Plan triennal d'immobilisation 2003 : Plusieurs conseillers s'opposent au programme de revitalisation du centre-ville

31 Décembre 2002 - La Voix - Plusieurs conseillers de Sorel-Tracy ont marqué leur opposition au programme de revitalisation du centre-ville prévu dans le plan triennal d'immobilisation 2003. Ce plan, ainsi que le budget 2003 de la Ville, ont été adoptés lundi soir dernier à l'occasion de l'assemblée spéciale prévue à cet effet. Le programme de renouveau urbain inscrit au plan triennal est évalué à 1,1 M $, dont 50% sera défrayé par le gouvernement du Québec dans le cadre de son programme AGIR pour un renouveau urbain.

Selon le conseiller Michel Berthiaume, le projet de revitalisation du centre-ville n'en est encore qu'à l'étape embryonnaire. C'est un projet non planifié et il n'y a pas d'étude de marché qui a été faite, a-t-il laissé entendre, admettant toutefois que le projet avait été amené "de bonne foi" par le maire Marcel Robert. Il faut le mûrir, a-t-il indiqué.

Selon M. Berthiaume, d'autres investissements dans le centre-ville s'avèrent davantage nécessaires : la restauration du marché Richelieu et de la salle Georges-Codling, qui est désuète, les services sanitaires dans le Carré royal, etc. Il faudra encore faire des choix difficiles et pour le moment, je ne crois pas au bien fondé de cet investissement que je serais porté à appeler une "dépense".

Pour le conseiller Yvon Bibeau, qui a abondé dans le sens de M. Berthiaume, ce projet n'est pas prioritaire. Selon lui, l'achalandage au centre-ville n'a lieu que durant des périodes spécifiques d'activités, comme le festival de la Gibelotte.

Je me dois d'être réaliste et conservateur, a-t-il indiqué. Laissons le temps aux gens de respirer, et de les convaincre de l'importance d'un tel projet.

En l'absence, a-t-il dit, de plan directeur, d'étude d'impact, du coût réel du projet, et d'un débat de fond, M. Bibeau a réclamé une consultation publique à ce sujet.

Pour leur part, les conseillers André Potvin et Jacques Tremblay se sont également prononcés en défaveur du projet pour 2003. M. Tremblay préfère notamment concentrer ses priorités sur le développement industriel, notamment en tentant de trouver une solution pour le parachèvement de la route industrielle.

D'autre part, les conseillers Daniel Bérubé, Denis Dumont, André Bélanger et Michèle Lacombe-Gauthier ont pour leur part appuyé le maire Marcel Robert dans ce projet.

Ce dernier a nié que le projet soit établi trop vite : Non, ce n'est pas un projet adopté à la sauvette. Ça fait des années qu'on parle d'investir dans le centre-ville. Une étude de 40 000$ a permis d'établir des chiffres pour mettre sur pied un projet de revitalisation du centre-ville. C'était, a-t-il rappelé, une condition obligatoire pour s'inscrire au programme gouvernemental. Le projet a été déposé en juin dernier et comprenait deux volets : un pour le centre-ville et l'autre pour le secteur de la route Marie-Victorin à Tracy. Ce dernier volet n'a pas été retenu par le gouvernement, dont l'objectif est la réurbanisation des centres-villes.

En effet, il s'agit non seulement d'un projet d'envergure commerciale, mais surtout un projet qui a pour but de ramener les gens à demeurer dans le centre-ville - centre-ville étant pris ici dans le sens très large du terme, ce qui inclut les quartiers avoisinants jusqu'à l'Hôtel-Dieu de Sorel et, vers le sud, à la Maison des Gouverneurs.

En réponse à une question de la salle, M. Robert a rappelé que contrairement au boulevard Fiset qui est une artère commerciale, le centre-ville dépasse cette prétention en étant un lieu de vie, avec ses volets patrimonial et culturel.

M. Bélanger a spécifié que la population serait mise au courant du projet lors des prochaines étapes.

M. Dumont estime, contrairement à M. Berthiaume, qu'un tel projet constitue un investissement, puisque le centre-ville est un point majeur d'attrait touristique où se rejoindront piste cyclable et parc Regard sur le fleuve.

Mme Lacombe-Gauthier a rappelé pour sa part qu'il ne faudrait pas négliger la subvention gouvernementale de 50% du coût total du projet, ce qui constitue une injection de 550 000 $.

Finalement, Daniel Bérubé estime qu'il faut continuer d'investir dans un contexte de développement durable, dans le respect de la capacité de payer des contribuables. Selon lui, il faut que la Ville génère des projets qui amèneront les gens à dépenser localement.

Fait à signaler, les conseillers qui sont contre le projet proviennent de Tracy, alors que ceux qui sont en faveur sont du secteur Sorel. S'agirait-il là d'une situation de cause à effet ?

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