, a fait savoir qu'un nombre significatif de jeunes inventeurs originaires du Bas-Richelieu et âgés de moins de 35 ans, se sentent prêts à lancer leur propre entreprise respective.

On parle de huit dossiers sur la table à l'heure actuelle, ce qui est très significatif, a fait valoir M. Fortin. Ces jeunes entrepreneurs ne sont pas handicapés par d'anciennes visions du développement économique, a-t-il laissé entendre.

Cette ancienne vision est celle qui confortait les gens de la région dans une relative sécurité, compte tenu de la présence de la grande entreprise qui a longtemps assuré emplois bien rémunérés, ceci sans avoir à obtenir une scolarité élevée.

Cette situation n'a pas permis jusqu'à maintenant une véritable éclosion de la fibre entrepreneuriale, de celle qui oblige des gens à risquer gros en partant leur propre entreprise.

Même lorsque les grandes entreprises ont commencé qui à réduire de façon considérable leur personnel, qui à carrément fermer, la communauté a longtemps espéré voir venir s'implanter une autre grosse industrie qui "aurait sauvé" la région.

Le deuil, on le constate maintenant, a été long à faire.

Mais aujourd'hui, cette nouvelle génération, qui n'a connu que l'incertitude en ce qui concerne l'obtention d'emplois, commence à oser un peu plus.

Selon M. Fortin, les projets qui sont actuellement à l'étude sont des projets dans le secteur manufacturier. On parle de produits finis et d'éléments d'équipement, a-t-il fait valoir, sans en préciser davantage la nature. Il estime que les projets qui sont sur la table confirment une orientation marquée vers la petite entreprise.

Pour d'autres PME régionales, qui ont "un peu plus de vécu", l'heure est à la consolidation ou à l'exportation. Le CLD, ainsi que le Service d'exportation Richelieu-Yamaska, le SERY, constituent des supports importants pour l'expansion des PME de la région, fait valoir Yves Fortin.

La participation d'entreprises régionales comme l'Atelier d'usinage Côté et Audet au Salon Power Gen, qui avait lieu en décembre à Orlando, en Floride, constitue un pas dans la direction des marchés d'exportation. La tenue, depuis trois ans, du Salon de la Technologie industrielle (ancien Salon de la sous-traitance), organisé en collaboration avec la Chambre de commerce, constitue également une fenêtre appréciable pour les entreprises locales qui font connaître leur savoir-faire à des visiteurs provenant de la Montérégie, de la région de Montréal, et quelques-uns de la Nouvelle-Angleterre.

Par ailleurs, un nouvel enjeu pour le développement de la région sera de rendre la fibre optique accessible sur tout le territoire de la MRC. C'est un des facteurs essentiels pour conserver nos compétences dans le Bas-Richelieu et pour attirer des entreprises de l'extérieur, croit M. Fortin.

C'est en collaboration avec la Commission scolaire de Sorel-Tracy, maître d'œuvre dans le domaine, que le CLD et la MRC sont partenaires dans ce dossier qui devra progresser très rapidement, d'ici deux ans, a indiqué M. Fortin.

Enfin, nouvelle culture entrepreneuriale ou pas, une bonne coordination entre élus, agents de développement et investisseurs demeure un ingrédient essentiel du développement régional. Si on n'a pas cette culture-là de se parler, on va se faire dépasser par d'autres régions qui, elles, auront compris la chose. Il faut aller encore plus loin dans la collaboration et la coordination des efforts. C'est le seul moyen pour ne pas se tirer dans le pied.

En ce début de 2003, M. Fortin compte bien aller rencontrer chacun des conseils municipaux de la MRC pour leur dire où en est la réalisation du plan de relance régional, et où on continue de se diriger comme région.

Le plan de match se réalise exactement comme on l'avait envisagé jusqu'à maintenant, mais ça va moins vite qu'on le voudrait, admet Yves Fortin. Un dossier de 50 millions de dollars, ça ne se "booke" pas dans un mois et demi. Ça peut même prendre des années. Il y a beaucoup de gens qui s'illusionnent et qui croient à la pensée magique.

Selon lui, il faut donc être très patient et savoir apprécier les signes qui, même modestes, marquent lentement, mais sûrement, le long cheminement du Bas-Richelieu vers un avenir prospère.

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